mercredi 30 novembre 2011

Paul McCartney 84


GRAND JEU SANS FRONTIÈRE DES BLOGGERS MANGEURS DE DISQUES !!!Mercredi : jour des enfants


« Ecoutez d'où ma peine vient » en 2008 montrait quelques inégalités. Un disque sans Voulzy. Sympa, mais sans plus comparé aux superbes « Au ras des paquerettes » et «La vie Theodore ». Un autre disque d'Alain vient de sortir, sans Voulzy non plus.
Des chansons d'enfance qui l'ont révélées "A cause d'elles". Des souvenirs. « J'ai dix ans » racole. Le reste....pffuu, je sais pas, faut voir mieux concentré... au réveillon de Noël peut être.. je vais le filer à ma gamine, elle me dira, ça tombe bien c'est mercredi.
Anecdotique en tout cas, autant que l'horreur électro-médieval de Voulzy qui vient de sortir, dont 4 textes sont de Souchon.. c'est la fête du slip chez les VoulzSouch.

Tiens, ça me déprime, rien que pour moi, je mets la mienne de chanson pour enfant qui m'a fait aimer les mélodies (quoi j'avais 15 ans !!! et alors). La Souch, la Voulz, Rock connection, « hard days night », Paul McCartney. Le lien est fait, et celle là, elle est pour moi..
1984 Paul carbure seul depuis 4 ans a déjà sorti deux grand disque « Tugs of war » et « Pipe of peace ». La BD c'est son péché mignon, après plusieurs production il compose celle de « Ruppert and the frog song » et l'enregistre avec George Martin. Mini symphonie animalière de génie transformée en single devant le succès du court métrage.


Cet éternel jeune homme touche à tout met toujours la barre très haut depuis bien longtemps. Il est ce soir à Bercy ... moi aussi avec mon fils... eh eh c'est mercredi jour des enfants.




Sublime chansons d'un adulte pour les enfants, et vice et versa.











Paul McCartney 1984 "Ruppert and the frog song"
http://www.paulmaccartney.com/
Alain Souchon 2011 « A cause d'elle » label : virgin album en écoute 30 sec (suffisant) sur le site :
http://www.alainsouchon.net/

lundi 28 novembre 2011

Elvis Presley



Mardi : rock'n'roll is here to stay
GRAND JEU SANS FRONTIÈRE DES BLOGGERS MANGEURS DE DISQUES !!!



Je reste en général assez flou devant cette question récurrente de Rock'n'folk « qu'est ce qu'être rock en 2011 » ?? S'interroger sur cette tendance, c'est comme demander « est ce que tu m'aimes » !!?!
Être rock en 2011, on s'en fout, nous le sommes toujours resté. 2001, les Strokes ont lancé un message.. et depuis une myriades de groupes s'engouffrent dans cette brèche. Difficile de faire le tri, quelles preuves d'amour croire, l'apparition de The Strokes ? l'insolence de The Shadows Puppets ? Le haut niveau de White Strippes ? La résurrection des Stogges ou de Wire ? La fusion de Lou Reed et Metallica ??
Peu importe, on trouvera chacun son bonheur sans devoir se justifier, tout est à prendre et à jeter.
Et si le rock, il est là pour rester, alors prenons la bible, implorons et récitons comme si on en grignotait les racines... comme si on devait mourir demain (oh shit on est pas jeudi!!).
1956/57, personne ne savait, c'est allait très vite après. Un séisme. L'épicentre se place exactement à cet endroit. Et si la lumière fut, elle est encore.
« Young man with the big beat », (quel titre !) quel coffret exceptionnel, tout pour retracer la substance. L'insolence, mais aussi la chance d'avoir été alors que tout était à bâtir. Le rock, c'est comme ça, rien n'est calculé.

Magnétisme, attitude, instinct..la naissance du rock qui vibre encore. L'histoire du rock s'est écrit sur ce déhanché.

Ceci dit, s'il fallait maintenant élire un groupe qui tient le flambeau... sans hésiter, THE BLACK KEYS.. le nouvel album « El Camino » sort le 5 décembre. Une discographie puissante. Une pièce de plus dans le chaudron qui vrombit toujours.





The Black Keys - Lonely Boy by The Black Keys


Elvis Presley 2011 « Young man with the big beat » label : RCA
http://www.elvis.com/










dimanche 27 novembre 2011

Daniel Balavoine



GRAND JEU SANS FRONTIÈRE DES BLOGGERS MANGEURS DE DISQUES !!!
Lundi : l'album le plus craignos, mais ah que je l'aime


Je ne sais même pas quelle gueule ça a vu de l'extérieur. Impossible de m'en détacher. Je récolte juste les réactions alentours..et apparemment ça craint un max. Pourtant, qu'est ce que j'aime ce disque pas encore réédité en numérique. Il reste des inédits de cet artiste encore ensevelis, notamment avec son premier groupe Présence.
J'ai déjà dissimulé le premier Lp officiel de Balavoine dans un billet « mai 81 »: « De vous à elle en passant par moi » déjà assez craignos, dont je suis fou. Ici, les sept premières compositions regroupées sur un vinyl font fuir mon entourage. La pochette, la couleur, son tee shirt, rien pour attirer.
Et pourtant, quelques chansons me rendent dingue, « Viens vite ». Des morceaux d'ailleurs, à peine croyables, un romantique écorché, des vagues de Barclay James Harvest début 70's mêlées à un esprit baladin des Charlots..si si.
Deux pièces écrites avec Daniel Darras avec qui il a formé le groupe Présence. 1971. Puis ses premiers morceaux à lui, en 1973, « la confiture », « viens vite »..à peine croyable de beauté. « lire un livre », « tout va bien » assez médiocre, mais qui sonnent très nostalgie. Déjà ce gros vague à l'âme qui el plombait.
Lady Marlène cogitait alors pour l'explosion. En attendant, ça craint .. pour les vrais fan du début.

Daniel Balavoine 1971/1973 – édition vinyl Vogue 1986
« les 7 premières compositions de Daniel Balavoine dont 2 interprétées par Présence » label : vogue



Daniel Balavoine Viens vite (1973)

Voici la liste des participants avec le lien menant à leur blog :
Jeepeedee du superbe Jeepeedee's Rips
http://jeepeedee.blogspot.com/
Jimmy Jimmereeno du mirifique Club Des Mangeurs De Disques
http://le-club-des-mangeurs-de-disques.blogspot.com/
Charlu des délicieuses Chroniques De Charlu
http://leschroniquesdecharlu.blogspot.com/
La Rouge de la magnifique Chambre Rouge (qui n'est pas certaine de pouvoir assurer, mais qui nous soutiendra quoiqu'il arrive)
http://ellachambrerouge.blogspot.com/
Warfleloup du formidable Warfleloup's Blog
http://warfleblog.blogspot.com/
MaN de l'excellent Manifesto
http://abbraxas.blogspot.com/
Marius Perlinpimpin du génial Canut Brains (Qui n'est pas certain de pouvoir assurer toute la semaine, mais qui tenait absolument à débuter avec nous tous.)
http://canutbrains.blogspot.com/
Devantf (Antoine) de l'extraordinaire Get Happy !!!
http://devantf.blogspot.com/
Mister Moods de la divine Caverne D'Ali Baba
http://alibabascave.blogspot.com/
Toorsch du somptueux Grenier Du Rock
http://legrenierdurock.blogspot.com/
Le sensationnel Pascal Arcade (Dont je ne sais pas encore d'où il postera.)
Le phénoménal Everett W. Gilles (Qui postera dans les commentaires du Club.)

Eric Clapton / Roy Buchanan...in Japan




Deux grands documents live en finition de soirée, histoire de cottoyer les racines pour ce finir, celles qui dépassent encore du sol en croche-pieds... propulsé par "Don't explain". Deux grands moments live pour deux monuments, même période, blues blanc dans les aigues, deux must discographique à la pochette noire.


Eric Clapton 1979 "Just one night" label : polydor http://www.ericclapton.com/
Roy Buchanan 1978 "Live in Japan" label : repertoirehttp://www.roybuchanan.org/










Beth Hart & Joe Bonamassa



Blues dominical, juste après que la nuit soit tombée. Un truc viscéral, pas trop envie de me prendre la tète. Du brut, avec tout dedans, histoire de pas trier. Le dernier Scotch du week end en compagnie d'un grand cru incarné par deux personnalités trempées. Du blues, du rock, des chaloupes, un orchestre, du jazz, de la soul, une voix extraordinaire, une guitare pas dégueuse. Un cliché américain avec plein de bonnes chansons dedans. Un après midi passé près de l'ampli, juste pour faire du bruit.. emmerder les voisins.. il faut dire que l'huile n'est pas très amoureuse en cette tiédeur automnale.. je tourne, je cherche, je m'ébruite..j'abdique. J'ai mis « Don't explain » sur la platine et je laisse défiler.


Joe Bonamassa, guitariste d'un groupe de hard laisse son blues couler sur les cordes de la grande chanteuse multi-intrumentiste Beth Hart. Une rencontre qui coule de source. Tous les deux ont un pédigrée bétonné, la fusion envoie, la connexion est là, évidente.
Efficace, la sélection interprétée dans les règles de l'art fait mouche. L'impression qu'ils n'ont jamais été aussi bon.
Y'a de tout, faut aimer ça, j'en raffole. Je me régale, véritable brûlot...euhh bob Seger chanté par Janis avec un gros orchestre et Black Joe Lewis à la guitare.


Pis nan, Beth Hart et Joe Bonamassa.

Beth Hart & Joe Bonamassa 2011 « Don't explain » label : mascot music
www.mascotlabelgroup.com
http://hartandbonamassa.com/index.php
échelle de richter : 8,8
support cd
après 5 écoutes

Merci à Warfe le blog pour ce rappel au blues.



Beth Hart and Joe Bonamassa by Provoguerecords



















vendredi 25 novembre 2011

Kate Bush 2011

Kate Bush m 'a plaquée juste après « The sensual world » en 89, j'étais étudiant. Sur la pochette, elle ne regardais que moi. Déjà en 86, je m'imaginais en Peter Gabriel pour tourner mollement, épaules pleines.
Cette fois, c'est sûr, Kate renoue, elle a créé un album juste pour moi, jamais l'intimité n'a frissonnait aussi fort. Elle ne me regarde plus sur la pochette, comme un remord, mais sa nouvelle création rabiboche. Quel délice de la voir revenir ainsi !

La même dramaturgie théâtrale de danseuse contemporaine.


Des étendues en cordes tendues, son piano, moi qui pensais que seule Joanna Newsom pouvait m'émerveiller sur 15 minutes.
Qu'il est bon de prendre son temps, de rester plusieurs heures à écouter, discuter, juste ancré dans l'iris. Contempler. Et laisser dégouliner. Même sa belle envolée arty "wild man" envoute définitivement.

Elle a bien essayé de m'amadouer avec des souvenirs de "The sensual world" il y a quelques mois.... j'étais tellement fâché avec « Aerial ». De marbre.
Puis là, des bribes de tout d'elle. Des aurores boréales en chaussons de danse, des aveux anglais en cœur de lion. Des chœurs neigeux « hello earth » sur le « lac Tahoe », et du jazz gloomy à perte de vue, de la mélancolie ouatée qui colle au cuir, une voix presque méconnaissable et tellement familière. Des ambiances.

Tellement intime que les cordes symphoniques osent à peine. J'ai tellement attendu, je suis tellement amoureux, qu'elle a perçu. Plus belle encore.


Il peut neiger tant que possible..nous marcherons sous la neige.
Kate est revenue. Je fonds avant l'hiver, en ardeur érotique.
Kate Bush 2011 « 50 words for snow »
http://www.katebush.com/
échelle de richter : 8,8
support streaming
après 2 écoutes




Jimi Hendrix



Si Jimmy a croisé le diable au carrefour du crossroad, Jimi est le diable.









jeudi 24 novembre 2011

Leyland Kirby


Ça plane à 15000... au dessus, en dessous, peut importe... la hauteur est vertigineuse, la profondeur abyssale, à ce niveau la lumière est à peine devinée...juste une vague lueur au fond.
L'apesanteur nous allège de toute façon, un doute sur l'ordre des choses nous brouille. Tout sauf le niveau zéro. Nappes organiques, notes de piano éparpillées, semées, de la résonance étendue à l'infini. William Basinski ou Vangelis en ligne de mire. Boards of canada mis en coma artificiel . La descente n'en finit plus, le battement cardiaque est au plus bas.


Je découvre les profondeurs de Leyland Kirby qui apparaît sous son nom depuis peu. Il œuvre dans l'électronique délétère depuis 1996, sur de multiples projets (V/Vm ou The carteker).

Une dérive verticale sans fond. Un joli voyage. La pochette est un tableau recto-verso sans aucun crédit. Peut être le son d'une virginité, mais noire.

Leyland Kirby 2011 « Eagers to tear apart the stars » label : autoproduit
http://leylandkirby.bandcamp.com
échelle de richter 8,4
support cd
après 2 écoutes



Cohen / Simon revival





Deux résurrections 80's pour deux monuments dans l'histoire de la musique. Cohen/Simon. Pas si éloignés que ça dans l'art de se balader en songwriter.

« Various positions » 84 en essoufflement de carrière, « I'm your man », quatre ans après en renaissance. Une rencontre, une photographe, une histoire d'amour, l'inspiration redémarre. Puis un chœur puissant, Sharon Robinson, qui l'influencera longtemps.

« Hearts and bones » 83, fatigué, « Graceland » trois ans après un séisme. Une visite sur les terres d'Elvis, son refuge « Graceland ». Puis une influence culturelle sud-africaine qu'il gardera par la suite, incarnée ici par Ladysmith Black Mambazo.

Deux albums indispensables pour décennie que j'ai bâclée.

Leonard Cohen 1988 « I'm your man » label : CBS
http://www.leonardcohensite.com/
Paul Simon 1986 « Graceland » label : sony
http://www.paulsimon.com/










mardi 22 novembre 2011

Keith Jarrett 75

Tim Hecker dans son brouillard ambiant à bruire son piano pour nos reflets spleen, Jerry Lee Lewis ou Bécaud en pyromane à piano, je cherche mon chemin à chronique et me pose au milieu des allures. Avant d'atteindre les hommes debouts réclamés corps et âmes … (faut bien que je me la pète un poil), je bivouaque sur une accélération pianistique qui a marqué mon apprentissage musicologique.


Là, les notes s'emballent, s'arrêtent, sont soumises au génie improvisé, soulignées aux sons gutturaux du despote à touches, comme des orgasmes infirmes. Un moment unique dans la colossale discographie de Keith Jarrett, et surtout dans ma timide introduction au monde du jazz: les 26 minutes de la première partie du Köln concert 1975.
Comme un hymne à l'envolée délicate, The Köln concert ruissèle en filets d'eau jusqu'aux cascades baroques dans une liberté mélodieuse unique. Rares sont ses morceaux que l'on peut fredonner. Celui là, il me semble le connaître par cœur, et je le répète intérieurement comme un rock progressif, un ragtime endiablé, un free jazz maîtrisé, comme le jeu de guitare de McLaughing.
Car Keith Jarrett joue du piano comme on joue de la guitare, étendu, rythmé, exigeant avec l'ambiance, dictateur avec le silence, complètement habité, autiste recroquevillé.
L'insomnie métamorphosée en fulgurance habitée, Keith Jarrett sans aucun calcul ni désire d'enregistrement a lâché cet instantané unique qu'un technicien local averti a emprisonné par professionnalisme.


Et je me souviens d'un ami lycéen me proposant ce disque, moi à des bornes du jazz, dubitatif mais curieux. C'était en 1988, ce disque ne m'a plus lâché.

Keith Jarrett 1975 « The Köln concert » label : ECM
www.keithjarrett.org
échelle de richter : 9
support : gravure
après 1000 écoutes.






Elvis Hendrix



Merde, voyez mes deux rendez-vous du jour !!! Sont pas agaçant ces deux jeunes hommes en plein orgasme ????



Elvis Presley 2011 (1956/1957) "Elvis Presley / Elvis" label : legacy


Jimi Hendrix 2011 (1969/1970) "Hendrix in the west" label : sony

dimanche 20 novembre 2011

The For Carnation

Pousser la porte de son disquaire, et venir indécis puiser l'inspiration. S'en remettre aux goût d'un connaisseur et se laisser guider. Las des nouveautés, pas envie de fouiller, juste s'abandonner à un goût des autres, d'autres passionnés ciblés (pas question d'aller à la fnac par exmple). Partenariat pour dénicher une perle rare, un monument et un moment unique..le genre de disque qu'on range dans la boite à trésors, pour le cas où ..toujours l'île déserte qui pointe à l'horizon le bout de son rocher.
Avoir une envie, juste une vague idée... une envie d'oscillation simple et efficace, de grand espace. Un besoin vital de surdimension rock plutôt orienté lenteur..un slowcore sulfureux, un post rock guitare/basse/batterie avec juste un petit effet de résonance, un écho, sans aller planer près des réacteurs de Godspeed. Aucun carburant, juste un paysage décortiqué, en lueur noctambule ouatée. Un album timidement mythique, instinctif, unique.. pas un groupe dont tout le monde parle, pas une facilité voyeuriste, un truc solide intemporel, un son épure et clair, un qui respire mollement, gorgé de soupirs posés sur des silences en fond de lin.. des mailles sonores sur lesquelles on puisse y déposer nos couleurs, une offrande cérébrale, des possibilités.

Calé dans mes boots, enroulé dans mon foulard qui s'agrippe à ma barde de trois jours, je dévore des yeux mon interlocuteur accoudé au comptoir indépendant, le supplie de me trouver l'objet, celui qui va m'étendre pour un long voyage immobile, l'harmonie d'un son à peine proposé, susurré, juste assez toxique pour revenir, épanoui de la plongée. Une fois de plus trouver ce palier vertical, pour que je puisse dériver à l'horizontal.
Pas un morceau épique noyé dans un album moyen, mais un véritable concept invulnérable et extrêmement vulnérable.. avec par exemple des violons ici, une cloche là, un synthé qui traine juste plus loin, une pincée de violoncelle, et toujours cette batterie molle, celle qui injecte, hypnotise. Et cette basse sensuelle qui te suce la plèvre délicatement. Tiens, en plus, un esprit de jazz mou qui puisse venir ajouter de l'ampleur à la mélodie...un truc enregistré par John McEntire par exemple. Des restes d'un groupe culte, comme Slint hébergé sur un label non moins prometteur « Domino ». Y'aurait une pochette superbe, celle qu'on garde en impression rétinienne indélébile.

The For Carnation. Des morceaux construits et enregistrés entre 97 et 99, sortis sur Domino records en 2000. Disque indispensable, idéal pour commencer un siècle. Ça c'est à peu près passé comme ça en 2000 ou 2011 quand je suis reparti de chez mon disquaire avec cet album éponyme dans la besace. « moonbeams » épilogue épique, chef d'œuvre absolu. J'y retournerais chez mon disquaire..pour le mettre à épreuve, pour d'autres nappes plus 80's, celles qui me targuent, qui taquinent mes lacunes.

Berceuse dominicale voluptueuse, qui frôle l'érotique comateuse.

Merci à Carl de m'avoir rappelé à The For Carnation.


The For Carnation 2000 « The for carnation » label : domino
www.dominorecords.com
échelle de richter : 9
support cd
après 1000 écoutes


juste ces deux là ..nah !!!!







CANT



L'heure du bilan annuel approche, quelques pièces sont déjà bien installées, « Dreams come true » débarque à coup sûr bien haut dans le rayon pop moderne. La modernité d'un Prince ou d'Ariel Pink, avec la noirceur en plus, froid avec une âme robotique et embrumée.
Jamais trop excité par Grizzly Bear, la fadeur des mélodies, l'approche infantile d'Animal Collective... pourtant Chris Taylor des Grizzly est venu apporter son cerveau sur le très bon « Forget » de Twin Shadow en 2010.
Twin Shadow est ici, aux instruments pour le premier projet solo de Taylor, sombrement lumineux. Cet opus bicéphale est un voyage organique sinueux confirmant l'évidence de cette collaboration. L'écho est troublant, la diversité des morceaux enrichit et on est embarqué par les idées d'arrangements injectant une intelligence musicale dans la trame des compositions, une vision particulière, un ton.

A l'image de Department of Eagles, une autre branche des Grizzly, je reste totalement envouté par cette deuxième fuite, CANT.

CANT 2011 « Dreams come true » label : warp

www.warp.net
échelle de richter : 8,5
support cd
après 4 écoutes









CANT - Dreams Come True by Transdreamer Records

jeudi 17 novembre 2011

Tim Hecker 2011



Pour le coup, le piano est réellement tombé. Il n'y a même plus que ça. Les drones se sont dissipés, les grondements évaporés..et pourtant, cette chute engendre des notes égrenées, graves et opaques. Le piano est tombé, et tout s'arrête.. malgré tout il chante encore et un fantôme s'affaire à retendre les cordes, accordeur lémurien aux paupières aveugles. Urbain ou cosmique, la résonance étourdit comme un paysage lointain, capitonné par l'espace épais redondant. Ces vibrations sourdes diffusent un coma béat comme un éthylisme d'opéra fantôme, sur l'estrade de laquelle « Ravedeath, 72 » encore dans le cerveau, vient comme un anticorps désactivé susurrer la texture, les matériaux, la fibre sous l'épiderme. Décharné, seul, Tim Hecker vient parer l'espace de l'hotel2tango de sa vision expérimentale néoclassique sombre, comme un écho, avec des chutes de piano, et quelques nappes étouffées.

Il y a des visages qui diffusent et éclairent, les yeux grands ouverts, et d'autres qui absorbent, le regard fléchissant en noir et blanc. Cette phase intime de « Ravedeath 72 » attire par son dessin épure, pompe. La précédente rayonnait comme un soleil radioactif, une brulure.

Ici tout accapare en buvard profond... une beauté dégorgée, une pochette assombrie et un son lointain.
Des grands espaces de « Ravedeath 72 », il ne reste que la proximité trouble d'un concept déshabillé, des gravats d'un immense immeuble, la beauté des pierres effondrées. La vue était si belle de là haut. En bas, c'est différent, mais c'est tout aussi ravageur.

Sublime négatif.

Tim Hecker 2011 « Dropped pianos » label : kranky
www.kranky.net
échelle de richter : 8,9
support cd
après 3 écoutes





mardi 15 novembre 2011

Daniel Darc

Darc débarque à point nommé, totalement calé au soir uppercut, au cabossage de l'âme . Le spleen crad avale la nuit à la vitesse de cette vitre embuée par les haleines emmitouflées qui glisse sur le néant. La plus proche houblonnée vient s'échouer parmi les autres, combien d'élegies dans ce wagon ?...aussi douloureux qu'un Marcel Kanche, aussi taillé que « Quelqu'un quelque part » de Pierre Bondu, aussi gainsbourien dans l'idée... le désespoir de pouvoir imaginer avoir « ..besoin de quelqu'un qui n'a pas besoin de moi »...




On n'est pas beau, on est vivant.
... « mais si seulement tu savais la taille de mon âme... »


Daniel Darc 2011 « La taile de mon âme » label : sony
www.danieldarc.com







dimanche 13 novembre 2011

Huile sur toile 13 nov 2011 : 66x51







Mira Calix 2008 "The elephant in the room : 3 commissions"

label : warp













Huile sur toile-12 nov 2011 : 101x31





Peter Broderik 2008 "float" label : type
Richard Skeleton 2009 "landings" label : type














samedi 12 novembre 2011

49 Swimming Pools


Abasourdi par le bruyant des premiers morceaux de chaque disque, je suis rattrapé par « Tim Lester Zimbo's friends » pour une finition en beauté de la face B. Pour le volet A, il n'y a guère que « automatic love » qui me happe, comme avait su le faire le divin premier album de 49 Swimming Pools 2009. Toujours ce bagage Mercury Rev, Kevin Tihista, et surtout le grand Luke Haines (The auteurs).
Cette envergure pop qui se calme auX mi6temps des deux parties, ajoute ici du Suede aux références.
Emmanuel Tellier a décidé de présenter la vie de Tim Lester Zimbo sur un double album de deux fois 25min.

Il faudra que je me débarrasser de la pureté acoustique du premier album pour être valide quant au jugement de cet autre dimension pop sublime en apparence, bazarder les fioritures assourdissantes surement nécessaires au témoignage, comme un petit opéra pop à hommage. J'aimais tant son intimité exquise.

49 Swimming Pools 2011 « The violent life and death of Tim Lester Zimbo » label : elap
http://49swimmingpools.blogspot.com
www.elap-music.com
échelle de richter : 5,4
support cd
après 6 écoutes






vendredi 11 novembre 2011

Jethro Tull 1971/2011












EUn léger travelling arrière d'une année pour se poser sur la même branche que le grand volatile galoubet. 1971, Aqualung, avec la pochette similaire au vieillard à branchages du Led Zeppelin IV de la même année. Sommet de popularité, le gimmick guitare frôle l'efficacité de « Beat it »... si si je me permets.
En dehors des cibles dithyrambiques quant à la supériorité discographique d'Aqualung (injustes ou pas... je connais des albums de Jethro Tull bien meilleurs), ce cru 71 est une chose particulière dans l'histoire du rock et de nos vies de vieux barbus ou pas. Évidemment, Jethro Tull c'est Aqualung, mais il s'agit là, d'une plaque tournante, laissant le blues originale de This Was pour un folk rock définitivement classico celtique, heavy british metal. En 2008, Jethro Tull fêtaient les 40 ans du premier album « This was ». Il est fort à parier que nous auront tous les ans des hommages quadras des bougres dandys à bec et à cordes (le sombre « Benefit » en moins). Personnellement j'attends « Minstrel in the galery ».
Quelle chanson folk plus belle que « wond'ring aloud ».... « nursie »?, ou « slipstream » peut être ?.. ça tombe bien, elles font aussi partie des bonus généreux du deuxième cd habituel des rééditions.
La flûte et le mellotron de « cross-eyed Mary » viennent lutter harmonieusement avec la rugosité des guitares. Les chœurs religieux de « my god » sont encore plus habités sur la version early.. quelle émotion à l'époque la découverte de ce morceaux, vous balançant directement dans le tout pop-rock des années 70.
Un ensemble puissant, un grand classique à redécouvrir avec un son exceptionnel, un livret, des inédits, une pochette tueuse, un graphisme, un concept comme on savait bâtir à l'époque, une voix neutre tellement familière, totalement tout et intemporellement 70's.
Jethro Tull 1971/2011 « Aqualung » label : chrysalis
www.j-tull.com
échelle de richter : 9
support cd
après 3000 écoutes













Bobby Charles / Paul Davis : deux rééditions éponymes 72

Bobby Charles est Cadien, (ou Cajun), peuple de Louisiane remontant de la colonisation française. Le cajun, une petite minorité provenant du peuple acadien brandissant le Francophone, est resté un style de musique. Elle chante l'Afrique créole sur des terres blues de Louisiane traditionnelle.
Bobby Charles c'est un peu tout ça, du cajun doux, de la country western très appuyée.
Sa discographie est bordélique, (5 Lp de 72 à 2004), entrecoupée d'absences, de collaborations (Bill Halley; The Band...).
Un seul album ressort nettement de sa carrière solo, c'est ce bijou 1972 réédité en 2008 par Rhino, superbe auberge à résurrections. Une pastèque à pleine bouche, une compagnie cannine au bord d'une rivière, et de la banane gominée lorsqu'il côtoyait les Comets, il ne reste rien.. juste un look Dr John et sosie d'Hazzlewood. Sa musique en est d'ailleurs assez proche.
Du champêtre, du terreux campagnard, boisé...ça sent bon le bocage et la corde en nylon. Très bon disque de country blues, cajun soul...hypercool et un poil crasseux.

Bobby Charles 1972 « bobby charles » label : rhino
http://www.rhino.com/bobby-charles-bobby-charles-wbonus-tracks
échelle de richter : 8,5
support cd
après 4 écoutes


























Moins terreux, plus aérien et féminin, Paul Davis au faciès Supertramp/Robert Plant, sort son album éponyme en 1972, le même année que Booby Charles.
Neuf albums entre 1970 et 1999, il n'en reste pas moins méconnu, une autre carrière anecdotique. Pourtant, ce disque léger détient quelques trésors pop très proches des débuts d'Elton John et des Bee Gees, et sonne Country-soul certes, mais surtout pop, avec une voix plus svelte que Bobby. La réédition chez l'autre mine d'or des résurrections, wounded bird, détient une pléthore d'inédits pour un bon album qui ne marquera pas l'histoire de la musique, surement noyé dans cette époque ultra riche.

Paul Davis 1972 « Paul Davis » label : wounded bird
http://www.woundedbird.com/davis_paul/PaulDavis.htm
échelle de richter : 6,5
support cd
après 1 écoute




















lundi 7 novembre 2011

Alain Bashung / L'homme à tète de chou



Il aurait suffit qu'on l'espère ardemment pour qu'il reste dans nos fantasmes artistiques les plus fous. Signalé il y a quelques années, j'avais oublié. Aujourd'hui, la pochette a giflé. La chronique restera dénuée de tout jugement, impossible.. je veux juste invoquer les restes posthumes d'une rencontre mythique, cette affinité indiscutable. Chronique trac, voici juste quelques phrases de Marc Besse annonçant la couleur dans le livret :

« vibrations musicales qui taquinent l'intime ».. « comme un flux physique et cérébral, souterrain, ondulé sur la pulsation de la confidence »..

.. « la danse est violente, amourachée, douloureuse, sex-symbolique.. chic et lubrique, moite et onirique, mêlant clavecins, congas, guitares new-yorkaises, violons et violoncelles évadés d'une musique contemporaine. »

« Bashung revient d'outre tombe, Gainsbourg dans sa bouche ».. "la langue malaxeuse de verbe virtuose et érotisé".. »suite imaginaire et exotique de « L'imprudence » »...

Alain Bashung 2011 « L'homme à tète de chou » label : barclay










dimanche 6 novembre 2011

Vincent Gallo



La boucle lancinante du cuivre qui introduit l'album pourrait justifier à elle seule, la présence de « When » chez Warp.
Nous sommes des cérébraux, je suis décérébré par ces gris automnaux. Ce disque suprasensible est une lente descente dans l'intimité sexuelle d'une soirée plombée par le vide amorphe. Force thérapeutique puissante, moi qui ne suis pas sucré, cette injection de sucre candy me brûle le cuir. « honey » n'a jamais atteint un minimalisme érotique aussi pénétrant. Allongé dans la pénombre, sur le plancher, le gloomy « blue valentine » de la guitare slow jazz distille un goutte à goutte analgésique. Un sédatif aux oppressions. Un album de dimanche soir.


Le trouble des accords électriques sont des rêveries sentimentales, la basse des caresses virtuelles. Les absences de chant sont des silences où tout se lit, tout se délie. Tout ici vampirise, aspire la moelle, c'est l'heure de la tétée. Chaque expiration enfonce le corps un peu plus dans le sol. L'haleine, chargée du vin d'hier est un souffle d'automne. Abandon intensif dans la candeur intuitive des notes qui endorment. Tout est plus beau ainsi, dans la brume. La vérité n'existe pas, tout est roman.
« When » est le premier véritable album du plurivalent à la voix blanche qui rompt avec la tiédeur des accords jazz et des percussions étouffées. « a picture of her » flirt avec le blues mou d'un Floyd St Tropez et d'un Amor Belhom duo.


Sublime moment suspendu.

Vincent Gallo 2001 « When » label : warp
www.vincentgallo.com
www.warprecords.com
échelle de richter 9
support cd
après 1000 écoutes.




Laura: A song by Vincent Gallo

Huile sur toile 81x31 : 6 nov 2011











Robert Hencke 2004 "Signal to noise" label : touch

Philip Jeck 1999 "Surf" label : touch


















































samedi 5 novembre 2011

Tom Waits 2011

Grand moment de très haute fidélité, la découverte d'un cru de Tom Waits est un rendez-vous exaltant. On reste dans le black esprit avec le blues jazz enfumé du grave crooneur des cabarets.
Il fait presque nuit qu'on sortirait presque le bourbon, même à 15h00. La goudronneuse à sec, la tuyauterie jette l'éponge, tendue, corrodée, va falloir du solide.


Pour le coup là, il y a à béqueter sur « Bas as me ». Tous les styles du ténébreux fêlé y sont représentés. Et malgré la familiarité rassurante des pistes, une extraordinaire modernité s'échappe du plancher poussiéreux de l'estrade, du vieux rideau rouge en velours qui plonge un piano dans l'ombre. « Kiss me » vient au rappel du « Blue Valentine » avec une sonorité plus travaillée. Sublime chanson qui aurait pu figurer sur « When » de Vincent Gallo. Des idées d'arrangements, d'instruments diverses rebondissent et donnent une couleur à chaque chanson.
« get lost » en Elvis s'il avait remplacé les médoc par les clopes et les alcools forts; « raised right men » en James Bond cirrhotique; « pay me » comme à l'époque d'Asylum; etc etc...


L'emballement dithyrambique des billets médiatiques est indiscutable. Tom Waits, barré et glauque est toujours aussi libre. Grand millésime.

Tom Waits 2011 « Bad as me » label : ANTI-
www.tomwaits.com
www.anti.com
échelle de richter : 8,8
support gravure
après 2 écoutes






Come together



J'embraye black et rebondis sur un produit super bon qui va éclaircir légèrement le gris épais du jour qui se traine la savate. La goudronneuse va lâcher c'est sûr.


« Come together », quelques standards Beatles chantés par l'Amérique noire. Du british en berceau pop de l'autre côté de l'océan, avec la soul, le blues en étendard. Splendide récupération de 66 à 76, dépaysement familier pour les curieux, infidélités pour les puristes.. on les connait tellement ces normes racines blanches britanniques qui ont sucées la sève sur des standards américains. Ping pong culturel, ça volleye au dessus de l'Atlantique.. on est du côté de l'Oncle Sam cette fois-ci, juste après Nina, « Black America sings Lennon & McCartney ».
L'avantage de cette compilation, c'est de proposer des morceaux rares, sans Ray Charles et Eleanor Rigby par exemple... du lourd, du très bon, de l'inconnu, du dépaysement, du chaud .... et entre parenthèse, 18 reprises sur 24 sont des chansons de Paul.. eh eh.. j'dis ça, mais j'dis rien.

Black America sings Lennon & McCartney 2011 « Come together » label : ACE
www.acerecords.com
échelle de richter : 8,5
support cd
après 2 écoutes.
















Nina Simone



Réveil hyper gris, la goudronneuse carbure, de l'encre coule pâteuse dans mes veines comme un supion déglingué.
The Czars a fait ses adieux sur cette chanson sublime. Surement une de mes préférée de Nina Simone, cette chanson traditionnelle tellement reprise.
« black is the colour of my true love's hair » pour démarrer le matin... sous trois facettes.

Nina Simone 1970 « Black gold » label : RCA

jeudi 3 novembre 2011

Jessica Bailiff / Christina Carter

Délicate sensibilité au bout des arpèges, aussi lumineux qu'Annelie Monserré (Elles ont d'ailleurs collaboré sur un mini Lp en 2008 sur morc rec). Une même tristesse contagieuse grimace sur les plages de « Feel like home », comme de petites créatures adorablement grises. Grisé, je le suis à mon tour par les songes tissés en mails de soie arachnéenne qu'un léger brouillard drone vient souligner.
Jessica coupe illico la chique au piano, le tut, dès les premières secondes, pour des cordes de guitare, branchée ou pas. Le trouble est total sur «spiral dream», ambiance dérangée, martelée, chanté en russe. Une foule d'invités, malgré le dosage parfait, le minimalisme acoustique.
Jessica Bailiff avec son timbre monocorde invoque les fées pour de molles danses fragiles et poético-sombres. Une prière à la mélancolie.

Jessica Bailiff 2006 « Feels like home » label : kranky
échelle de richter : 7,4
support cd
après 10 écoutes
www.kranky.net/artists/bailiffj.html
www.brainwashed.com/jb















Christina Carter, elle, est toute seule avec guitares et clavier. Elle a joué aux côtés de son compagnon Tom Carter au sein de Charalambides. Comme Jessica, elle est sombre et danse avec les oréades. Sa musique répétitive corrompue par un clavier paranoïaque convoque les Windsor d' « Emotional rescue ». Sa voix Movietone joue comme Sylvian en rompant avec l'ensemble. Et toujours ce clavier rêveur qui vient injecter la toxine.
« re-found mary » en apogée poison annihile son chant.
« do not love a woman », comme un coma fou arabisant aux allures de PJ, sous des guitares jazz de Vincent Gallo.
Si Tom Carter se balade toujours dans la stratosphère avant-gardiste de son art expérimental, Christina est restée près du ruisseau, dans les sylves brumeuses et magiques, tout prêt de Jessica.
Une transe à la mélancolie.

Deux albums Kranky légèrement barrés, gris, avec un doux jeu toxique d'engourdissement sensuel de petites sirènes folks.

Christina Carter 2008 « Original darkness » label : kranky
échelle de richter : 7,8
support cd
après 10 écoutes

www.kranky.net/artists/carterc.html





















mardi 1 novembre 2011

Nicolas Bernier



Bon, quand ça veut pas venir !!! toujours bredouille du lin, j'embraye et passe à la vitesse supérieure, ou plutôt à l'immobilité intérieurs accélérée .. pour voir si.
Tellement profond la coulée, qu'on a l'impression d'être projeté dans un paysage cinématographique de panique crade. Bande son de film névrosée, « Usure.paysage » est une œuvre unique proposée par l'esthéticien sonore cinoque Nicolas Bernier.
Une course poursuite s'amorce à l'extérieur, « paysage articulé no 4 », « les chambres de l'atelier », s'étendent dans un coma sourd frappé de chaos projectiles en bruit de vitre brisée, ou de chocs béliers d'intrusion angoissante. Ne pas savoir où nous sommes, un réveil apeuré, en sueur, haletant on attend, et on fuit immobile.


L'atelier renferme des tonnes d'affres et d'affreux, de chimères qui percutent le cortex en névrose électrochoc. Prostré sous une tonne de désirs, on s'ébauche un contre la montre insomniaque, poursuivi par la menace d'être fauché, de rassasié la graminée, de manquer le pavot, de devenir funambule des convections. Des souffles et des râles raidissent la nuque, nouent les viscères et l'on se déguise en révérencieux quotidiens pour se dire qu'on est sorti d'affaire. Quoiqu'il arrive, nous sommes perdus.
« Usure.paysage » n'a jamais autant propulsé les angoisses tranquilles dans le flot spleen d'une muse dégorgée. La saignée guette, chaque vie est guidée par les sécrétions.. exo.. exo-glandes lacrymo-séminales. La sueur froide, l'auréole du bel animal, le crachat nauséeux d'une utopie bafouée, la testostérone, la méiose des graines foutre au creux de la main...
« Usure.paysage » cloue dans l'ombre... on ne sait où, isole pour une réflexion de survie, menace par l'idée de n'être qu'un tube digestif... procure l'isolement avatar nécessaire à la métempsycose, là où tout peut se métamorphoser en espoir revivifiable chanté par quelques pyrotechnies libératrices. Et le cobalt se réchauffe en hémorragie.

Du field recordings en perte de signal , Nicolas Bernier catapulte ici dans une semi-inconscience phénoménale et introvertie. L'engourdissement aventureux me cloue le bec, fige ma spatule. Rien aujourd'hui que le son diffus des paysages irréels. L'huile peut attendre.

Nicolas Bernier 2011 « Usure.paysage » label : hronir
www.nicolasbernier.com
www.hronir.de
échelle de richter : 8,2
support cd avec pochette format vinyl ..
(paysage barré comme pour annoncer la claustro, le non espace, l'absence d'étendue..)

D'autres pièces en écoute ici.


Je profite de ce voyage pour ajouter en lien le superbe site etherreal qui s'étend sans cesse sur l'ambiant expérimental...superbe complément technique du disque.





Nicolas Bernier - Paysages articulés no. 4

Marihiko Hara



Loin des drones ambiants de Daniel Thomas Freeman complètement incarnés par sa pochette, Marihiko Hara propose un flou introspectif à l'image de la pochette énigmatique.
Pour faire plaisir à JiP, je balance cette nouvelle introspection qui peut aussi bien faire du bien à l'esprit qu'au corps. « Credo » a été directement inspiré d'une nuit passée à Paris avec des amis, en 2009. L'électronique douce crépitant ici, pourrait être hébergée par Morr music, 12K, Staubgold, voire Warp .


Ce genre de musique se raréfie dans mon casque, tellement de caisses scratch à boucles insignifiantes ont jonché mes spleen nocturnes que j'avais fini par oublier ce style (récemment ravivé par Nicolas Jaar quand même).


Il y a dans ces programmations des jeux délicieux entre du silence et des oscillations hypnotiques. Les pulsations minimales attaquent le cérébrale avec un mouvement de syncope robotique très liquoreux.
Le japon est très impliqué dans ce style cool ambiant électromagnétique minimal, Marihiko Hara en est une pièce maîtresse inconnue.
J'écoute « Credo » devant mon lin tressé blanc, frileux et donc bredouille. Pourtant la pluie froide cingle la verrière et ajoute aux clapotis troublant de sensualité... Dehors c'est gris et jaune, vert imbibé et cramoisi.. c'est peut être cela, la discordance des couleurs. Je vais attendre que tout s'aplanisse, que les gris deviennent encre, gicler en nocturne, comme ce disque fantastique.

Marihiko Hara 2011 « Credo » label : home normal
http://www.marihikohara.com/
http://www.homenormal.com/
échelle de richter : 8
support cd
pendant la première écoute





mirage (from the album "Credo") by marihikohara




marihiko hara - credo - credo ⅰ(home normal)




credo ⅴ (from the album "Credo") by marihikohara