jeudi 28 juillet 2011

Jacno




Jacno interprétait « on s'fait la gueule » sur « Tombés pour Daho », ce superbe hommage de son vivant, chose très rare. Elli Medeiros y était aussi, mais pas sur la même chanson.
Etienne Daho est sur « Jacno future », une chanson pour Lio via Jacno & Elli, « amoureux solitaires ».
Je me balade très souvent sur « les bords de Seine » et suis assez ignare en Jacno, je n'écoute que « Frensh paradoxe » et « Tant de temps ». En fait j’écoute Daho depuis « Paris ailleurs » seulement. 1991. Toujours cette tare 80’s qui me handicape.
Ceci dit, tares ou lacunes, rares sont les tributes qui m’emballent (je pense à l'incipide « Tels » ou au cauchemar intégral « tribute à Dominique A : remué ») . Mais cet été merdeux j’écoute « Jacno future » en boucle, comme « Tomber pour Daho » il y a trois ans.


Je déguste stérile donc, en candide et je compte bien prendre du recul sur cette carrière importante dans le paysage hexagonal.
Conclusion: pour aimer un hommage, mieux vaut ne rien connaître de l'auteur en question, ou alors qu'il soit encore parmi nous.

Jacno 2011 « Jacno future » label : polydor
www.jacno.fr

échelle de richter : 8
support cd
après 10 écoutes



mercredi 27 juillet 2011

Dominique A / Rouge





18h30 le mercredi 16 juin 1999, l'Elysée Montmartre rouge de nervosité. La lumière aussi saignait. « Remué » incarné, décharné, éviscéré dans une tourmente tendue..juste après les Blonde Redhead en première partie, quand ils faisaient encore du rock punk, rouge aussi la lumière. Encore fébrile des quelques semaines passées à lutter pour ne pas sombrer dans « Remué », je devais poser dans cette fosse l'autre genou à terre. Asphyxié, oppressé, complètement remué, la lumière rouge est restée gravée.
Si Manset a amputé sa discographie au fil des coffrets et des compilations, Dominique A lui n’arrête pas d’étoffer. De multiples prises et d’inédits apparaissent au grand jour sous forme d’ep, de compilations, de rééditions.

2004, aux Bouffes du nord, une autre lumière rouge sur son crâne dégoulinant. Des gestes saccadés soulignent à nouveau la tension. Il est seul.
« Tout sera comme avant » en aquaplaning, pour s’immobiliser sur cette performance colossale, avec ses samplers à pédales. Dominique est arrivé trop vite sur « L’imprudence ». L’isolement, une grande maîtrise, une extrême fermeté, pour afficher la grande qualité du matériel dans cette autre salle mythique, moins claustro, comme pour faire table rase. « le départ des ombres », « pendant que les enfants jouent », « bowling ».. sous une autre lumière s’immiscent à merveille parmi les autres, elles qui s’étaient tellement détachées… « tu vas voir ailleurs »..qu’est ce qu’on ferait pas pour « la peau ».
Rouge, comme à l’Elysée Montmartre, 5 ans auparavant.






Les inédits cette fois-ci sont proposés sur le DVD en bonus audio… « tout sera comme avant », « revenir au monde » dépouillées n’ont jamais été aussi belles.
Une chanson traîne ici, et on se demande comment elle ne figure pas sur les plages officielles.

« rouges sous la lampe » où il est question d’incendie, d’yeux cernés, de bouches qui tremblent, d’une lumière a capter. C’était donc ça le trouble.

Dominique A 2004 « solo aux bouffes du nords »
http://www.commentcertainsvivent.com/





"Rouges sous la lampe
comme dans l'incendie
Les yeux qui trempent
dans leur insomnie
Le jour appelle
il réclame son dû
d'occasions trop belles
d'occasions perdues

Rouges sous la lampe
mentons accolés
dessus la table
à se détailler
à se déchiffrer
et comment vouloir
mettre un pieds dehors
changer de regard

Pour que le jour ne commence pas
décourageons le
restons là sous la lampe
s'il nous voit il s'en ira

Qui se dissemble
joue à s'attirer
là sous une lampe
les yeux emmêlés
je ne sais plus trop
si je dois aimer
toi ou la lumière
que tu as captée

la nuit s'épanche
elle s'est enlisée
là sous la lampe
elle s'y sent choyée
que la vie déboule
après à grand pas
ça viendra quand
la lampe aura claquée

Rouge sous la lampe
comme à jamais figés
rouge où le temps
la bouche et les yeux cernés "


mardi 26 juillet 2011

Claude Léveillée




Je perds un oncle aujourd'hui, chose effrayante que les albums photos qui se figent.

J'apprends aussi que Claude Léveillée a disparu le mois dernier, chez lui au Québec.


Claude Léveillée et ce vinyl qui accompagnait mes premières huiles. Ce bouleversant album aux allures de comédie musicale. Il fut d'ailleurs un des premiers à écrire une comédie musicale.
« Cheval de bois », 1972, première apparition chez Barclay et donc une visibilité pour nous.
Quelle pochette!!! quel artiste et les chansons me foutent par terre.


"emmene-moi au bout du monde".... "un chemin"... "les anges blancs"....

Je remets ces grésillements de mon enfance, là juste à côté de moi, ça crépite, c'est beau.. et je fouille l'album de famille.

Claude Léveillée 1972 "Cheval de bois" édition : barclay.






dimanche 24 juillet 2011

Idaho




Idaho n'a cessé de plonger sa musique dans des abysses de tristesse lente digne d'un Sparklehorse voire Grandaddy phase poisseuse. « Levitate » en 2001 amorçait ce slow(sad)core folk avec des petites merveilles comme « for granted » ou « on the shore ». « levitate 2 » touchait du doigt les notes de piano glaciales de Portrait of David.
C'est avec « The lone gunman » que Jeff Martin toucha magnifiquement le fond avec 17 petites pièces mélancoliques à souhait. Couvrant tous les instruments à un tuba prêt, Jeff offrait son timbre engourdi aux notes épures de son piano complètement noyées dans cette bouillie douce et romantique. Le sommet d'une harmonie concept intime et une apparition chez Talitres en 2005, distributeur d'ici.

Formé en 1991 avec John Berry, Jeff Martin s'est très vite retrouvé seul aux commandes. Idaho est devenu son alias, « We were a dick », le nouvel album est dans les bacs depuis quelques semaines. L'épais orange et l'ocre semble s'être dissipés en ciel bleu. Quelques accords guitares réapparaissent. « the space between » est l'unique morceau à s'emballer comme dans les débuts. Les morceaux sont toujours aussi courts. Le piano est toujours omniprésent, mais plus aérien, la guitare folk semble lui donner de la hauteur. La voix est là, fidèle, l'engourdissement aussi. Idéal pour un dimanche matin convalescent. Il fait trop froid pour mettre le nez dehors et trop lumineux pour y hasarder un oeil.. et pourtant le ciel est bleu..bleu clair..l'herbe folk d'Idaho semble fleurir au premier plan. C'est toujours aussi beau. Sublime album.

Idaho 2011 « We were a dick » label : idaho / talitres

www.idahomusic.com tout l'album en écoute ici.

www.talitres.com
échelle de richter 8,8
support : share sur son site
après 1 écoute.

Quand on aime : sparklehorse; log; grandaddy; red house painters, low




IDAHO 'You were a dick' by TALITRES

Huile sur toile juillet 2011 100x20



samedi 23 juillet 2011

Hilmar Orn Hilmarsson & Sigur Ros

Huile sur toile /juillet 2011/ 82x61






Quand une trace d'emprunte huileuse raye la vitre embuée d'une verrière livrée aux songes, et que le charbon encrasse les poumons de la nuit dans une respiration grasse de chine, des rêves d'espace implosent les murs et le plafond. La crasse sue et sécrète le lapis-lazuli. Cette crasse qui vient du fond des entrailles, celles que l'on ne contient plus, hauteur ou profondeur, ciel abyssal.
Les baleines glissent sur Oren Ambarchi à quelques constellations d'ici dans le calme le plus absolu, les cordes pleureuses d'Hilmarsson lèchent la lande froide et ouvre la terre d'une lave fraiche qui coule dans un orgasme visqueux.
Les voyages immobiles sont des doigts de hasard qui se posent sur un coin du globe. L'outremer bouteille s'évapore dans les airs, une flèche, un toit, une présence au loin, une âme. Des tambours lointains frappent les tempes. Des cœurs persistent et battent.

Entre deux, au milieu de l'océan, Hilmar Hilmarsson qui a cottoyé Hafler trio, Current 93, The elgar sisters épouse ici Sigur Ros pour un hymne de cordes et d'effets mesurés. Un hymne à l'océan, au terres celtiques, aux flèches, aux toits, aux âmes qui gravitent alentours.
Une ultime respiration de fumée avant extinction, avant le rêve. Un grondement sourd happe des cordes sèches et engloutit la force d'aller plus loin. Le voyage immobile se pose là, sur cette petite île volcanique et intrinsèque.
Les étang-du-nord envoutent comme un chant de sirène. Je suis prêt de mon pic d'ardoise et j'implore le bleu abysse outrageusement outremer. Et je voyage, immobile.
Hilmar sur son violon, l'archet de Sigur sur une guitare, l'ïle-de-la-Madeleine de bleu profond, la Beauce océanique, l'île d'Orléans, c'est beau comme Chartres.










Hilmar Orn Hilmarsson & Sigur Ros 2001 "Angel of the universe" label : fat cat




échelle de richter : 8,5
support cd
après 100 écoutes








vendredi 22 juillet 2011

Joseph arthur



La parcours de Joseph Arthur est assez atypique.
Entammé sur les chapeaux de roue sous l'arc-en-ciel real world de Peter Gabriel, il s'est envolé ensuite vers une liberté pop libre qui continue à faire sa particularité.
« Big city secret » à l'époque plaquait un USA justifié sur la bande bleue outremer des destinations musicales planétaires. La couleur est annoncée, des moyens de productions évidents et un manège étourdissant nous faisait danser sur « mikel L », « mercedes » ou encore « haunted eyes ». Tandis que « crying like a man » pleurait sur un timbre Cash entre des refrains haut perchés. 1996 et cette immense introduction au son moderne et enlevé.


"Redemption's songs" en 2002 sonne l'unanimité des fans et des critiques, mais aussi la fin de la collaboration world music.
L'unanimité aussi pour l'album « Nuclear daydream » en 2006, jute avant de publier au compte gouttes en 2008 quatre superbes ep à peine croyable de discrétion, des petits chef d'œuvres à thème d'une qualité incroyable.
2008, c'est aussi chez fargo un album de pop visible et plébiscité, « Temporary people ».
Après le récréatif Fistful of mercy l'année dernière, « The graduation ceremony » est dans les bacs depuis quelques semaines, avec un doux retour épure de la même couleur de « Nuclear daydream ». Folk song légèrement pop.


Joseph Arhur est très libre, Lonely astronaut est son label et aussi le nom de son groupe. Il réalise ses dessins de pochettes, d'ailleurs voici une démonstration impressionnante de son art entrecroisé: peintre/auteur/compositeur/musicien/interprète... sa musique colle t-elle à ses traits ?

Joseph Arthur 2011 « The graduation ceremony » label : lonely astronaut




échelle de richter : 7,5
support mp3
après 1 écoute








mercredi 20 juillet 2011

King Crimson / Red




Pour le coup Peter Sinfield a quitté le groupe, emmenant avec lui sa poésie et ses illuminations.
Tendu, anxieux, le groupe réduit pour la première fois à un trio organise sa texture qui sera pour moi le début d'une longue période endurcie qui n'arrêtera pas de se structurer en rigueur motorisée .. aboutissant à Vrooom entre autre et passant par Beat ou Discipline, des disques décharnés de leur poésie initiale.

Un véritable tournant quand on a chéri les quartes premiers albums. D'ailleurs ici, McDonald ou Mel Collins ne sont que remercié, ainsi que David Cross qui est quand même co-auteur de deux chansons, et pas les moindres.. « providence » et « starless ».

« Starless ».. tout l'album pour arriver sur ce final dantesque. J'ai très longtemps écouter uniquement ce morceau qui rappelle à la poésie lunaire initiale. Comme une pièce rescapée où le mellotron et le sax deviennent outrageux, orageux, dans un final épique où tout prend de la hauteur dans une éruption superbe.
« starless » en boucle sur « Red », album 1975 sur lequel je reviens lentement, le considérant comme la fin d'une période.

King Crimson 1975 « Red » label : island
www.king-crimson.com


échelle de richter : 6,5
support cd
après 1000 fois 1/5 d'écoutes.



lundi 18 juillet 2011

Damon & Naomi





Une guitare Barclay James Harvest pleure sous la voix triste de Naomi Yang : le superbe « walking backwards ». On plane comme sur The Zephyrs sur « how do i say goodbye », c'est haut, c'est beau, mélancolie jazzy, rêverie lexomil, ce duo régale de paysages pastel depuis qu'ils ont quitté la Galaxie 500, et leur ancien passage chez acuarela discos prends toutes sa véracité.


Galaxie 500 a implosée en 1991, ce groupe beau comme 10 000 maniacs ou The pastels, en plus doux, laissant Dean, une autre étoile de la galaxie, à Luna, puis trois beaux disques avec Britta.
Je ne connais que ces fragments de galaxy, et très attaché à Dean & Britta, c'est Damon & Naomi qui retient toutes mes émotions en ce jour de pluie qui fonce la pierre et reverdi l'herbe coupée.
Tout rythme semble rompu, seul l'intimité lente des cœurs parle.

Damon & Naomi 2011 « false beats and true hearts » label : 20 20 20
www.20-20-20.com
www.doamonandnaomi.com

échelle de richter : 8
support streaming
après 2 écoutes.

Quand on aime : the zephyrs; the pastels; galaxy 500; dean&britta



Manset / Omble








Le peuplier à cette particularité de faire chanter le vent, de le matérialiser en drone sinusoïdal. Les feuilles au bruit métallique se frottent et chantent. Pas de musique ce tantôt, juste un drone anesthésiant venant des collines, charriant dans ce bruit doux des odeurs de foin, de terre chaude et humide que la nuit à trempée. Des envies de croquer, mais ma spatule est loin. « Les belles lettres » ont accueilli Alexis Omble pour s'étendre à l'infini sur l'Inini. Gérard Manset et cette soif de connaître, de compenser son silence inébranlable, son absence riche.. des pages et des pages à essayer de m'immiscer... dans l'Inini, l'infini des mots qui ruissèlent sous ce drone peuplier, ce chant végétal.
Manset est ma voix de chevalet depuis que je respire le fusain. En intracaverseuse... jamais l'écriture, la photo, la peinture et la chanson n'ont été aussi liées. Il est tout à la fois, lui pour qui la pochette est le commencement magique, l'incarnation physique du disque.

« seul et chauve / que rien ne me sauve / plus jamais / plus jamais... »

« attends qu'il te tienne / que ses nuits soient les tiennes / qu'il te demande le pire / qu'il t'oblige … attends qu'il t'attrape / qu'il te pousse, qu'il te frappe / qu'il te renvoie d'où tu viens .. qu'il t'abandonne »


« amis / qui l'avez trouvée / en train de pleurer / assisse / qui l'avez prise / amis, / vous aurez peut-être / demain / un oiseau sans tète / dans la main. » /

« à force de se regarder / de ne pas comprendre / ne pas s'aimer / vraiment, le temps nous est compté / alors puisque le mal est fait / que le trou grandit le lit défait / que chacun se regarde chacun se tait »

Timide quand il s'agit d'auteurs français, je reste pour l'instant incapable de lâcher un billet sur un album de Manset. Monument intouchable devant lequel on se sent tout petit.
En attendant, le colossale recueil d'Alexis Omble se feuillète goulument sous le haut chant peuplier.

Alexis Omble 2009 « Manset légende de l'Inini » éditeur : les belles lettres
http://www.lesbelleslettres.com/

samedi 16 juillet 2011

Okkervil River



Un certains modernisme s'est emparé d'Okkervil River au fil des albums, une montée en puissance. Cette nouvelle mouture 2011 appuie cette impression de perpétuelle évolution qui les éloigne de leur country folk rock alternative originelle.
Les pochettes quant à elles sont toujours aussi belles, particulières au groupe puisque William Shaff les réalise depuis le début. Art work fidèle depuis 2002.




Will Sheff se veut plus accrocheur, plus étrange et opte pour la complexité du son, un peu comme a pu le faire Destroyer dans le passé. La place distribuée aux instruments donne un son particulier et le disque murit à chaque écoute, car à la première il faut bien avouer qu'on à l'impression d'un énième disque fidèle d'Okkervil. Tout se dévoile à travers quelques écoutes attentives. Il a côtoyé le monde de 13th floor elevators, introduit le tuba, des chœurs féminins et sa voix falsetto apporte de l'amplitude.
« piratess » claque comme un tube pop sucré joliment associée à une voix exubérante à la Shearwater dérangée de Dexy'smidnight, quelquefois crooner « lay of the last survivor » ou « show yourself ». Shearwater, nous n'en sommes pas loin puisque Jonathan Meiburg chante sur « rise ». Il est un ex-membre d'Okkervil.
Grave et enjoué à la fois, cet opus de groupe rock américain s'oriente vers une pop moderne, confirmant la grande forme du label Jagjaguwar qui vient de mettre en circuit un autre virage cérébral, Bon Iver.

Okkervil River 2011 « I'm very far » label : jagjaguwar
www.jagjaguwar.com

www.okkervilriver.com

échelle de richter : 7
support streaming
après 4 écoutes

jeudi 14 juillet 2011

Explosion in the sky




Rarement un groupe de post rock n'aura aussi bien porté son nom. Explosion in the sky et je me souviens d'une pochette de Godspeed avec les ailes d'un avion dessus. A l'intérieur, c'est pareil. Une vaste musique vrombissant qui colle à la nature, au même titre que le drone. Le drone, c'est le vent, le post rock le volcan. La ponce éjaculée dans le ciel, la poussière volcanique expulsée violemment de l'urètre cratère. Fidèle au style « take care, take care, take care » est une longue contemplation calme en arpège électrique, pour déboucher sur quelques explosions saturées de lignes pures de guitares, souvent deux, quelquefois trois, avant une autre accalmie.











Depuis la disparition de Gospeed, le post rock s'est essoufflé, et j'avoue avoir aussi lâché prise devant ce systématisme grondant de grand 8 instrumental, ne gardant d'intérêt que pour Do Make Say Thing. Ce beau retour 2011 assuré par Bella union remet les pieds à l'étrier pour une vague musicale importante qui reprend du souffle ici sous ce lierre envahissant qui n'arrête pas de grimper au mur. Les nappes électrique d'Austin redonne un peu de couleur au post rock sous un superbe emballage. Un très haut et beau disque cristallin et puissant sorti cette année..


Explosion in the sky 2011 « take care, take care' take care » label : bella union
www.bellaunion.com


http://www.explosioninthesky.com/

échelle de richter : 8
support cd
après 2 écoutes.


quand on aime : godspeed; mogwai

Molasses





Dark opéra fantomatique pour une messe folk épique.

Le groupe est impressionnant : Scott Legrange Chernoff au chant, puis Thierry Amar, Mike Moya, Sam Shalabi... juste derrière Bruce Cawdron d'Esmerine, Efrim Menuck, Jennifer Ménard, Chris Brokaw, et Thalia Zedek. Encore plus au fond, Gordon Krieger d'Exhaust...
Un grincement de vielle grille nous accueille en drone diaboliquement grinçant, une girouette en fer forgé en clair obscur nous indique du bec la direction. Le carton d'invitation cuivre est dans la poche avec inscrit dessus en lettres minuscules « molasses ». Invitation de luxe dans un étui charbon. Le carbone est aussi à l'intérieur, toute vue fusain prise à Montréal par Scott est brouillée de brumes anthracites: nouilles chinoises du « chinatown n°33 », taverne, chats, cheval ou pigeon, clocher lunaire, et « jardin de fer » où « les enfants d'anarchie » avancent. Un demi-sommeil, une agonie, rêve ou réalité.
Affligé d'une insomnie toxique, des cordes douloureuses attirent vers cette « .. maison croulante ». « Les jardins de fer » passent aussi par l'hotel2tango et chaque pièce instrumentale porte un titre français. Il est question de désolation et 14 des musiciens présents ici tiennent chacun un orgue sur « enemy hymn » pour un drone religieusement stratosphérique, proche du « slow mass » final.

La voix de Scott Chernoff avoisine celle de Mike Moya, et Thalia Zedek aussi aux vocalises. C'est une fois de plus Harris Newman qui dirige. Nous sommes en 2003, fancy records est alors une branche d'Alien8recordings, elle même prenant racine chez constellation.
Troisième et avant dernier album de Molasses, peut être un aboutissement, une consécration pour ce disque noir, cryptique, ce folk imploré et irréversible jamais dupliqué. Le suivant "Junk hotel" sera sans écho, anecdotique.
Le design bichrome de ce double album de 26 morceaux est puissant, profond. Pochette, surpochette, étui cartonné, livrets complets, la détention de l'objet est un privilège et l'utilisation solennelle.

Molasses 2003 « slow messe » label : fancy / alien8recordings
www.alien8recordings.com/releases/a-slow-messe

échelle de richter : 9
support cd
après 1000 écoutes.





mardi 12 juillet 2011

Exhaust





Allant surfer sur les arborescences de ma deuxième famille culturelle outre atlantique, tous ces poètes écorchés, j'ai rebondi de la rue Marnier au troublant divan rouge, puis échoué sur quelques photos dantesques de Berenice, des superbes clichés pour un endroit particuliers, vieil urbanisme à l'abandon.
J'ai tout de suite entendu la bande son locale à ces vastes bâtiments rouillés. Exhaust. Batterie trempé de godspeed (Aidan Girt), tendue, cuivre grave, gras sous une musique industrielle ambiante. Il pleut, c'est gris, c'est grand et vaste. Des tours, des silos, ça grince et craque, ça sent la suie, ça sue la cendre, ça crache mécanique, on est tout petit devant ses tuyaux alignés. C'est à l'abandon, mais l'air métallique sonne toujours.

Gordon Krieger à la basse clarinette (on pense ici à Colin Stetson de la même auberge), Mike Zabinski aux effets, Mike Moya (hrsta) à la guitare sur « voiceboxed », et Berenice à l'objectif pour un rêve montréalais. Ça tangue, c'est décharné, rouillé, abandonné. Des touches de jaune viennent réchauffer les pylônes et enflammer le gris du ciel. Il y a des idées de naufrages, une boite noire sur la pochette, « enregistreur de vol ne pas ouvrir ». Il y a eu un crash, une désertion, des licenciements, plus personne, aucun survivant. Une boite noire, silo n°5 rouillé et vide, des traces de vies.. anciennes, un rouge proéminent sur la pochette, aucun crédit à l'intérieur, aucune mention de musicien, un calme, une envergure colossale, une intimité aussi. Et puis que du rouge sang à l'intérieur, on ouvre ça saigne. C'est rouge visqueux, doux, on a le goût de fer dans la bouche, de ferrail comme cette oxydation collée au silo. Constellation encore, du rouge, des clichés, Montreal, un field recording qui colle énormément à ce vaste monde culturel.. et qui danse en tourbillon mou éventré.

Exhaust 2002 « Enregistreur » label : constellation
http://www.cstrecords.com/
http://bereniceeinbergducharme.blogspot.com/
http://www.ellachambrerouge.blogspot.com/



échelle de richter : 8,8

support cd

après qq 10ène d'écoutes

Huile sur toile juin 2011 60x60





Juste qq rappels pour rendre la toile "cliquable". Diffusion une à la fois seulement.



lundi 11 juillet 2011

Prince / Jermaine Jackson / Lionel Richie




















C'est un peu le caniard sur les monts d'Aubrac, ça cogne sur les plateaux du Causse d'Olt, retrait total, connections au compte gouttes (pour diffuser, faut trouver un établissement wi-fi-bière), j'en profite pour explorer mon stock de compressions en tout genre, des trucs que j'ai pas le temps d'écouter toute l'année.












Intrigué par quelques artistes loin de mon obédience, je fouille et tombe sur quelques pièces formidables il faut bien l'avouer. Début pour quelques grandes stars, pochettes similaires (et je pense aux post pochettes de Francky).
En plus c'est quasiment le début pour les trois. Prince et Lionel Richie, sûr. Pas tout à fait pour Jermaine...mais la pochette orangée des débuts de carrières et les tronches improbables d'époque m'amusent, m'intriguent.
Assez bons pour les véritables pochettes orangées, ma préférence va à Prince, plus sombre en cover, du noir en balyage, ce disque associé à « Prince» est un bon préliminaire à l'époustouflant petit bonhomme qui vient de remplir le stade de France. En parallèle, je découvre quelques live 2002, 2006 de Prince, très jazz, très funky, très bons. J'aime beaucoup cet artiste ...mais shut..Charlot est fan de la Jackson family.


Entre parenthèse, « My name is Jermaine » est hyper rare, nous l'avons trouvé d'occas en vinyl, plus cher qu'un cd, avec au bout une conversion informatique cd.

Lionel Richie "Lionel richie" 1982 (1er album)
Jermaine Jackson « My name is Jermaine » 1976 (3èmé album)
Prince « Prince » 1978 (1er album)

Morphine







Am, Am7 D..... sur la rythmique de Michael Jackson. Juste un poil plus rapide.. « sister morphine » sur « morphine ».
Marianne Faithfull était avec Jagger à l'époque, 1970. Keith Richards lit à travers cette superbe chanson ramenée par Mike, l'influence notable de Marianne. Jagger écrivais rarement les paroles et la musique. La morphine, cet aide aux cures de désintox. Il n'empêche, elle est un moment crucial de « Sticky finger ».
1997, autre artiste planétaire, autre date pour une autre génération, autre dope, l'équivalent médicamenteuse de la coke de Keith Richards. Jackson, c'est les médocs, période d'accoutumance irréversible dont on connais l'aboutissement. Le même aboutissement qu'Elvis, et pourtant Jackson s'était promis de ne pas finir comme lui.

Deux chansons sur le même thème, les addictions palliatives sévères, l'anti-douleur universel. Prescription pour star. « sister morphine » pour moi, « morphine » pour charlot. On en parle tous les deux, on partage, on échange, j'aime bien.

Rolling Stones 1970 « Sticky finger » : « sister morphine »
Michael Jackson 1997 « History » : « morphine ».























dimanche 10 juillet 2011

Washed out




Ernest Greene est un romantique des dancefloors, on danse mollement avec un vague à l’âme tenace, seul, brouillé au milieu d’une foule agitée sur une autre longueur d’onde. Et c’est bon de remué comme cela, fatigué, les rythmiques sont là comme une charpente pour ne pas s’écrouler. La réverbération permanente explose le toit juste au dessus de la piste, cette pop dance sonne dans de grand espace. Et l’on implore cette lente syncope décadente et sensuelle. Garder cet air à tout prix malgré le raffut alentour, c’est sûr ce disque va tourner tout l’été. L’été pour beaucoup c’est pas si gai que ça. Superpitcher avait déjà mis en musique cette mélancolie chaloupée sans sombrer dans l’obscur.


Il suinte de ce disque 80’s un parfait équilibre, voix, nappes de synthé, beats incorporés.. et un charme classieux nous séduit irrémédiablement.
La blogosphère paraît il, s'est emparée violemment de cet artiste il y a deux ans. Il est fort à parier qu'il va rester dans les préférences des tisseurs de toile..n'en déplaise à magic!. De tous les disques 80's sortis il y a peu, Violens, Toro y moi... Washed out est aussi ma préférence à moi.

Washed out 2011 « within and without » label : sub pop



échelle de richter : 7,8
cd promo

après 3 écoutes




mercredi 6 juillet 2011

Windsor for the derby


Des guitares claires, les arpèges délétères dansent autour d’une voix monocorde, le tout dans un minimalisme planant piqué de synthés étendus et de percussions anesthésiées.
Windsor for the derby a sorti en 2001 son chef d’œuvre jamais égalé, même si rien n’est à jeter dans leur discographie maintenant étoffée.
Slowcore envoûtant, « Emotional rescue » est dans la corne d’abondance, celle qui renferme mes indispensables, les disques aux milles écoutes (petit clin d’œil à Chris).


Dan Matz est un artiste important des beaux labels indépendants. Aussi, il a sorti sous son nom un disque rare chez Amish records « Carry me over » intime et anecdotique, puis une collaboration épique avec Michael Gira chez young god. Deux albums sous le nom de Birchwatcher comme une pause à Windsor analysaient « la négligence du soleil, la fragilité du vol des oiseaux.. » sous de magnifique airs crépusculaires. Il est enfin et surtout la voix et un des quatre Windsor. S’ils sortent régulièrement de grands disques froids chez secretly canadian, c’est chez young god que le bal triste débuta avec « Difference and repetition ». Un corbeau et des chansons ravagés par la mélancolie hyper introvertie.









Celui qui nous intéresse ici, c’est leur unique passage chez Aesthetics maintenant disparu.
Touché par la grâce, « Emotional rescue » est une pop vaporeuse aux brumes blanches, une collection de pièces lumineuses, les moins plombées de leur carrière, même si « mythologie » annonce à la manière d’un Hood ou d’un Arab Strap, le plomb des disques suivants par des martèlements glacials marquant l’esprit de rythmes syncopés, comme si le disque était rayé. « akwardness » vient comme un pardon remonter le moral des troupes.
Une ligne de conduite fidèle rend ce disque d’une cohérence rare, et quelques accords asiatiques viennent alléger les contrastes, « indonesian guitars » et le superbe matinal « same » en ouverture de disque sur sept minutes.
Un point central dans leur discographie, l’état de grâce culmine.

Windsor for the derby 2002 « The emotional rescue » label : aesthetics records
http://www.aesthetics-usa.com/artists/wftd/bio.html#
www.secretlycanadian.com

échelle de richter : 9
support cd
après 1000 écoutes

lundi 4 juillet 2011

Najda



















Finalement, comme un étendard, Najda vient clore cette page d'expérimentation sonore de drone gothique, comme une synthèse de référence. Comme s'il ne fallait en garder qu'un, ce groupe culte à la discographie opulente (11 albums en 6 ans) et emmené par le multi-instrumentiste canadien Adan Baker, offre sur le double « Under the jaguarsun » deux phases de leur drone compact incarné par une multitude de cordes.


Si la phase sun intitulée « tezcatlipoca (DARKNESS) » éraille par moment une grosse guitare boursouflée sous des airs grave de textures épaisses, « Quetzalcoatl (WIND) » beaucoup moins obscur dessine un vent de cordes douces et compactes en drone vaporeux. Ce deuxième bloc côtoie un néo-classique planant étalé sur une heure.
Le drone est un souffle. Il incarne le vent, qu'il soit brise ou cyclone. L'espace gronde, il est en mouvement sous différentes lumières, sur des géographies diverses. Il est là pour décortiquer les textures naturelles si on prend le temps de les contempler. La profondeur de celui-ci est impressionnante. Najda se promène sur différents label fidèle à ce genre de musique. C'est sur Beta Lactam Ring que « Under the jaguwarsun » s'est arrêté, offrant par la même occasion un graphisme superbe nageant dans les rouge au beau milieu d'une palette fauve à travers laquel chacun pourra y voir l'incarnation artistique du son qui s'en échappe.

Najda 2009 « Under the jaguwarsun » label: beta lactam ring
www.blrrecords.com/prod/2028/under_the_jaguar_sun.html
échelle de richter : 8
support cd
après 5 écoutes

Henryspenncer




Un certains psychédélisme floydien dévore calmement la musique de Valentin Féron alias Henryspenncer. Le son est spacieux et le hard prends ses marques sous d'épaisses couches de drumbeats. Grails n'est pas loin non plus. Rock prog, post rock, encore un disque qui brûle. Ciel apocalyptique, la lave semble directement dégouliner des rouge de mars. Comme ravagé par un désert goth où le vent est synthétique, « To the timeless valley », totalement instrumental, offre à la fois le fer rougi, et le grand espace d'une musique surdimensionnée.

Henryspenncer 2011 « To the timeless valley » label : bookmaker
www.bookmakerrecords.com
www.myspace.com/henryspenncer/blog

échelle de richter : 7,5
support cd
après 1 écoute

quand on aime : pink floyd, grails...

Daniel Menche




Scratch drone boursoufflant quelques notes de piano grave. Le vent qui souffle derrière est suffoquant. Le sang est en ébullition, le grand incendie des artères brule les yeux et calcine le cerveau. La texture extrême de cette expérimentation sonore est au métal, un final tronçonneuse débite les esgourdes.
Étonnant voyage sonore d'intensité astrale du côté de l'irrationnel Daniel Menche. Nous sommes en 2002, à Montreal, c'est rouge magma, jamais le sang n'aura été si beau.

« Music is like one's own blood – so amplify it ! As loud as possible – make the speakers bleed! ».. »if you want blood, you got it »......

Daniel Menche 2002 « Beautiful blood » label : alien8recordings.
www.alien8recordings.com
http://danielmenchebiography.blogspot.com
Échelle de richter : 7
support cd
après qq écoutes hallucinées.

Quand on aime : rosy parlane, fransisco lopez, andrew liles,

dimanche 3 juillet 2011

McCartney I & II




Des cerises confites sont venues, trois semaines avant la sortie de « Let it be », officialiser la rupture. Nous sommes le 17 avril 1970, une nouvelle décennie musicale se dessine, les années 60 sont mortes embarquant avec elles la fin d'un groupe populaire qui a enflammé toute la planète pendant huit ans.
Obligé, toute l'opinion publique dépose dans ce bol rempli de liquide rouge, toute la responsabilité et la colère d'une frustration qui défraye même aujourd'hui quelques pages de magazines avertis.
Un petit bébé emmitouflé dans un cuir doublé de fourrure, une barbe « get back » en sursis, une ferme en écosse, des bottes crasseuses, des yeux plus tristes que jamais, beaucoup d'alcool, des joints, un vague à l'âme plombé comme les ciels du moment, une famille au complet, de l'isolement, un homme et quatre pistes.
Premier disque de l'histoire intégralement couvert par un seul homme. Le suivant sera l'immense « Tubular Bells » de Mike Oldfield.
Cinq instrumentaux figurent sur « McCartney » et alors que tout le monde pense à une saloperie pour spliter les Beatles, ce disque est en fait une grosse thérapie pour palier à l'effondrement. Il se noie au travail alors que son frère d'âme de son côté récolte toute la compassion médiatique à hurler comme un fauve sur « Platic Ono band ».
Complètement à l'opposé, « McCartney » s'enferme dans la tristesse d'un homme blessé et qui va délivrer sans rien inventer, une grande fraîcheur pop au bricolage totalement et naturellement maîtrisé.
Sa providence viendra d' « another day » qui ne figure sur l'album qu'en bonus de l'ancienne édition, mais qui sort au même moment, affichant nettement sa vision Beatles de la mélodie.

Aucun 45t, un enfermement attristé alors que les autres, moins affectés carburent (Harrisson et son « All thing must past », Ringo et « Sentimental journey ».. et Lennon avec « plastic ono band ») et s'affichent, enjoués. Les morceaux réapparaitront beaucoup plus tard en concert.

Ce disque est un chef d'œuvre, surement ma préférence.





A l'inverse, sort simultanément le deuxième album de McCartney seul. Après une autre décennie, celle des 70's, Paul aborde les 80's avec une nouvelle performance solitaire sous d'autres postures. La fin des Wings fut moins douloureuse pour l'ex-Beatles absolument affamé d'autres expériences. Pour le coup, ce disque là est assez expérimental. Un séjour dans les geôles japonaises pour détention de dope aura eu l'avantage d'attirer le public vers ce disque improbable, totalement ludique, anecdotique pour ma part, malgré des chansons à l'échelle de « yesterday » comme « waterfalls » ou « one of this days ». « coming up » en locomotive. Une remise à zéro, via ce bricolage bizarrement japonisant, il essuiera juste après ,sa première année sans aucune sortie, 1981, l'année qui suivit la mort de son frère d'âme.

Cet artiste sentimental est fou, ce disque barré est une preuve de plus.
Les bonus une fois de plus sont extraordinaires ici. Paul McCartney qui vient de récupérer son catalogue, sort au compte goutte quelques pièces majeures de sa discographie, avec la même équipe technique des remasters du coffret Beatles 2009.

Paul McCartney : 1970 « McCartney » ; 1980 « McCartney II ».
http://www.paulmaccartney.com/









































samedi 2 juillet 2011

Half Asleep




Quelques vocalises d'extravagance religieuse sous des cordes grises entament « Subtitles for the silent versions » comme pour annoncer le trouble fantasque fidèlement retranscrit par la pochette.
Puis « the bell » replonge aux sources, celles qui fait de Half Asleep des airs voguant sur l'huile des vagues à l'âme. Et on se souviens de Movietone encore une fois, mais surtout d'Anmelie Monserré aussi profonde. « the bell » religieusement beau aussi. Valérie Leclercq entrecoupe son chant, l'expérimente, s'aventure et incarne avec une once de wordspoken qui rompt comme un duo avec elle-même. Le timbre Suzanne Véga en colin maillard, elle projette ses mots vers des terrains d'expérimentations doucement coléreuses.
Légère tendance .. elle reste unique comme ses deux derniers labels, Unique records et We are unique ici. Il faut aimer le recueillement, les endroits esseulés, la folie taciturne.

Half Asleep, c'est aussi le magnifique éphémère « (we are now) seated in profile » en 2005.
Mais c'est surtout le privilège d'avoir trouvé un jour dans les bacs délaissés le 129 ène numéro de « just before we learned to swim » aussi de 2005. Édité chez matamore en 300 exemplaires, ce bouleversant objet en craft terre de sienne et aux lettres mercure, est ressorti des oubliettes (comme Movietone 1995) ou plutôt des archives d'Hinah 2003. Le graphisme, c'est elle (superbes dessins), ainsi que les compositions, l'écriture, et l'enregistrement toute seule, chez elle... en Belgique. Un autre recueillement édénique.
L'intimité est absolue et la mélancolie suprême. Je reviens très souvent à ce trésor introspectif.
En attendant, Valérie montre sous des airs plus « audacieux », sa nouvelle fragilité plus énergique.



http://www.halfasleep.be/

Half Asleep 2011 « Subtitles for the silent versions » label : we are unique


échelle de richter : 7,5

support streaming

après 1 écoute



Half Asleep 2003/2005 « Just before we learned to swim » label : hinah/matamore



échelle de richter : 8,9

support cd

après 1000 écoutes






Je suis d'accord avec elle, les paysages rouge sont plus jolis.....