mardi 28 août 2012

Six Organs of Admittance 2012



Ben Chasny se prend pour Satriani jouant au sein d’Acid Mother Temples pour un set blues-rock endiablé, psychédélique et cosmique « Waswasa ».

Bien loin de son finger picking boisé originel, la pose du bluesman libéré lui va à ravir, et « Close to the sky » se poursuit, sur des pistes Hendrix, Winter, Buchanan voire Sonic Youth. La basse est langoureuse, tiède, humide et le solo marqué au fer rouge.

On se dit alors que les fans des premières heures du Six vont se casser les dents sur ce nouveau disque de Six Organs of Admittance. Mais « They called you near » revient doucement sur les terrains du weird folk chamanique habituel. « Solar ascent » quant à lui s’enfonce dans les lenteurs d’un blues Fleetwood Mac, période « Then play on ». C'est en fait les fans des Comets on Fire qui vont se régaler, puis qu'il retrouve ici l'autre guitariste Ethan Miller.

Mais rapidement on embraye et on redémarre illico sur les pistes de Sonic Youth « One thousand birds ». On avance doucement, surement, avant de se prendre de plein fouet l’incandescent « Even if you knew ». Cette comète sonique vient perforer la plèvre et la carotide, diabolique, rugueuse et à très grande vitesse. La voix même approche le timbre de Jim Morrison.

Ben Chasny vient de faire un petit tour dans la cours des bluesmen crades, des rockers au grain épais pour y troquer son acide, contre une bonne bouteille de bourbon et un red bull. Un petit tour en arrière, vers la Comète. Seule sa voix troublée reste sensible et délicate. Étonnant et détonnant.

Six Organs of Admittance 2012 "Ascent" label : drag city
http://www.dragcity.com/products/ascent
www.sixorgans.com
échelle de richter : 8,5
support MP3
après 2 écoutes







samedi 25 août 2012

Lee Hazlewood 75


Une chanson me hante depuis quelques jours, un peu comme l'album « Life is people » de Bill Fay. Toute la journée je ressasse « Souls islands ». Impossible de décoller cette mélodie western de ma routine. Sept minutes à siffler, entêtant, avec ma panoplie de civil urbain coiffé d'un casque comme une monture, au milieu du tumulte klaxonné où des troncs jaillissent de l'asphalte.
Lee Hazlewood demeurait en Suède. Un cowboy in Sweden.
L'auberge Light in the attic s'est mis dans l'idée de s'emparer des choses les plus rares de Lee Hazlewood pour nous les proposer au compte gouttes. « A house safe for tigers », leur deuxième renaissance, est la douzième collaboration cinématographique de l'artiste. Un certains touché donc... un peu comme Morricone.
1975, cet album n'était jusqu'ici disponible qu'en Suède. Plus que jamais, un carrefour où viennent se percuter Sinatra, Cohen, Richard Hawley et Morricone justement. « Sand hill Anna and the russian mouse » a même des allures de Lou Reed.

Une BO que j'écoute comme un grand disque de Lee, inédit, transcendé par son refuge scandinave. Une pause jouissive. Il suffit juste de les voir se rincer le foyer avec son binôme d'alors Torbjörn Axelman, pattes d'eph, papier peint terre de mars, portrait d'indien...
Juste un détail, regardez la sensualité de la promo du site, carrément sensuelle l'exhibition du vinyl, à faire baver, moins sexe la pub CD non ??

Lee Hazlewood 1975 « A house safe for tiggers » label : light in the attic
http://lightintheattic.net/releases/739-a-house-safe-for-tigers
échelle de richter : 7
support cd (bouhhh)
après 3 écoutes








lundi 20 août 2012

Bill Fay


Une chose évidente vient corriger quelques tâtonnements frileux, juste à rénover  une onde pop endormie maintes fois ressassée par tant de songwriters sans âme. A l’ombre de tous, comme une vengeance aux deux chefs d’œuvre oubliés (« Bill Fay » 69 et « Time of the last persecution » 70), Bill Fay a gardé la vision d’une évidence et sort ces jours-ci un petit miracle folk. Tout est clair. Baladin invisible aux ombres Cohen ou Drake, songwriter fantomatique en contemplation spleen touché par la grâce.
Combien de souffrances à se relever, combien de doutes et de mélancolies à s’embrunir la peau pour arriver à un tel chef d’œuvre ?
« Life is people » de Bill Fay est une cohérence biologique, un cerveau artistique qui n’oublie jamais nos cellules, et le cytoplasme séminal qui murit chaque connexion. Maigre discographie, retour discret en 2005 et 2009, il est urgent que cette élégance extrême aux allures d’indispensables historique déjà, se fasse une place parmi les meilleurs.
Un grand artiste invisible, trop agé pour qu’on le considère fructueux dans le circuit des songwriters qui s’amenuisent, et pourtant les jeunes de Dead Ocean hébergent cet opus comme un miracle. Beaucoup de monde dans le studio, une marée de cordes, du gospel, un son épuré, le pianiste britannique en pleine période estivale, bien avant le grand rush des sorties, offre le plus beau disque songwriting de l’année.

Bill Fay 2012 « Life is people » label : dead oceans
échelle de richter : 8,9
support cd
après 3 écoutes




dimanche 19 août 2012

Nigeria Disco Funk


Histoire d’injecter dans les esgourdes le même air chaud qui brûle les poumons à chaque bouffée, je branche mon cerveau sur une chaleur sonore dominicale qui vient du Nigeria, un funk disco infernal quelque part entre Kinshasa et Dakar. Le Lagos et son dancefloor underground coincé entre James Brown et Fela.
Je découvre à peu près tous les artistes de cette compilation torride. Nigeria disco funk 74/79 pour communier avec la morsure alvéolaire des Celsius. Mon cerveau comme un poumon, à l’ombre imposée. Le feu.

Nigeria disco funk special 2008 « The sound of the underground Lagos dancefloor 1974/79 "
Label : soundway
www.soundwayrecords.com




samedi 18 août 2012

Antony & the Johnsson 2012


Malgré certaines chansons d’Antony qui me chambardent, je reste toujours un peu gêné par l’exubérance pop qui habille bruyamment  son œuvre écorchée.
Ce qui serait bien, ce serait poser sa sensibilité mélodieuse au beau milieu d’un orchestre philarmonique. Déposer au pied d’un pupitre, ses chansons nues interprétées en concert et laisser l’espace d’une salle chérir les arrangements harmonieux et sa voix d’opéra romantique. Et si en plus, on ne gardait que ses plus belles chansons !!!!

Antony & the Johnsson 2012 « Cut the world » label :
échelle de richter : 7,8
support mp3
après 1 écoute



vendredi 17 août 2012

Tull/Davis





Coïncidence de silhouettes, juste après avoir déguster un petit cigar Tull, je continue mon introspection Miles Davis et me prends « Right off » en pleine tronche…. l'instrument à vent se porte bien.


Miles Davis 1971 “ at tribute to Jack Johnson “
Jethro Tull 1995 “Nightcape / unreleased masters”




 

Barclay James Harvest 84



Nous sommes en 1984, BJH fusionne avec cette époque de son pop synthétique, bien loin des 70’s d’ « Octoberon » qui ont fait la patine sonore du groupe britannique. Des remugles de « Turn of the tide », la continuité de « Ring of change », et déjà un pied sur l’album à succès « Face to face » 86, dernier grand disque du BJH. Difficile d’aller jusqu’à la fin du narcoleptique « I’ve got a feeling », Les Holroyd avec sa tronche de Martin circus s’endort sur sa guitare ankylosée. Ceci dit « Victims of circumstance » est un cru qui a marché, une autre catégorie de fan, ou ceux inconditionnels. Il y a toujours un papillon sur la pochette, nous sommes en plein milieu des 80’s, la décennie fatale pour les vieux groupes. Une nouveauté, des choeurs féminins qui je crois apparraissent pour la première fois dans ce groupe.

Esoteric s’est emparé de cet opus pour une réédition intéressante qui propose des inédits singles, et surtout un concert inédit de la même année au Wembley Arena, avec une énième version de « Child of the universe ».

Je suis un fan inconditionnelle de Barclay James Harvest, et même si je ne conseillerais pas ce disque à un novice curieux, je me laisse embarquer par la nostalgie d’un groupe en pleine mutation, une petite période creuse, un objet personnel assez rare avant cette résurrection deluxe.

Barclay James Harvest 1984/2012 « Victims of circumstance » label : polydor/esoteric

http://www.bjharvest.co.uk/victims.htm
échelle de richter : 5,5
support cd
après 1000 écoutes







mardi 14 août 2012

Norah Jones



C’est bien fait pour moi, à force de cultiver quelques préjugés sur le plaisir d’écouter certains artistes, je finis par passer à côté de grandes artistes et surtout de très bons disques. « Rome », à coup sûr l’album que j’ai le plus écouté en 2011 (et 2012), m’avais pourtant alerté quant à l’envergure de Norah Jones. Une compilation de duo de très belle facture dénichée sur le promontoire d’une bibliothèque et un beau billet de Toorsh, auront eut raison de mon cerveau borné. Je me suis rué.

« Little broken hearts » de Norah Jones est un easy disque monstrueusement bon. Mon préjugé de départ ? Ses albums jazzy hyper sucrés d’avant me faisaient ni chaud ni froid. Rien, malgré le talent indéniable. Et puis je me disais c’est la fille de .. classique. Ici, le talent technique supérieur de l’artiste offre une facilité déconcertante pour interpréter des mélodies simples et poignantes. Un travail de haute qualité, une maîtrise imparable pour incarner la pop prise en main par Danger Mouse, une fois de plus (« Rome »). Son toucher à lui, se devine dès la première note, un peu comme les productions de Jeff Lyne, Daniel Lanois ou T.Bone Burnett… Cette « conversion » pop lui va à ravir et sa nouvelle image plus excitante. Une rencontre parfaite, un disque, et c’est assez rare, que l’on peut passer en boucle à n’importe quel moment de la journée, n’importe où.

Tout est en écoute ici : http://www2.norahjones.com/ , même si je suis sûr être le seul à ne pas l’avoir écouté… ça m’apprendra.
Norah Jones 2012 "..Little broken hearts" label : blue note
Echelle de richter : 9
Support mp3
Après 10 écoutes

Oh, allez, juste un en sus, ma préférée..facile à la gratte, pour l'accompagner..et pour me faire pardonner:



mercredi 8 août 2012

Miles Davis 59



Décidemment je ne décolle pas de la péninsule ibérique. J’ai beau avoir retrouvé mes horizons plats, je fouille le son d’un autre pays d'où je viens. L’Espagne, comme si j’étais encore sur le chemin du retour. J’ai loué l’intégral des albums de Miles Davis, je prends le rouge et jaune en dégustant un Montecastro 2007, du sang de taureau que le Duero (Douro espagnol) a encensé. 1959 avec Gil Evans, respect des musiques traditionnelles restreignant l’improvisation, facile d’écoute, une autre pause près d’une hacienda de Valladolid.
C’est pourtant sur le tajo (Tage espagnol) qu’est accroché le palais d’Aranjuez, juste sous Madrid, le fameux concerto pour guitare et orchestre repris ici par Miles Davis. Il est clair que je suis perdu dans mes repères géographiques et biologiques. J’écoute « Sketches of Spain » et je m’égare un peu plus encore.

Miles Davis 1960 « Sketches of Spain » label : columbia
http://www.milesdavis.com/us/home







James Blackshaw



Le jeu de guitare de James Blackshaw est aussi construit sur le mouvement perpétuel, un finger picking. Rien à voir avec le traditionnel portugais, ici, c’est plutôt la contemplation, les doux arpèges mollement dansants qui appellent à la pause. Quelques claviers sont de la fête, une fête de trouée forestière, là où viennent s’échouer les plus chatoyants rayons. Le temps est rythmé par la sève et le ruisseau, un jeu papillonnaire semble s’emparer des notes de la 12 cordes. Puis, une chanson au beau milieu du disque nous rappelle que nous ne sommes pas tout seul dans cette clairière radieuse, « And i have come upon this place by lost ways » comme un fado égaré.

Ce style de guitare historique et intemporel a pris ses racines un peu partout dans le monde de la musique. James Blackshaw est britannique.

James Blackshaw 2012 « Love is the plan, the plan is death » label : important
www.importantrecords.com
http://jamesblackshaw.tumblr.com/
échelle de richter : 6,5
support mp3
après 2 écoutes






lundi 6 août 2012

Carlos Paredes


Plus au nord, un autre Fado que celui chanté dans l’Alfama fait trembler les traditions. Les cordes de Carlos Paredes ont dessiné un autre pôle fadiste dans la ville de Coïmbra. Plus triste celui-là, le fado de Paredes est basé sur un figer picking rapide et romantique des guitares portugaises. En 2003, alors que le guitariste est encore vivant, une pléthore d’artistes compatriotes se sont penchés sur ses accords et composaient de superbes pièces hommages. Guitares, chants, électroniques, musique moderne, « Movimento perpétuos para Carlos Paredes » est un objet rare et précieux, le cœur de la world musique européenne.
Pas facile de trouver des documents sonores de Paredes, aussi, Drag city à eu l’idée troublante d’éditer les vinyles d’origine « Movimento perpétuo » et « Guitarra portuguesa ». Chez nous Il y a Dadi, outre-atlantique, c'est Basho ou Fahey… Juste au bout de l’Europe, sur les terres plissées des collines de la Beira litoral, Carlos Paredes a construit une identité culturelle émouvante, un jeu de guitare unique.

Carlos Paredes « Movimento perpétuos para Carlos Paredes » 2003 label : universal
www.carlosparedes.com











dimanche 5 août 2012

Madredeus


« Pour le voyageur arrivant par la mer en plein été, Lisbonne s’élève au loin, comme une belle vision de rêve et se découpe nettement dans le ciel bleu vif que le soleil réchauffe de ses ors. Et les dômes, les monuments, les vieux châteaux surplombent la masse des maisons, tels de lointains hérauts de ce délicieux séjour, de cette région bénie des Dieux… »
Ferdinand PESSOA
Une très combinaison entre la musique portugaise traditionnelle, et des influences modernes pour le groupe européen le plus célèbre. Une phase "Fado & folk" et une deuxième "Movimento electronico".
J'ai encore des remugles dorés de cette capitale superbe accrochée à la mer.. cet extrème bout de l'Europe qui marque l'âme au fer rouge.

Madredeus 2012 « The spirit of Lisbon » label : nascente



jeudi 2 août 2012

Pink Floyd 67



Chaque concert des Floyd de cette époque était une formidable communion entre le publique sous emprise et la musique fauve du groupe. Il y avait pourtant un contraste appuyé entre le travail acharné de Waters/Mason/Wright et cette recherche de partance extasiée d’une musique que l’auditeur croyait totalement improvisée. Loin d’être défoncé comme l’était le publique, les trois musiciens s’acharnaient avec de petits moyens pour construire le psychédélisme sur une architecture cohérente. Seul Syd Barrett était en osmose avec la fausse. Complètement incontrôlable, il vivait sa musique et s’infligeait le même pH. Les trois autres devaient alors lui trouver un remplaçant définitif pour le restant de leur carrière et un virage plus progressif, un nouvel équilibre.

« Interstellar Overdrive » et « Nick’s Boogie » sont les deux morceaux uniques enregistrés pour le film « Tonite let’s all make love in London ». La couleur est annoncée, les albums studio des Floyd période Barrett auront la même radiation. Un tremplin, un moment crucial pour le groupe.

Pink Floyd 1967 « London 66/67 » label : see for miles (support CD/DVD)

www.pinkfloyd.com





Giant Giant Sand



Après avoir revisité sa discographie et fait ressurgir ses premiers albums chez Fire records, Howe Gelb s’est attelé a battir un country rock opéra de 70 minutes. Un très beau tableau cinématographique boisé, la bande son idéale pour les partances estivales. A la fois festif et rocking-chair, l’épopée "Tucson", sa ville native, en compagnie d’une foule de musiciens danois (présents chez Gaint Sand depuis 10 ans) et d’invités se déroule dans la plus pure tradition Giant Sand.
Thème idéal pour traverser la Castilla e Leon déserte et brûlante.
Pas de surprise, mais du beau monde et la fète bat son plein. Doublement géant.

Giant Giant Sand 2012 "Tucson" label : fire
échelle de richter : 7,5
support cd
après 2 écoutes