mercredi 29 février 2012

Bertrand Boulbar



Bertrand Boulbar, c'est un peu comme si Julien Baer, Marc Gauvin ou Fred Poulet avait pris la poudre d'escampette pour les USA, la route 66, ou 95 en escapade, des grands espaces viennent s'ajouter, des airs folk comme dans La maison Tellier. De l'est à l'ouest, de la Virginie à la Californie, un journal de bord qui bouffe du bitume. De motel en motel, des flashs en témoignages, de la poussière, des endroits, un esprit en cavale, Bukowski... j'aime aussi.
Yves Simon a aussi traversé l'Atlantique dans les années soixante dix, il en rêvait. Bertrand chante comme lui, le timbre proche, l'âme littéraire, les mots collés au voyage.
Des airs de Nicolas Comment, un cowboy moderne comme Sammy Decoster, ou en plus lointain l'émouvant Jean Bart, viennent percuter cette très belle surprise.
Un grand ciel bleu, des paysages vides et ensoleillés, Stetson, santiags, Ray ban, harmonica .. la guitare dans le dos, des villes fantômes.
Cette traversée solitaire pour explorer le sombre des vague à l'âme, au milieu d'épaves humaines, d'hommes perdus, colle à la peau, on marche auprès de lui, dans ce road movie éblouissant et poétiquement francophone. Un Tarantino hexagonal.
Auprès de tous nos chanteur-compositeur d'ici à la voix gainsbourienne et la pensée endolorie, Bertrand Boulbar vient pour la deuxième fois nous embarquer dans son cinéma à lui, sa fuite amical..un nouveau partenaire de route.

Boulbar 2012 « Motor Hotel, une errance américaine » label : universal
www.boulbar.com
échelle de richter : 8,8
support cd
après 3 écoutes

Entrecroisement des arts, mise en image de chansons, déclics d'inspirations .. Vincent Gravé à mis ses traits sur l'escapade de Bertrand Boulbar. Je peins toujours en musique, je suis affamé de cette coïcidence artistique, envoüté par la connection... voici la leur :






Bertrand Boulbar / Vincent Gravé - Motor Hotel... par bb75014

Motor Hotel - Teaser des concerts - Bertrand... par roymusic

De Paquebots en épaves - Bertrand Boulbar -... par roymusic

mardi 28 février 2012

Steve Miller Band / traffic / Pavlov's Dog







L'emprunte vocale de Steve Winwood, qui est aussi le fondateur de ce groupe, est pour beaucoup dans l'identité de Traffic. Il quitte Spencer Davis Group en 67 pour s'associer avec Dave Mason, Chris Wood et le complice d'écriture Jim Capaldi. Leur pop ratisse rock, blues et aussi jazz depuis 1967, leur début. Après une sublime pause au sein des Blind Faith 69 et quelques péripéties de mouvements des participants, le groupe s'arrête en 1974 avec cet album atypique, puisque radicalement orienté claviers. Plus spirituel, c'est aussi un retour au quatuor pour clore l'aventure.
Traffic 1974 « When the eagle flies » label : island



http://stevewinwood.com/





The Steve Miller Band quant à lui a débuté en 1968 sur un style rock psychédélique. C'est le filleul de Les Paul, Steve Miller, qui est à la tète du groupe 70's, avec un pic commercial en 73 avec « The joker », juste avant le désert. Puis il y a ,au crédit de cet opus, un certains Boz Scaggs.
Album aussi inondé de clavier, du blues coincé entre Cream, Crosby Still & Nash, les Creedance et un vieux Pink Floyd.
The steve miller band 1968 « Sailor » label : capitol


http://www.stevemillerband.com/









Deuxième album aussi pour ce groupe à la renommée plus discrète. Mike Safron et David Surkamp sont à la tète de Pavlov's dog entre 72 et 77. Le rock tend vers le progressif avec une voix féminine.
« Pampered Menial » est un succès d'entrée, malheureusement ce deuxième effort « At the sound of the bell » au romantisme « barock » véhiculant un glamour sombre, restera dans les oubliettes, annonçant la fin du groupe pour l'album suivant.
Pavlov's dog 1976 « At the sound of the bell » label : columbia


http://pavlovsdogband.tripod.com/





Trois groupes essentiels, avec trois albums respectivement secondaires, mésestimés, mais tout à fait honnêtes et très agréables. Trois nuances rock pour trois rééditions aux pochettes grises de trois grandes majors.

lundi 27 février 2012

Sarah Carlier




Ça va très vite dans les bacs. Assimilées Asa et Ayo, deux trois albums et déjà derrière ça pousse. S'immiscer et accrocher le peloton de tète avec une fraîcheur déconcertante, Sarah Carlier se faufile, avec une énergie dosée, une sincérité ensoleillée, d'humeur heureuse et contagieuse. Inconscience estivale, la sincérité de son folk hyper bien « toorshé » injecte une légèreté chaude et hospitalière.
Simple et aguicheur, « For those who believe » possède un fort potentiel de visibilité, l'été prochain sera soul.
Tracy Chapman dans l'âme, j'entends aussi un génie de la mélodie à la Anna Ternheim et un tempérament Tanita Tikaram.
Yukulélé, Lap steel, violoncelle et clavier viennent se joindre aux guitares/basse/batterie pour un album au son parfait, limpide et boisé.
Sarah Carlier la Belge se propulse directement dans la cour des grands avec ce premier album de très haute tenue.

Sarah Carlier 2012 « For those who believe » label : aka
www.akamusic.com/sarahcarlier
échelle de richter : 8
support cd (merci à l'ami Toorsh)
après 3 écoutes.












dimanche 26 février 2012

Cumulo-nimbus : samedi 26 février 2012 (74x54)





Chercher l'intru.. pochette printanière pour trash techno ....pour les autres, le printemps est à l'intérieur.

Une envie de printemps donc, grisé par la douceur extérieure et la lumière aguicheuse.



















Lambchop / Tindersticks 2012




Un toit, deux entités hautes fidélités. Des valeurs sûres. Deux voix exceptionnelles en mode crooner gros fumeur.
La corde vocale ténébreuse après quelques années de flottement, Lambchop et Tindersticks reviennent simultanément sous des lumières touchées par la grâce. Similitude de planning et d’envergure, Ian Stuart Stapples et Kurt Wagner maîtrisent l’élégance, accolés. Même appréhension d’un art épicurien que l’on connait par cœur déjà. Un rendez-vous réussi pour deux groupes au lourd passé discographique, sans plus aucune preuve à fournir, juste assouvir la soif de les voir toujours revenir ainsi caresser nos vagues à l’âme.
Sages, thérapeutiques, cérébrale et corporel, « Mr R » et « The something rain » reconconfortent sous un léger voile jazz, soul et country. Dominical.









Lambchop 2012 « Mr R » /
Tindersticks 2012 “The something rain” /
Label : city slang / échelle de richter 8.5/support streaming/après 2 écoutes


www.tindersticks.co.uk

vendredi 24 février 2012

Disco demands










Grand Jeu Sans Frontière Des Bloggers Mangeurs De Disques (Deuxième édition)Thème # 7 : La saturday night fever... top 5 dance floor






Comme la plupart de mes voyages, mes danses sont immobiles...ou presque. Si les pieds restent collés au dance floor, comme s'il s'agissait de la terre grasse de ma campagne, les hanches tanguent et le cerveau trésaille. Maladroit des jambes, je reste flexible du buste et du bulbe.
A la manière des volumes d'orgue hammond « Wunderligh pops» des années 80's, l'emblème de ce pavé disco-demands est une pin'up 70's cette fois-ci, version afro-érotico-dance.

Personne ne le voit, mais à l'écoute de cette méga compile de 6 heures, je danse torride sous mon crane en sueur...et ça dure longtemps, comme une nuit entière d'une boite de nuit intemporelle où viennent se remuer un tas de statiques à la lourde semelle.

Ici, il y a des nounours, des chatons, des girafes en plastique et des chandails en tulle léger, un poster dedans.
Il y a surtout un méga culture dance 70's à l'endroit exact où le disco déborde sur le psyché jazz rock funky, sans jamais basculer dans le clicher. Lsd Boom Snaps Nyc assuré par Al Kent.
Des pièces rares afro-américaines version disco pattes d'èph et coupe jackson five, opulence de morceaux rares underground tout azimut. C'est surtout une compile BBE, aussi gigantesque que les volumes de « Stranges games & funky things » étalées ici.
L'exact endroit où la musique est aussi bonne à danser qu'à écouter, pour le cas où la banquette dans le fond se ferait un peu trop aguicheuse.
Mon top 5 pour illustrer mon dance-floor encollé : cd1, cd2, cd3, cd4, cd5.... facile.





Et mon bonus à moi pour fêter la fin du jeu .. et là faut que tout le monde se lève..mon plus fou souvenir d'une soirée dance. « Zombie » de Fela...toujours 70's. Number one de la transe:





The best of Disco Demands 2012 label : BBE
http://www.bbemusic.com/
















Synthèse (pour M Mood):
1 : FELA "zombie"
2 : JIMMY SABATER "to be with you"
3: EXECUTIVE SUITE "why in the world do they keep on (funk in with me)
4 : THE PEOPLE 'S WORKSHOP "funkathone"
5 : AL TANNER "doing our own thang" (2 à 4 tirés du best od disco demands)

jeudi 23 février 2012

Les éoliennes : 23 février 2012














Un aparté au thème du jour, un supplément... une BO de documentaire musical époustouflante : Anouar Brahem, Keith Jarrett, Arvo Part sur le même album. Une mise en scène pour une reprise de l'huile timidement... je cherche.. je me fouille, à l'affut d'un déclic. Ce disque en est un, loué pour le thème du jour, gardé pour moi tout seul... quel disque !!



mercredi 22 février 2012

Neil Young 95


Grand Jeu Sans Frontière Des Bloggers Mangeurs De Disques (Deuxième édition)
Thème # 6 : "la dernière séance"



On touche ici à la bénédiction artistique, avec une œuvre où viennent s'entrechoquer la photo, le son et la poésie. Tout est atypique, le western mis en image par Jarmush, la poésie de William Blake incarnée par Deep, et la musique pour un long métrage gérée par Neil Young qui se prête rarement au jeu. Une fuite sous hypnose, une lente cavale et une introspection lancinante sur un fond chamanique. Un bloc compact qui engourdi, hypnotise par la puissance de l'esthétisme noir et blanc. Tout est indissociable, pas de film sans la musique, et si l'on écoute l'album, tout les scènes défilent dans notre mémoire sensorielle.
Neil Young transperce avec sa guitare « Le noise ». Minimal, intime à souhait, il nous fait tanguer dans une transe douloureuse et belle. Des soli à faire perdre la tète, mous, biologiques, oniriques et violemment bucoliques, de la lave se mêlant au ressac. Il y a certains changement d'accords qui perfore l'abdomen et les glandes lacrymales.
L'exact connexion entre l'image et le son. William Blake danse en plein milieu, habité par le poète anglais du même nom.
Ce film à déclenché de violentes passions. Beaucoup ne sont toujours pas remis de cette œuvre, certains même en ont dédié la trame d'un blog, et je remercie Blake pour m'avoir donné l'envie de me procurer ce disque à l'époque où je n'avais que le film pour jouir. Merci à Pépère Chris aussi, pour les discussions cinématographiques, j'avais du mal à me décider entre celui là ou un tarantino. Là, c'est une composition pour un film... « Dead man » m'est alors apparu comme une évidence.
Avec le recul (1995) « Dead Man » est un moment important dans l'histoire du cinéma, et la BO à s'injecter sans modération.
Neil Young 1995 « Dead man » label : reprise
http://www.neilyoung.com/





Ce quart d'heure me ravage:



Cardinal



Un petit arrière goût de printemps avec ces hymnes pop 60's d'une modernité attachante et fleurie. Quelques trompettes strawbery fields, un mellotron furtif, beaucoup de guitares anglaises, une envolée de violons discrets, une bonne rythmique grassouillette, un piano clair, cet opus est un petit bonheur frais d'un hiver qui commence à faire grise mine. « Hymns » réunit deux vieux potes dont leur premier album date de 1994. Depuis Richard Davis est devenu avocat et Eric Matthews, le trompettiste et multi-instrumentiste sort de beaux albums tout seul, sorte d'autre pop mais plus introvertie, synthétique à la voix brumeuse. La grande majorité des morceaux est de Davis et vient diluer la belle neurasthénie de Matthews. Cet album superbement mis en pochette est une croisée pop entre les Beatles, XTC, et surtout le groupe maudit et oublié Shack (les restes de The pale fountains).

Une petite chronique pour une belle surprise éclatante, les couleurs changent, les jours rallongent et le gosier des oiseaux ressuscitent. Cardinal est là pour mettre ce spectacle en musique... « hymns » printanier.
C'est le convivial collectif fire, habitué des fraîcheurs musicales pop qui nous offre cette charmante flânerie.

Cardinal 2012 « hymns » label : fire
www.firerecords.com
en écoute ici : http://www.junodownload.com/products/hymns/1891329-02/

lundi 20 février 2012

Red Hot Chli Peppers 91








Grand Jeu Sans Frontière Des Bloggers Mangeurs De Disques (Deuxième édition)
Thème # 5 : Fusion or not fusion ?



Il y a toujours un rayon fusion chez quelques disquaires avec dedans des albums hip hop/hard. Pourtant, cette tendance musicale remonte à plus loin, à l'époque où le R&B fusionnait avec le country pour donner naissance au Rock'n'roll. Et le R&B, c'est déjà la fusion gospel/blues. J'ai toujours été très attiré par les brassages musicaux, l'électronique et la world, le néoclassique et le post rock, le blues et le hard, le jazz et le psyché... plutôt que l'académique.

Ceci dit, la fusion a pris toute sa valeur étymologique (rangements de disquaires) quand un groupe californien a commencé à imposer sa vision musicale au monde entier. 1984, c'est leur début, 1991 leur sommet. « Blood Sugar Sex Magik » est l'album de fusion que j'ai le plus écouté et le meilleur du groupe. Sept ans de galère pour les 4 qui voyaient leurs sorties systématiquement retardées par une Amérique puritaine et des rayons frileux. Une discographie exceptionnelle et des fans impatients. Cela a bien changé pour les Red Hot, complètement aseptisés, allant même jusqu'à lâcher Frusciante dernièrement, plus assez consensuel. Maintenant Red Hot donne des concerts pour une oligarchie russe patron footballistique de Chelsea, pour un cachet de 4 millions de dollars.

Mais revenons à 1991, « Blood Sugar Sex Magik » sort avec des semaines de retards, sublime album, les ventes explosent, conduites par le tube « give it way ». Chaud bouillant « funky monks », toujours quelques balades avec l'efficace « under the bridge » ou le discret « i could have lied », le monstrueux « my lovely man », le blues ravagé de « Sir psycho sexy » ma préférée, avec son final planant prog envouté. C'est sec, clair, tempo efficace, un dosage excellent entre hip hop et hard, sans jamais tomber dans l'extrême comme beaucoup d'autre groupe Fusion.

Je suis allé juste après en curieux fouiner chez quelques voisins du genre, Rage Against the Machine et le radioactif « Evil empire », les Beastie Boy.. Le dernier en date, c'est « Saturday night wrist » des Deftones, avec sa sublime pochette 70's, orgasmique qui me rappelle à Electric ladyland. Quelle pochette !!!!, pour un disque malheureusement assez moyen.


Ceci dit, on peut tout mettre dans l'étiquette fusion, tout ce beau métissage culturel, immense brassage de style toute époque, et on peut se demander pourquoi l'étiquette "Fusion" de certains bacs de disquaires perdure.

Red Hot Chili Peppers 1991 « Blood sugar sex magik » label : warner

Pas très original comme album... pas par quatre chemin, sucre, magie, cul ou sang, c'est pourtant l'inégalable jamais égalé..... tout s'arrête ici. La preuve :
http://redhotchilipeppers.com/






























samedi 18 février 2012

The silver mont zion memorial orchestra & tra lala band



Grand Jeu Sans Frontière Des Bloggers Mangeurs De Disques (Deuxième édition)
Thème # 3 : Remember


Un détour par Vic Chesnutt pour une transition vers un coin du monde.
Je n'ai vraiment pas le choix. Il faut que je revienne en rappel sur un opus crucial dont j'ai déjà parlé et qui porte à lui seul de poids énorme d'un avant et d'un après.


Je ne vous présente pas la première pièce de mon édifice discographique là où tout a commencé, il a déjà été divulgué ici. J'aurai aussi pu parler de « The wall » qui m'a mis le dos au mur à 12 ans pour reluquer les seventies goulument, « The kick inside » pour ma libido musicale, d'« Octoberon » pour le passage dans le romantisme pop... mais je ne me souviens plus très bien d'un moment crucial, plutôt une longue avancée dans la pop-rock internationale « officielle » puisque marquetée par des majors.


Il y a bien eu aussi le tonton Zézé qui m'a foudroyé un soir dominical que je voulais rallonger pour ne pas que le week end s'arrête. Je m'endormais au casque avec RTL et les flammes de « Wango tango ». Zégut, au physique Bob Seger, envoyait la sauce. « Stairway to heaven » un soir, vers 23h30, et cette invitation de la balade au hard, de l'acoustique à l'électrique, de la rêverie à la réalité. L'intro, tout ce que j'aimais m'a emmené très loin, une montée en puissance avec cette formidable ouverture vers le psyché rugueux road blues crade des 70's que je demandais. J'ai loué alors tous les vinyls de Zep, Hendrix, Doors... ma grande entrée dans l'égrillard. Mais le déclic, c'est Zégut, et une chanson, une prolongation, c'est pas Led Zeppelin IV, car l'album en entier n'avait pas à l'époque, confirmé le gifle. Il faut donc que je trouve autre chose.




L'album phare qui a tout changé dans ma vie artistique, c'est « Born into trouble as the sparks fly upward » de The silver mont zion memorial orchestra & tra lala band .
Pour ce qui est de la texture, tout est ici. Pour l'influence irréversible, c'est exactement cette porte qui s'est ouverte sur la musique nouvelle, contemporaine, post quelquechose et surtout indépendante, avec toujours dedans le rock que j'avais dans mes bagages. J'ai franchi le seuil laissant un monde étriqué, livré à moi-même. Un panoramique fabuleux sur l'art classique moderne, abstrait, sombre, radical, imprévisible, ténébreux et politique. Je me suis engouffré et cette nouvelle vie artistique est devenue constellée, en traqueur compulsif des pièces du catalogue et toutes les arborescences qui n'en finissent toujours pas de s'étendre. Je suis encore à chercher tous les rameaux, boutures, pampres et autre fleuraisons de la voute céleste.
A partir du moment où j'ai découvert ce corbeau perché sur une borne d'écoute du disquaire, tout a basculé, tout le poids du monde est venu charger mes étagères. Lourdes de substances, d'espace, d'envergure, une dimension outrageusement spacieuse, la verticalité d'un voyage musical en invitation horizontale.
Tout n'a pas commencé ici, mais c'est indéniablement le disque du premier jour du reste de ma vie artistique.
D'un seul coup, le contemplatif se justifiait et ma peinture ne devait plus jamais être la même.


Un ami qui sait ma soif vient tout juste de m'offrir une visite guidée. Sublime coïncidence synchronisée, cette chronique était écrite, je colle en le remerciant à nouveau, voici le berceau, la matrice, l'épicentre.... « un jour j'irai là bas », merci Carl.


The silver mont zion memorial orchestra & tra lala band 2001
« Born into trouble as the sparks fly upward » label : constellation
pour les écoutes, recliquez ici.

Dave 78






J'ai juste pensé à diffuser cela contre mon plein gré quelques minutes avant le vrai billet. J'ai déjà donné avec Balavoine dans la catégorie j'assume quand même mais pas les alentours, avec Johnny, le premier album à moi. Mais avant Johnny, il faut juste savoir que j'avais chipé quelques galettes que je passais en boucle (entre 8 et 9 ans)... je pense à Jeepeedee pour braver ma frilosité. C'était sur un manche-disque, le truc où l'on met le 33T et qui dépasse en tournant...un petit pick-up, juste le premier grand format que j'ai touché.
Voilà, juste en aparté, en préliminaire, annonce éclair... juste parce que je ne pense pas que tout a commencé ici...juste pour Djeep...j'ai écouté Dave en boucle y'a belle lurette et que j'ai beaucoup aimé.




Je ne sais plus où est ce vinyl....1978.

Vic Chesnutt 96



Tiens, le billet précédent m'a soufflé quelques remugles live, l'époque où j'ai découvert Dominique A à l'Olympia le lundi 2 décembre 96.
Juste avant d'apparaitre sur scène avec Françoiz Breut, l'homme qui côtoyait alors le « Twenty two bar » est venu accompagner un artiste paraplégique, calé dans son fauteuil avec une guitare électro-acoustique. Il l'a poussé jusqu'au milieu de la scène, juste un cône de lumière sur lui.
Je me souviens très bien de l'émotion du publique à l'écoute des chansons de « About to choke ». Pétrifiés, cloués nous aussi, pour d'autres raisons.. injection sublime, toxique et bouleversante.
Je ne me suis jamais éloigné de lui depuis cette date.
J'ai encore ce sublime morceau qui résonne.... à la tienne Everett.

Vic Chesnutt 1996 « About to choke » label : PLR/labels






jeudi 16 février 2012

Dominique A 1992/2012


Grand Jeu Sans Frontière Des Bloggers Mangeurs De Disques (Deuxième édition)
Thème # 3 : Rockocorico



Tous les regards obliques dévalent vers la scène tamisée du théâtre de la ville, nous sommes le vendredi 27 janvier 2012. Sa tète à lui, un crâne rude prolongeant un dos imposant et l'échine, giflée de soubresauts secs, danse, comme une dérive syncopée. Ce poulpe nerveux aux membres ondulants entame son tango à reculons, perché sur la pointe des pieds, comme un chef d'orchestre dans une apesanteur menaçante un poil flamenco.
Théâtral.
« La fossette » d'un bout à l'autre, sans pause, juste cette ovation après « va t-en ». « La fossette » enfin écoutable, jusqu'ici épidermique, maintenant viscérale, mûrement revisité, chaude, sublimement récoltée. On avait tous deviné l'envergure de la chose, l'ampleur de l'âme. Et tout se dessine ici avec ce trio en lumières intimes, tout s'illumine, avec cette évidente transition vers la lumière, cette autre vie, cette avance, des arrhes sur son art annoncé, une avant première remuée d'émotions.
Quel lyrisme ses accords, quelle tension dissimulée, quelle violence gorgée de sensibilité, des tubes en puissance, de la même couleur qu' « Immortels ». Le disque nouveau apparaitra fin mars, « Vers les lueurs ». Il se joue ici en deuxième partie.



Et puis dans les bacs, en guise d'apothéose travaillée, une nouvelle pluie d'inédits. Tout est réédité, avec un son, des lourdeurs balayées, des inédits en vrac, des moitiés d'inédits déjà apparus sur quelques objets rares.
Comment est-il possible d'écarter « Endermonde », « L'irréparable », « L'ennemi ».. un album pourrait voir le jour de ces sublimes rejets alentours. J'en ai d'ailleurs un pour moi, ma compile des inédits.



A l époque, il y a 20 ans, Lithium tenait un joyau rock hexagonal inégalé et inégalable dans l'histoire du rock indé. Une attitude presque punk que chacun peut prendre à n'importe quel moment de sa vie. Il s'est retrouvé sur la scène du théâtre de la ville de Paris, au même endroit, pour représenter devant un foule curieuse et assoiffée, une collection de chansons épidermiques, nues, violentes et douces, la fragilité mélancolique poussée à son comble. Austère, seul, il a lâché en pâture un disque bricolé dans la chambre de son enfance. L'introverti quand les digues lâchent. Une radio en relais, Lenoir percuté, une page qui se tourne, une histoire se battit, un tournant. Le disque rock 1992, 2012, l'anniversaire, sous d'autres lumières.
Des bonus donc viennent alourdir l'objet, « Le disque sourd », les prémisses de la chose, mais aussi « L'histoire chuchotée de l'art », entêtant, morceau de bravoure de treize minutes. Baldabru quant à lui, apparaît et allume des lumières, le thème du prochain album.
Une cohérence, une plénitude. La boucle est bouclée, avant même la sortie du nouvel album. Une phase rock enseveli en hommage à deux décennies.


« La fossette », album rock épique d'ici, à jamais.





Dominique A 1992/2012 « La fossette » label : lithium/EMI




mardi 14 février 2012

Rory Gallagher 74





Grand Jeu Sans Frontière Des Bloggers Mangeurs De Disques (Deuxième édition)
Thème # 2 : Absolutely live


J'avais mon billet tout fait avec « Absolutly live 92» de Toto. Un alibi pour une chronique sur ce groupe mythique des 80's, défi lancé il y a quelques temps par Jeepee, deuxième hémisphère de ce jeu sans frontière. Mais il s'agit juste là d'un titre alibi, le concert en lui même n'est pas dans mes tripes.
De plus, j'ai aussi déjà diffusé une page sur MON concert, le chaud bouillant « Bod Seger and the silver bullet band -live bullet-75», y faire référence serait trop facile.

Alors voici un concert de sa race à placer pour l'occasion, un truc bouillant qui envoie le bois.
Rory Gallagher en 1974 est au sommet de son art, un des plus grand guitariste blues-rock au monde devant Clapton (à l'époque), juste avant de sombrer. « Irish tour », arrive après deux albums studio « Blueprint » et « Tattoo » en format quatuor (au lieu de trio guitare-basse-batterie). L'Irlande du nord, sa patrie qui brûle à l'époque. La scène brûle aussi, son rock-blues ici tend vers la folie d'une prouesse physique mal capturée par un enregistrement de mauvaise qualité.


Du Muddy Water à la sauce Led Zep, de l'acoustique aussi transpercé par une National Resonator de 1932, du Tony Joe White et des compositions à lui, dégoulinant sur 10 minutes, façon bien crade et absolument torride. Un clavier au son Doors tenu par Lou Martin, une basse grasse par Gerry McAvoy, le batteur fou, c'est Rod De'Ath. Belfast, 1974, une légende, une grosse vente de disque, une consécration, une épreuve physique baignée dans l'alcool, un mec qui vit sa musique au quotidien. Une gueule d'ange à la rouflaquette grasse et une guitare écaillée qui a bouffé du bitume. Ce concert vient d'être rafraîchi par la sortie du DVD. Une autre pochette pour la réédition. « tatood lady », une tuerie, « A million miles away » une baffe....


Musique américaine avec l'accent anglais, un fou furieux pour un disque absolutly live, monstrueusement vivant.

Rory Gallagher 1974 « Irish tour » label : strange music/capo
www.rorygallagher.com
échelle de richter 9
support gravure
après 1000 écoutes


Rory Gallagher

Rory Gallagher

Rory Gallagher









lundi 13 février 2012

Paul McCartney 2012



Grand Jeu Sans Frontière Des Bloggers Mangeurs De Disques (Deuxième édition)
Thème # 1 : Le lundi au soleil
La liste des participants ici.



Les lundi, faut aller au boulot, juste après un néant dominical qui devrait nous motiver pour bouger à nouveau, fraichement revigoré par une léthargique grasse matinée. Mais il faut s'affairer, coller au trafic, penser au navigo, affligé d'un -15°C ou d'un déluge vengeur. Oui, mais voilà, le lundi, c'est aussi le jour du disquaire pour moi, histoire de trouver un alibi d'être une fois de plus collé au tumulte, avec ses caisses de nouveautés, pourfendeurs de sorties, racoleurs d'actualité musicale.
Mon disquaire, c'est le soleil du lundi, c'est ma visite obligatoire vers une tanière musicale dans laquelle je ne reconnais plus personne.
C'est lundi, c'est l'hiver, c'est chiant, mais c'est disquaire.
Lundi dernier, j'ai loupé le rendez-vous planétaire pour cause de neige. Jimmy de toute façon avait annoncé et susurré. Cette fois-ci c'est pour moi, lundi 13 février, peu importe la météo, il fait soleil, mon Paulo est amoureux. Nancy bravant la pluie marocaine, la Valentine revigorant l'entité britannique pour une chanson d'amour de plus.

Imaginez le sublime « As time goes by » de Brian Ferry en humble Cole Porter, imaginez Gainsbourg en « Confidentiel » parce que l'on sait jamais où vont les femmes, du Sinatra, du Dean Martin, du Nat King Cole's, puis des ballades Macca, comme « baby's request » apparu sur « Back to the egg » 1979 (dernière pièce des wings et reprises ici), ou « distraction » sur « Flower in the dirt » 1989 (sublime balade crée avec Elvis Costello). On est exactement à cet endroit dans le style. Et pour l'exercice, Paul est un habitué : « Run devil run », « choba cccp », « Working classical ».
« My valentine », une des trois compositions, vient juste monter qu'il peut reprendre, revisiter, mais aussi égaler et surpasser, c'est la plus belle chanson du disque, celle qui flotte comme ça, et surfe sur n'importe quelle atmosphère, pluvieuse, caniculaire, tempétueuse, maussade et grise, c'est lundi, jour des sorties, j'ai « Kisses on the bottom » dans les oreilles, impossible d'avouer le temps qu'il fait. L'éternel jeune homme envoie à sa façon la clémence du ciel.

Il y a quelques semaine il embrasait notre POPB avec une facilité déconcertante et énergique, il vient juste ensoleiller mon lundi, et comme un gosse j'arpente les larges avenues de la rue Saint Michel avec la pochette vide dans mon sac en plastique bleu intense, le disque lui se répand classieusement dans mon casque, un slow jazz langoureux, lumineux, dehors c'est gris, il fait -1°C, la neige arrive... connerie tout ça, « une chose qu'on verra jamais »...... je vous dit qu'il fait soleil.
On peut faire briller une journée maussade, juste à l'imaginer, aidé par une bande-son anticyclonique.
Moi j'ai un thème: à chaque jeu un Macca... chiche !!!
Paul McCartney 2012 « Kisses on the bottom » label : mpl/universal
www.paulmccartney.com
échelle de richter : 8,8
support cd
après 1 écoute










samedi 11 février 2012

Gonjasufi



Autres collages, mais du côté Warp records cette fois-ci. De l'abstract hip hop pas méconnu, mais foutraquement enivrant pour un touriste du genre comme moi. De l'opulence des derniers travaux de Gonjasufi: un album copieux et un autre lâché en pâture aux mixeurs immédiatement après, il ne reste que cette étourdissante exploration de 24 minutes, finalement suffisantes. J'ai jamais réussi à finir la cuvée horaire 2010. Homogène, beaucoup plus que « Sufi and killer » et le formidable tube « she gone » .
Ici pas de tube, un concept court qui ne demande rien de plus. Une jolie intériorisation sombre, exploration glauque avec tout ce que les amateurs du style réclament. Le genre tend au tour de l'horloge, ce demi-cercle électronique assouvi amplement mon envie de patchwork psychédélique, mon vague à l'âme urbain. Un petit poil déçu quand même, je trouvais la pochette tellement parlante.
Gonjasufi 2012 « MU.ZZ.LE » label : warp
échelle de richter : 4,4
support cd
après 2 écoutes.


Lilacs & champagne




Une épopée fantomatique sombre et gorgée de collages tout horizon vient offrir à l'auditeur un paysage cinématographique grave et lancinant.
Du cinéma Wax Tailor ou Professeur Inlassable, comme s'il avait rencontré L.Pierre, en plus cave, plus guitare.
Pas de thème particulier pour l'exploration, les voix convoquent Elvis, les Bee Gees, les couleurs se chambardent comme des ricochets, comme un zappe infernal et maîtrisé.
La différence avec les autres collages, c'est que Lilacs & Champagne provient de Grails, dont deux membres ses ont échappés. Tel un DJ progressif, cool et psychédélique, les deux hommes échappés s'attardent sur un trip hop qui se fait de plus en plus rare, avec une petite touche post rock qui fait la crane de leur groupe officiel.
Malgré le foutraque et quelques évasions ludiques, on ne se sent pas dispersé, ni perdu, on est pris au sérieux. La preuve d'une grande maitrise, et d'une fameuse expérience des deux échappés. Reste à faire un peu de pub pour ce très bon disque dont il est fort à parier qu'il passe rapidement aux oubliettes, malgré la largeur d'esprit des inspirations.


Lilacs & Champagne 2012 « Lilacs & champagne » label : mexican summer
http://www.mexicansummer.com/
échelle de richter : 8
support cd
après 3 écoutes.










jeudi 9 février 2012

Trailer Trash Tracys




Il y a du Broadcast chez Trailer trash tracys 2012, mais projeté dans la décennie eighties. Il y a donc du Cat's eyes mais sans la voix masculine. Suzanne Aztoria assume seule, au beau milieu de ce brouillard artificiel londonien. Il y a du Tamaryn aussi, mais avec le cliché du shoegazing en moins, les guitares froides sont mieux sapées et légèrement extravagantes. L'esprit Joy Division en toile de fond, la résonance extrême se colle au romantisme insalubre d'un son cathédrale pop d'un siècle futur et voluptueusement gothique.
Sérieux, spacieux, glacé, court et fondamental, d'une facilité déconcertante moi qui suit encore un poil revêche aux 80's.... des vapeurs sibériennes, un batteur synthétique, une candeur féminine pour exprimer cette cohésion collective. Une bande son idéale pour dévaler les trottoirs verglacés en funambule, avec cette sensation bizarre et stable d'avoir hyper-chaud à l'intérieur.
Leur nébulosité stratosphérique est à deux doigts de nous projeter dans la sensualité sexuellement décadente d'une relation platonique.
Un impassible orgasme pop.

Nouveauté vivement conseillée, pochette sublime.


Trailer trash tracys 2012 « Ester » label : double six/domino
www.doublesixrecords.com
http://trailertrashtracys.com
échelle de richter : 8,5
support cd
après 3 écoutes













mercredi 8 février 2012

Shearwater



Shearwater a toujours eu un penchant pour la faune, quelle soit des airs, maritime et des contrées qui les accueillent. Des félins cette fois-ci, des hyènes et des singes et les arrangements rugissent. Le son gronde loin du boisé habituel, loin du chaleureux folk à la verticalité marine ou aérienne. Jonathan Meiburg montre les griffes, le son se refroidi, se durcit, s'emballe, les bêtes ici sont empaillées, comme sur la pochette d'Interpol sur « our love to admir », même froideur, même saccades. Fini les puffins et les freux.


Le garde forestier ornithologue est devenu taxidermiste. Jonathan depuis sa collaboration avec James Stewart de Xiu Xiu a dû endurcir son art, a séché la sève. Et pourtant les mélodies sont là, l'ardeur et l'émotion biologique, on la retrouve sur « insolence ». Menaçant plus qu'émerveillé, le nouvel album de Shearwater gronde comme ces animaux dominants, marque son territoire fermement bien loin de « la dame et la licorne» que j'avais sacralisé.
Comme Iron & wine, Shearwater chez Sub pop a perdu de son folk et s'est « urbanisé », laissant l'émotion pour une envergure technologique musicale, une rugosité, une nervosité rock en décalage avec ce cerveau des grands espaces, une allure autre qui pourrait froisser les habitués et ravir les blasés de l'écorce.

Shearwater 2012 « Animal joy » label : sub pop
échelle de richter : 6,5
support cd
après 1 écoute

www.shearwatermusic.com
www.subpop.com



lundi 6 février 2012

"Gallardon de papier Joseph" 7 février 2012




















Stephan Micus 2004 "life" label : ECM

Limousine


Délicieuses contines théâtrales et cinématographiques allant flirter avec Air de « Virgin suicide » et son saxo langoureux (« cosmos »), Vincent Gallo période « When » (avec « drianke ») et Brian Eno pour les étendues. Un peu de post rock cristallin dès l'intro du disque « la gaviota », ou sur « ondine » et surtout « the reindeer », rappellent à la mélancolie et donnent une envergure plus grave. Un léger esprit jazz vient habiter ses plages synthétiques et cuivrées. Une ambiance feutrée, proche, que l'on peut s'approprier au générique de notre film à nous, la bande son d'une journée paresseuse, du quotidien flemmard, terminé sur une note pop aérée « dude ».
Quelques groupes d'ici brillent dans un jazz-pop alourdi de post rock gracieux, je pense à Nlf3, Centenaire, Don Nino, Manuel Bienvenu, LeCoq.
Dans Limousine, il y a le compositeur et saxophoniste de Poni Hoax. Ils sortent leur deuxième album « II » après sept ans de silence.

Billet complet chez Benoit.

Limousine 2012 « II » label : le taxi prod
www.myspace.com/limousineband
échelle de richter : 7,5
support cd
après 2 écoutes










dimanche 5 février 2012

Mississippi John Hurt




Le terreux du côté de l'oncle Sam pour mettre en scène la tombée de la nuit sur cette plaine saupoudrée. Le foyer exalte, la braise de charme est généreuse, tout crépite. Des racines traditionnelles, du blues folk country, histoire de réchauffer un peu l'âme. Du finger picking rocking chair façon JJ Cale, de l'espièglerie boisée façon Léon Redbone. Sauf que là, c'est Mississippi John Hurt, une branche souterraine des terres américaines. Le ciel dominical exsude le plomb sur le sol qu'il a façonné en miroir, juste pour lui redonner ce teint blafard. Le son est minimal et chaud. Un bon Mississippi John Hurt pour finir cette journée d'hiver au coin du feu.


Mississippi John Hurt 1963 « Today! »
distribiteur : vanguard


échelle de richter : 7,1

support location

après 1 écoute







Crescent




La neige ouate les esgourdes dans un gris engourdissant. Pas d'embellie dans l'azur, et pourtant le ciel se fait aveuglant. Tout dort, une attente acouphène, l'onde ramollit les pensées et l'on végète dans un jazz visqueux, baigne dans une mélasse acoustique sans agressivité aucune.


Matt Jones tape sur des verres de vin, joue de la guitare espagnole, Jasper Larsen lui est concentré congas et maracas d&éfinitivement ramolis, Kate Wright (des Movietone) claque sa basse endormie. Enfin, quelques cordes ensommeillées et xylophones délétères sont assurés par Sam Jones.
Crescent est un groupe sombre culte, « By the roads and the fields » couvert par Fat-cat en 2004, leur avant-dernière opus avant l'utlime "Little waves" en 2007, un jazz dub anthracite quand la nuit tombe sur des plaines neigeuses, un groupe dans une transition apaisée, logé à Bristol, une introspection acoustique étourdissante.


Introverti, contemplatif, monotone, transe cérébrale de cortex engourdi, hibernation des utopies, juste s'acagnarder pour prendre la dérive au creux des reins, bercé par quelques notes fausses pour mieux dévier encore sur les multiples itinéraires bis, vers l'acidité soft d'un son toxique et moelleux.
J'ai toujours placé Crescent et Hood sur un même palier abyssal. Deux groupes révolus, Hood sort son intégral en coffret, Crescent lui, a disparu des paysages nocturnes, rien depuis 2007.



….metal & china bowls, brass pineapple, bongos, humming, drum kits, saxacorder.... une évasion musicale en bricolage psychédélique, létale et revigorant, glacial et visqueux, cet épilogue anglais est un véritable trip neigeux, une sombre coulée dans le gris bleuté, le cryo-jazz dépressif réconfortant.

Crescent 2004 « By the road and the fields » label : fat-cat
www.fat-cat.co.uk
échelle de richter : 8
support cd
après 100 écoutes












Nick Cave & Warren Ellis





Un autre Nick Cave pour un dimanche avec la neige en plus. Paysage ouaté, la voix en moins. Jour caverneux jouant avec le capitonné, collaboration avec Warren Ellis pour un colossal travail cinématographique réuni sur un double cd. Vu d'ensemble sur ce magnifique jeu néo-classique, classique, expérimental et ambiant.
« White lunar » pour un dimanche crayeux, un horizon crémeux, une toile de fond sibérienne.

Nick Cave & Warren Ellis 2009 « White lunar » label : mute
échelle de richter 9
support gravure audio
après 2 écoutes
http://www.mute.com/
www.nickcaveandthebadseeds.com/home
















samedi 4 février 2012

Anna Ternheim




Écouter un nouvel album d'Anna Ternheim, c'est comme aller chez une vieille copine juste pour recevoir un peu de réconfort, quelques confidences familières et se dévoiler. C'est pas le genre de fille à faire du grabuge, du ramdam dans sa vie, comme Dido par exemple, son plus proche clone médiatique outre atlantique.
Anna Ternheim, c'est une fidélité réconfortante inébranlable, peu importe ceux qui prétendent que c'est toujours un peu la même chose. Elle est rassurante, douce et pleine d'espoir...une des plus belles folkeuses penchées sur le traditionnel américain, malgré son identité scandinave. Ses mélodies bercées sont à se tordre de douleur.
« Living on a may day », le dernier album en date, avec sa touche travaillée, et le son recroquevillé, m'avait touché en plein cœur par sa rupture mélancolique et son originalité. La même émotion qu'en 2004, à la découverte de son premier album « Somebody outside ».
Ici, Anna nous rappelle au glusosé, au classique de son art avec une belle production et de jolis arrangements. Bande-son idéale pour un hiver ensoleillé avec de fins musiciens liés dans le dosage. Un léger voile sur ses cordes vocales, une vision folk complètement éclaircie par des constructions mélodiques imparables, une approche sentimentale, une fidélité acoustique et une identité sensible qui injecte un bien-être à chacune de ses visites chez elle. Accords mineurs, capo sur le troisième fret, des ballades au creux de quelques vallées vertes et fraîches, avec de l'eau qui ruisselle, d'inconsciences chafouines et de séduction nue.



Anna Ternheim, le gîte, l'appel pop d'une sirène boisée, un refuge unique peu fréquenté et pourtant si accessible. Un sentier à trouver entre forêts et rivages.
Matt Sweeney traine ici avec sa guitare, Will Oldham en invité vocal, et une pléthore de musiciens délicats. Je suis très amoureux d'Anna, sa façon de me parler.

Anna Ternheim 2012 « The night visitor » label : universal


www.annaternheim.com
échelle de richter : 7,9
support cd
après 4 écoutes

















une ancienne (2009):