jeudi 31 mars 2011

The dodos


Un autre folk mais sans surprise, celui de The Dodos, autre duo outre-atlantique.

Beaucoup moins intime, les flots d'arpèges d'ici dansent avec des percussions tribales rythmiques et bricolées. Des grosses caisses, des tambours et des objets en tout genre sur lesquels on peut taper viennent marquer « No color » d'une originalité. C'est un bricolage Lo-Fi pétillant que « beards » vient calmer en jolie petite promenade McCartney.


Plus frais qu'Herman Düne, plus joyeux que Devendra Banhart et plus acoustique que The walkmen, le nouvel opus de The dodos, en gardant les cordes de ces trois références, offre un très bon disque largement plus subtil que le précédent « Visiter ». Si la surprise Thousands collait à la pochette, la palette de couleurs de « No color » est à l'inverse étendue, presque printanière.


The dodos 2011 « No color » label : french kiss




échelle de richter : 7,4

support streaming

après 2 écoutes


quand on aime : devendra banhart; walkmen; herman dune




The Dodos - Dont Stop

Thousands


Il faut bien le dire, l'acquisition de ce disque est une heureuse erreur, un énorme plantage sur l'identité du groupe. Thousands n'est pas Thousand de Guilehm Granier, étonné qu'il soit passé chez Bella union s'éloignant du Rodézien Arbouse, mais sans plus.

C'est donc un peu inquiet je j'ai entamé l'écoute de cet inconnu, même si je me dis que la signature Bella union ne peut pas être une si grosse prise de risque.


Vite chassée l'inquiétude, à grand coup d'arpèges élégiaques et vaporeux. Une voix superbement placée au beau milieu de ces deux guitares lumineuses. Un vague accordéon dilate le chant sur « the sound of everything » comme si nous étions dans une nef; une flute ajoute de la poésie sur le troublant « love won't come »; une très vieille maison en bois près de Dayton, les collines sont à peine déneigées; un morceau enregistré dans les bois près de Newport, d'autres dans une grange et un silo puis un autre dans une cage d'escalier d'une université de Seatle.... et plus j'écoute ce disque, plus je m'immerge dans cette intimité attachante, une sorte de refuge boisé solitaire et isolé de tout, la tète brûlée par des brumes éclatantes.


Il y a des disques que l'on croit bon sans le moindre doute et qui laissent de marbre (je pense au nouveau Ron Sexsmith) puis d'autre que le hasard nous offre, inattendus, émouvants, de véritables surprises. Thousands est un de ces cadeaux.


Thousands 2011 « The sound of everything » label : bella union.



Échelle de richter : 8,1

support cd

après 1 écoute pendant rédaction.


quand on aime : elliott smith; this melodramatic sauna; nick drake; fonda500....


dimanche 27 mars 2011

Colin Stetson


Absolument déroutant, une véritable bombe sonore expérimentale sort une fois de plus de chez Constellation (Hanged up fut surement la dernière grosse surprise sonore). Colin Stetson souffle puissamment une claque cuivrée comme une performance. Une épilepsie exhalée à perdre haleine attise plus que de raison nos ouïes ventilées. Le vent grave en laborantin, une cohérence dans la recherche, Colin pousse son sax au delà de toutes les limites, complètement transcendé par une méthode de respiration hors norme. Le pulmonaire en circulaire, le son syncopée et chaotique se libère dans un manège distordu et répétitive. Le jazz torride en papier peint, des escapades industrielles en toiles expérimentales. Un mystère, une recette unique, une méthode particulière pour un résultat excitant que l'on prend impétueusement comme un indéfinissable monument pneumo-cérébral.

Une chanson de Bell orchestre qui soufflent aussi dans des cuivres, et des apparitions vocales extraordinaires de deux générations de filles, Sarah Worden et Laurie Anderson.


Beaucoup de vidéos sur la version multi-média ICI.... à voir d'urgence.


En attendant, derrière, ça gronde, ça souffle, les joues bulbeuses, ça étouffe, ça sourdre. Il bouscule et propose, à nous de caser ces vibrations innovantes et exigeantes du cerveau à la plèvre. Des idées comme s'il en pleuvait, un monde étrange à faire baver les Neubauten, des visions d'arrangements et de son mathématiques, « New history warfare vol.2 / JUDGES » vient ébranler tous les formats pour un voyage rocambolesque et abyssale. Une énorme surprise, une cavalcade rafraichissante et artistiquement rassurante. Une cathédrale retentissante, une contemplation captivante.

Le chant de Sarah est bouleversant, le word spoken de Laurie nous invite à l'intimité, le souffle de Colin est généreux, "home" doit faire palir Tom Yorke, ce disque un chef d'oeuvre.



Colin Stetson 2011 « New history warfare vol.2 / JUDGES » label : constellation




échelle de richter : 8,7

support cd

après 3 écoutes.


quand on aime : Einsturzende neubauten, radiohead; my brighest diamond; les cuivres; la symphonie expérimentale paranormale....

mardi 22 mars 2011

Fleetwood Mac






Histoire de rompre un moment avec le flot des nouveautés, je plonge dans ma caisse de vieilles galettes, un peu guidé par une ressemblance de pochette, celle de Ben Ottewell. Les arbres sans feuille dans la brume, je suis allé de suite chercher un album que j'aime beaucoup, pour sa particularité, sa rareté, sa discrétion totale et pour l'avoir acheté chez un vieux disquaire de vinyls à Caen, ma ville étudiante en 1989.



"Bare Trees" des Fleetwood Mac.


Fleetwood Mac est un groupe unique à géométrie variable passant du blues profond période Peter Green, au groupe le plus people du circuit dans les années 80/90, avec pour seuls piliers historiques, le batteur Mick Fleetwood et le bassiste John McVie (Fleetwood Mac), présents tous les deux depuis le début. C'est aussi une particularité du groupe, ces deux entités fidèles n'ont jamais été les protagonistes « médiatiques ». En effet, Peter Green à l'image de Syd Barrett a marqué l'histoire du groupe violemment, sur une période de 2 ans seulement (67/69), avant de finir calciné par les abus (comme Barrett) chez sa mère..se laissant pousser les ongles outrageusement afin de s'interdire de jouer de la guitare, de replonger. Et Lindsay Buckingham, en présence de sa compagne, est venu relancer le collectif dans les charts de 1975 à 1987.



La musique pop de Fleetwood Mac est la plus cool que je connaisse, notamment cette période prise en étau entre le faste Buckingham et le profond Green, périodes de tous les excès. C'est l'apparition officielle de Christine McVie (1970 sur "Kiln house"), ancienne blues woman épousant ici le bassiste. C'est pour moi la période Danny Kirwan et Bob Welch avec des disques terriblement intimes, un rock très maitrisé et une pop hyper décontractée avec des tempos aux galbes suffisamment sensuels pour traverser des contrées ensoleillées 70's sans la moindre anicroche. Je reste fermement agglutiné à « Futur Game » et « Bare trees », mes disques ado fétiches.




La révélation planétaire gronde avec l'arrivée du couple mythique Buckingham/Nicks, qui en attendant offre à la même période que « Bare trees » un disque épique, un objet unique et rare qui annonce l'évènement. J'aurai l'occasion de revenir sur cette période fructueuse du groupe qui se termine par le chef d'oeuvre « Tango in the night » en 1987.
En attendant, nous sommes en 1972, un seul couple, les McVie et une collection de chansons qui ne va pas changer l'ordre des choses, mais mettent à disposition un remède à l'angoisse. Si la majorité appelle à « Rumours », je m'en remets aux arbres nus à l'heure où ils se revêtissent, cycliquement.

« Bare Trees », le disque le plus homogène, le plus lointain, le plus chiant pour pas mal de gens, le plus perso dans l'âme, le plus nostalgique. Et, pour dissuader de tout préjuger hatif, il suffit d'écouter « sentimental lady »; « bare trees », même si par exemple, une de mes chansons préférées des Fleetwood est « emerald eyes » sur l'album suivant « Mystery to me ».


Fleetwood Mac 1972 "Bare trees" label : reprise
http://www.fleetwoodmac.com/


Fleetwood Mac, période 1970/75:

Mick Fleetwood
John McVie
Christine McVie
Bob Welch
Danny Kirwan
Bob Weston



















Enfin, la dernière pièce pour cette période (6 ème, et 9 ème pour le groupe), un disque un peu essoufflé, avec un changement radical de pochette qui restera sur "Monday morning" 75 et "Rumours" 77. Pas grand chose qui se détache à croire que le couple Buckingham/Nicks se faisait attendre.
Fleetwood Mac 1974 "Heroes are hard to find".

dimanche 20 mars 2011

Ensemble


De toutes les nouveautés qui pullulent cette année (seulement dix semaines de passées), « Excerpts » est surement la plus originale, déroutante et stupéfiante.
Un véritable conte de fée, une bande son pour une animation ou un long métrage fantastique et mystérieux. Une certaine idée théâtrale vient faire de ce merveilleux opéra pop contemporain, comme sait le faire Olivier Libaux L'héroine aux bain » et « Imbécile »), un voyage extraordinaire bourré de personnages, de costumes, de paysages romantiques.

Pas moins de dix musiciens œuvrent au spectacle, un concept où le son est vaste, électro-orchestral, riche et se balade par moment sur des terrains expérimentaux « Valse des objets trouvés ». L'ouverture « Opening » et « Things i forget » qui suit annoncent la couleur, le voyage va être inspiré d'émotions et de sensations.

Ensemble est le projet de Olivier Alary au CV impressionnant. Apparu sur le label d'Aphex Twin, il a ensuite collaboré avec Bjork pour ses structures sonores. Son groupe Ensemble est abrité chez Fat-cat depuis 2005. Sur le deuxième album, il y a Lou Barlow et Chan Marshall. Ici, Darcy Conroy qui chante sur la moitié des morceaux.

Seul petit reproche pour ma part, « Excerpts » est chanté à la fois en anglais et en français, il aurait peut être fallu choisir.
Ceci dit, Le dialogue des deux voix rappelle les belles heures de Superflu ou Holden. Quant au paysage qu'il s'en dégage, c'est du côté de Pram et Brodcast qu'il faut se pencher. Jamais entendu aussi beau depuis « Somniloquy » de Pram 2001. Quelques idées d'arrangements me rappellent les méandres sonores de « L'imprudence », ou « Elusive » de Pressure drop.

Je découvre le monde mirifique d'Olivier Alary avec ce disque. Une nouvelle mission s'ouvre à moi, aller dénicher.
Ce toulousain vit à Montreal, le disque a été conçu là bas. Un album que Dominique A défend, il chante d'ailleurs sur « norilsk », morceau (pas dans le disque) disponible en numérique sur le site de Fat-cat.

Ensemble 2011 « Excerpts » label : fat-cat
http://www.ensemble-home.com/
http://www.fat-cat.co.uk/

échelle de richter : 7,8
support cd
après 3 écoutes

quand on aime : pram; superflu, brodcast; holden...
chronique multi-média ici.

mercredi 16 mars 2011

Josh.T Pearson


Josh.T Pearson est aussi habité que Eugene David Edwards, complètement illuminé par dieu. Et si le leader de 16 Horsepower, à la forme plus violente, est très prolixe pour sa carrière solo (Wovenhand), Josh.T Pearson lui sort du silence avec un premier album solo « Last of the country gentlemen », huit ans après la dissolution de son groupe Lift to Experience.

Les quatre premières années, il les passe a errer, abîmé par l'énergie vaine du dernier album «The Texas Jerusalem crossroads » en 2001. Il joue sur scène avec quelques amis, comme Dirty three, qui lui offre le public, histoire de garder la main. Il écrit, comme une épreuve, un album en 7 jours...comme on créait le monde. Le disque n'est jamais sorti.
Les quatre autres années, il tire un trait sur tout, il vit reclus dans un village texan de 3000 habitants, en ermite.

Il aura fallu quatre ans de méditation, de remise en question, faire table rase de tout, pour faire naître un disque épure, éclatant et céleste. Seul derrière ses cordes, sans aucun accord, Josh.T Pearson vit ses mots sous un doux débit d'arpèges. Juste, le violon plaintif de Warren Ellis (membre de Dirty Three) vient accompagner harmonieusement cette intimité folk.
Avec Gareth Liddiar, c'est la deuxième fois qu'un songwriter vient nous offrir, seul à la guitare, une matinée divine, totalement éclairée sur des longs morceaux élégiaques.
Je pense à Molasses à une époque chez fancy records (alien8recordings) qui proposait la même magie, ou encore le recueillement de John Fahey, Bert Jansch...

Une indécente pose rocking chair majestueuse et introspective.

Josh.T Pearson 2011 « Last of the country gentlemen » label : mute
http://www.joshtpearson.co.uk/
http://www.mute.com/

échelle de richter : 7,9
support : cd
après 2 écoutes
Vidéos ici

mardi 15 mars 2011

Rumer








Une rumeur prétend qu’un tableau fleuri et délicat diffuse en ce moment au beau milieu de toutes les nouveautés musicales. Comme pour confirmer le pollen qui bat son plein et ouvre le bal printanier, un nuage de poussière de fleurs pailletée nous saupoudre l’âme endolorie par un hiver interminable (de plus en plus je trouve).

Blake a encore frappé juste, la rumeur vient de lui et elle n’est pas vaine. « Seasons of my soul » est un album somptueux, printanier, un filtre d’impureté, une classe de pop fraîche, rappelant inéluctablement les inspirations de notes et de vision musicale de Burt Bucharach (référence indiscutable). Un sommet d’arrangement orchestral, des cuivres hyper bien sapés, des cordes outrageusement romantiques et un parfum fleur bleue qui flotte comme un spray de phéromones.

Nous avons déjà eu quelques histoires amoureuses similaires auprès de Feist, Kelly DeMartino, A girl called Eddy, des histoires d’amour passées, et j’ai bien peur qu’ici nous ayons envie d’aller plus loin, d’officialiser cette séduction, cimenter ce coup de foudre troublant.

Un disque magnifique pour le dimanche matin léger, ensoleillé, doux, une thérapie contre l’oppression. Une pièce rare et précieuse qu’on aurait presque envie de garder pour soi-même. Trop tard, nous sommes déjà tous amoureux de la Rumer.
Rumer 2011 "Seasons of my soul" label : atlantic
quand on aime : burt bucharach; feist; norah jones; a girl called eddy...
échelle de richter : 8,6
support : streaming
après une soirée en boucle
.

lundi 14 mars 2011

Akron / Family



Wooden Wand a trouvé avec son dernier album, l'élan inspiré au sein du label Young god records. Akron/Family eux, ont quitté le collectif de Michael Gira, perdant pour le coup ce qui faisait la force du groupe, un gros son, du blues rock 70's mature et cohérent.
A l'image de la pochette kitch digne des plus grands collages bariolés japonais d'Acid Mothers Temple, le son est devenue dilué, à l'inverse des chants peinturlurés. Aussi j'ai cru découvrir un mauvais Black Mountain chanté par Animal collective (période télétubies).

Après une première écoute de « S/T II : the cosmic birth and journey of shinju TNT » (titre faisant aussi penser aux cosmiques Acid Mother Temples que j'adore..disque d'inspiration très japonaise en sorte, rattrapé par l'actualité !!! (je parle de la pochette)), je décide éreinté de m'éloigner un peu du disque et de replonger dans « Meek Warrior » ou l'énorme album folk-psychédélique « Love is simple » en 2007.
Complètement passé à côté, à redécouvrir ultérieurement, peut être.

Akron/Family 2011 « S/T II : the cosmic birth and journey of shinju TNT » label : dead oceans.

http://www.akronfamily.com/
http://www.deadoceans.com/

échelle de richter : 3,2
support téléchargement
après 1 écoute.

Quand on aime : black mountain; animal collective.

vendredi 11 mars 2011

Deaf center




Deux plages de piano esseulé viennent s'immiscer au milieu de drones fantomatiques aussi hantés d'un piano grave time spent » et « fiction dawn »). Puis un violoncelle pleure et danse anxieusement au beau milieu d'une épopée sonore fantastiquement contemplative ("animal sacrifice").
Les formes sont ébauchées, on devine à peine. Rarement un vrombissement sonore n'aura été aussi délicat. Même cette transfiguration centrale grondant à son comble est une caresse the day i would never have »). Absolument déroutant, le nouvel album de Deaf center, "Owl splinters", est un vertigineux voyage immobile à condition de faire le vide autour. Le vide de toute présence et de toute activité...au casque. Le vent qui sévit autour des notes de piano jouée par Otto est soufflé par Erik qui est aussi la tète pensante de Svarte Greiner (présent sur le même label, mais aussi miasmah...). Un combat titanesque entre les abysses et quelques notes volages d'un piano céleste..ou alors est ce une osmose ambiante exacte ?


Ce souffle brûlant est à nouveau convoqué, mais pas seulement, elles sont juste des poussées caniculaires au milieu d'un rêve cosmique et acoustique.

En 2004, Deaf center, duo norvégien constitué de Erik Skodvin et Otto A Torland, lance les hostilités avec un ep inaugurant pour le fait le label londonien Type. Première pièce au tableau pour un collectif qui n'arrête pas d'enfler et d'assurer. Une véritable progression exponentielle pour une contrée où viennent s'entrecroiser de l'électro (socle), de l'ambiant (tendance), de l'expérimental (permanent), du shoegaze (ponctuellement) du drone (plus récemment), du post rock (présence de Gouper) et aussi de la pop (The mountaineer).
Il y a aussi la présence de Sylvain Chauveau, Machinefabriek, Peter Broderick, et personnellement, ma pièce fétiche est « Coin & crosses » de Ryan Teague...disque de chevalet néo-classique expérimental incrusté à jamais.


En attendant, huit après le premier album remarqué « Pale ravine », Deaf Center revient magnifiquement avec l'émotion, l'espace et le mystèrieux.

Deaf Center 2011 "Owl splinters" label : type
www.typerecords.com/artists/deaf-center

échelle de richter : 8,8

support : cd

après deux écoutes

quand on aime : max richter; svarte greiner; barn owl; sylvain chauveau; tim hecker

les vidéo ici.

mercredi 9 mars 2011

REM



Difficile de trouver un temps mort en ce moment. Je ne sais pas où donner de l'esgourde. Lundi, je suis parti au charbon l'air serein avec la certitude d'embarquer dans mon panier à course le nouvel opus de REM, sans aucune crainte de déception, ni de révolution d'ailleurs.

Pas envie de bousculer le monde donc (quelques galettes de début d'année ont déjà travailler à cette tendance), je suis allé chercher une galette d'Athens comme un rencard avec un vieux pote.
Une petite valeur sûre pour ressasser la même philosophie artistique, histoire de tester les repères. Pas de chimère ici, mais pas de futilité non plus. Un très bon disque et des remugles d' « Automatic for the people » avec « Überlin » ou « me, marlon brando, marlon brando and i », un poil accéléré par « discoverer », « all the best », et des bouts d'esprit punk qui ont fait le socle du groupe avec « mine smell like honey ».


Michael Stipes vit près de McCartney, Andy Partridge, Brian Wilson. Il est aussi un génie du couplet/refrain simple et implacable. C'est un perfectionniste depuis 15 albums. Les mélodies fidèlement ciselées ont sans cesse gardé une évidence, une simplicité déconcertante (énormément de tablatures guitares en mineurs facile pour un autodidacte).
J'ai découvert ce groupe grâce à Antoine DeCaune, fan assidu des premières heures et présentant évidemment « Losing my religion » en 90 sur le plateau de nulle part ailleurs. Le groupe à l'époque flottait ici dans l'indifférence la plus totale. Ce fut le déclic, mais le meilleur restait à venir. Aussi , je devais fondre littéralement sur « Monster » (et sa face B « New adventures in Hi-Fi » construit sur de très beaux restes de « Monster »).. l'album le plus atypique. « Green » avait déjà lancé les hostilités avec l'apparition du Ukulélé devenu depuis incontournable. Avant « Green », c'est l'époque punk (ou chevelu) avec des indispensables comme « Murmur », « Reckonning » qui viennent d'être réédités en version Deluxe.
Autre étape importante, le départ du batteur Bill Berry pour raison de santé en 97. L'âme fidèle du groupe fut sentimentalement ébranlée, il devait en jaillir « Up », leur opus le plus profond, flippé et sombre. Un autre chef d'oeuvre.
C'est assurément le groupe indispensable que je passe le plus souvent, un REM pour la route, naturellement. « Around the sun » est le disque le plus easy listening que je connaisse, et les deux doubles albums live de Dublin sortis en 2007 (au point depot) et 2009 (à l'Olympia) sont de véritables cadeaux instantanées au track-listing impressionnant.



« Collapse into now » démarre à toute berzingue comme une transition au précédent « Accelerate » que j'ai beaucoup apprécié à contre courant des critiques unanimes. Puis on plonge avec « Überlin » et « Oh my earth », la magie envoûtante, fidèlement interprétés par le timbre sublime, l'ivresse d'une petite houle qui tangue. La magie opère, dans le lyrisme mélodieux et le celtique, la fibre et le fil conducteur de toutes leurs plus belles chansons. « Blue » termine sur une touche expérimentale, avec un récit de Stipes, un chant de Patti Smith et un tempo lancinant sombre comme un morceau de « New adventures in hi fi ». Les dernières notes de guitares revient sur le thème initial de « Discoverer ».


Pour les fans inébranlables.


REM 2011 « Collapse into now » label : warner
http://www.remhq.com/

échelle de richter : 8,5
support : cd
après 4 écoutes

Les vidéo chez Les frères du son.

mardi 8 mars 2011

Thiefaine / Souchon





Petite transition noir et blanc d'inspiration de pochettes croisées. Deux styles différents mais deux langages cruciaux pour l'histoire de la musique d'ici.
En ce qui concerne les albums, j'avais 16 ans et je confondais obstinément les deux pochettes dans les bacs.
Si je ne suis Thiefaine que depuis cette époque, j'avais Souchon dans ma pile de disques depuis que la p'tite Bill elle était malade.
Ceci dit, je suis resté avec l'idée associée de ces deux opus, dans la forme et le fond (et le son).
Découverts en même temps, je me repasse nostalgiquement ces deux disques avec un trouble palpable, surtout pour « Meteo für nada » qui ébranla pas mal ma discothèque d'alors (« affaire Rimbaud » ma préférée). Mairet atteignait ici les vapeurs sombres d'un Robert Fripp période Discipline (« Bipède à station verticale »).

La seule différence est que le millésime Thiefaine 86 est ma préférence pré-tentation du bonheur, un véritable chef d'œuvre osmotique, et que Souchon 87 est celui que j'aime le moins, ce son là ne lui sied pas.

Hubert Félix Thiefaine 1986 « Mété für nada » label : CBS
http://www.thiefaine.com/

Alain Souchon 1985 « C'est comme vous voulez » label : virgin
http://www.alainsouchon.net/




Un petit ajout de pochette similaire soufflée par David qui me chante Thiefaine au téléphone. Un autre cabochard que je connais beaucoup moins, ce disque en tout cas.

François Béranger 1989 "Dure-mère".
www.ramdam.com/bio/francois-beranger-biographie/

dimanche 6 mars 2011

Noir dimanche : Smog; Veirs; Songs:ohia; B"Prince"B


Thiefaine est arrivé sur les courbatures de « Let England shake » (pochette noir et blanc aussi). Convalescent, j'ai repris une méga dose de fébrilité en version spleen.

Pour reprendre une allure à peu près potable au milieu du débit humain qui m'attend demain, j'ai passé mon dimanche à fuir Thiefaine volontairement et à regrouper des pochettes noires cultes de mon coin musique pour ne pas trop m'en éloigner non plus.
Ces quatre albums préférés d'artistes fameux qui sont sortis à l'encre noire, me sont apparus comme une évidence, comme leurs meilleurs finalement. Ils sont passés à la postérité des folkeux les plus renommés. Je les adore, et comme « Suppléments de mensonges » m'a rendu très bavard, voici lâchées sans développer, ces quatre pochettes de mes monuments dominicaux qui pourtant mériteraient chacun une chronique.

Assurément mes préférés discographiques pour chacun d'entre eux : Noir dimanche post-thiefaine.

Smog 2001 « Rain on Lens » label : domino
www.myspace.com/smoggertone


Bonnie « Prince » Billy 1998 « I see a darkness » label : domino
http://www.palace.free.fr/

Songs:Ohia 2000 « Ghost tropic » label : secretly canadian
http://www.magnoliaelectricco.com/


Laura Veirs 2004 « carbon glacier » label : bella union
http://www.lauraveirs.com/
Un petit clin d'oeil à Francky qui aime le graphisme des pochettes.

samedi 5 mars 2011

HF Thiefaine (3 ème et dernier volet)





Enfin vient l'heure des chimères, il est temps de vouloir refaire le monde solennellement. Les têtes raides ont montré le chemin, Thiefaine va achever d'injecter à l'heure qu'il faut la sève spleen, le carburant délétère pour « rêver d'avoir été », et « finir par tomber » encore un peu plus. Et si le jour se plombe, la démission s'évapore pour des rêves imprudents, c'est l'heure de trafiquer le soupirail, d'en faire une verrière ouverte vainement sur nos orages.
Si Kanche vient soumettre mon désespoir de n'avoir connu Léo Ferré de son vivant, Thiefaine vient , discrètement consanguin, tenir la flamme, brandir l'oriflamme. C'est un peu l'heure d'être un bipède à genou, athée en prière... un peu tard pour commencer, un peu tôt pour mourir un peu plus.
Les noisetiers lâchent leurs poussières fécondes et la canneberge attend son tour. Ces haies inutiles d'Ericaceae couvertes de chiendents nous parfument tout autant. Et si l'arbre majestueux de Dole n'a plus sa reine claude, le tronc envoit la sève comme jamais depuis qu'il a perdu ses fruits et que le bonheur l'a tenté. Je lâche prise, je glisse, je léche le zinc, et suce la pompe à bière pour me souvenir de nos « ruelle des morts », et malgré les tendons fébriles, je reste debout à hurler quelques hymnes farfadets et vouloir « donner son âme à un clown » pour ne plus voir cet « étranger dans la glace ».

Léo Ferré de qui il chipa la solitude à son zenith. La solitude, et le silence, cette nouvelle jouissance de rocker meurtri, ou plutôt ce luxe incommensurable happé par les artistes consciencieux. Le silence, cet instrument qui à coup sûr à recardé un art fourvoyé par le marasme et le flip.






Un coffret récapitulatif, une récréation avec un des plus grand guitariste d'ici (Paul Personne), un disque écrit dans l'anthracite et perdu dans le composte discographique (« Itinéraire d'un naufragé »), et au bout, un « Suppléments de mensonge » qui arrive sans crier gare.. et nous, complètement fébriles et pas loin du fond non plus, on invoque. Thiefaine, c'est ça, plus viscéral qu'épidermique, en souterrain à collectionner les disques d'or.

J'ai déjà avoué ma frilosité à parler des auteurs français à la langue bien chargée. Le Thief en est un, il en reste peu, on s'accroche avant qu'il y en ait plus.. Il est coincé entre un Léo Ferré en pétard, et un Bashung populaire. Et pour preuve, on parle de ce disque comme sa « Fantaisie militaire » à lui. Il ya même du "Bleu pétrole " et "tant de nuits" encore. Et la pochette ?!! c'est pas de "L'imprudence" noire ?? A défaut de recevoir en soin palliatif cet itinéraire volatilisé, on garde espoir et on reprend un peu de mensonges .. en supplément puisque « Les étoiles n'ont plus de discours ».






Les musiques arrivent d'ailleurs, puis les mots dégoulinent sur les notes avec sa verve opulente habituelle. La musique fraîchement moins rock dans la forme se prend des teintes de Calexico dans la maison tellier, acoustique. Normal, Armand Melies, JP Nataf, La Casa y trainent leurs airs magnifiques. La voix caverneuse se dilue. La nostalgie pointe le bout de son clocher. Trop rare pour ne pas le remarquer..le Jura, Dole et la ruelle aux morts, des framboises que l'on suce et qu'on dévore.




Il faut vous dire que je ne suis pas un Thiefaine pure
souche, je suis entré plein pot dans ses mots avec « pulque mescal y tequila » en 88 (c'est un peu la même chose d'avec Bashung.. je l'écoute depuis Novice seulement, mais avec une force terrible). Mairet, son double, tournait dans la sphère du Thief pour la dernière fois. J'ai déjà avoué aussi ma fascination des collaborations, des duos mythiques. Celui-ci en est un, mais je suis un enfant de leur séparation. Les forums actuels ne parlent que de ça, je n'étais pas là, et je n'ai toujours pas fouillé dans son passé, les dernières balises ne sont toujours posées chez moi, j'ai reculé jusqu'à la zone chaude de la môme, pas plus, juste un album avant.. Il n'empêche, depuis deux décennies HFT est un artiste récurent à mes heures les plus intimement secrètes, quand on a pas envie de se sentir trop seul au fond.
Je me souviens ado des fans irréversibles qui se revendiquaient du Thief. Et puis David ma « favorite », mon frère d'âme invoqué au deuxième volet l'aime plus que tout, depuis belle lurette. Il aime les individus comme personne d'ailleurs. Il écrit des romans sur les hommes entre eux, sur les êtres qui vibrent, des histoires d'amour. Mairet dans son calepin, il me raconte et moi je plonge, j'écoute goulument..et je glisse.

Il est déjà demain, ça fait combien de fois que ces mensonges passent ? Je ne suis pas dupe, et pourtant je suis encore éveillé à y croire.



Hubert Félix Thiefaine 2011 "Suppléments de mensonge" label : sony
http://www.thiefaine.com/

quand on aime : léo ferré ; bashung
échelle de richter 8,9
support cd
après 12 écoutes ( et plus pour 1,2,3,5,6,7)



vendredi 4 mars 2011

Les têtes raides (2 ème volet)



Le soleil est déjà bien bas, il ne persiste pas encore des masses à cette époques même s'il lutte sous les chants nouveaux des merles. De toute façon les après midi claires ne servent pas à grand chose, une transition à, un creux à attendre que le jour décline et que l'inspiration vienne. Ou alors c'est moi qui suit à l'envers.
« Ode à la nuit » en attendant qu'elle arrive pour pouvoir commencer, commencer la journée avant « l'an demain ». Les Têtes raides débarquent avec leur cargaison de frissons et ce passé épidermique d'humanité. Et voilà, c'est parti, « fulgurance » vient donner le feu vert pour une journée presque achevée qui commence. « L'an demain », comme « Je chante » sur gratte poil appelle aux larmes dès les premières secondes. D'ailleurs, cette apparition 2011 est la meilleure depuis « Gratte poil ».

Charluzinc en masque c’est pas pour rien. Pas trop skyzo, plutôt intro. Vous ne vous êtes jamais demandez pourquoi Charluzinc ?? Charlu c’est perso, mais pour le zinc on devine facile cette attirance pour la musique de bistrot. Accordéoniste, cordes sèches, pintes, textes anards et rencontres pour refaire le monde; métissage de textes et de bal musette représenté dans les hauteurs par les Têtes raides depuis 88. « Je chante » en drapeau (noir), la discographie du collectif métropolitain reste assez époustouflante. On aime ou on déteste. Nous on aime, je dis nous, ma tribu, Charlo Juju et les autres. Et puis des wagons de zinc ont chaloupé mes pintes depuis deux décennies, Debout sur le Zinc, Les Ogres, Les hurlements de Léo, Loic Lantoine, et puis les moins connus, Rue de la muette, Padam, et plus près encore, David mon âme soeur, à la tète de La Brinche ...
Cet étourdissant manège de mots, de cuivres, de vents, de cordes et de fraternité revient en force avec ce groupe puissant. Il faudrait des pages entières pour raconter.
C'est pas nouveau, ça fanfaronne, ça milite comme d'hab, mais c'est très bon, beaucoup plus aéré. Seule la pochette change, elle n'est plus des Chats pelés, mais de Richard Dumas pour la photo , la tronche de Christian Olivier à défaut de son graphisme partagé.

Les têtes raides 2011 « L'an demain » label : tôt ou tard/mon slip.
quand on aime le zinc
échelle de richter : 7,9
support : cd
après 2 écoutes

jeudi 3 mars 2011

Hubert Mounier


Il faut bien se rendre à l'évidence qu'ici sur l'hexagone, la récolte 2010 fut un poil maigrichonne. Deux mois ont passé et déjà quelques remouds viennent me dérober le sol. Voici, au fil de la clarté, la longue descente sentimentale d'une journée, trois découvertes au rayon chansons françaises:

Il y a du soleil dehors, sûrement depuis longtemps, une grasse matinée bien épaisse m'a déjà privé de quelques heures radieuses, alors pour prendre le train en route, je décide de m'atteler à la découverte du nouvel opus d'Hubert Mounier. De toute façon, après la caféine c'est la platine.

« La maison de pain d'épice », comme une légère prémonition à l'ensoleillement soufflé par la pochette sucrée et l'appétence du gars à œuvrer gaiement. Une tranche de pain au miel parfumé de cannelle et de girofle pour la petit dèj de midi avec un café xxl, le troisième, noir comme la pochette. On connaît tous Hubert sur sa chic planète, mais c'est le réveil qui est batte ici, une collection de chansons dans le sens du poil, idéale pour l'anticyclone qui éclabousse. La voix dévie vers Sheller, l'ambiance Beatles est maîtrisée par Biolay et l'esprit pop français frôle le dernier opus de JP Nataf que nous avons adorés en 2009. « Rien de mieux à faire » que de laisser couler les instants gracieux et légers.
Hubert Mounier 2011 " La maison de pain d'épice" label : naïve
quand on aime : sheller, jp nataf
échelle de richter : 6,9
support : cd
après 2 écoutes

mardi 1 mars 2011

Wooden Wand



James Jackson Toth est un autre trublion psychédélique acoustique. Sous le nom de Wooden Wand, il a autoproduit une grande quantité de cassettes et Cd-R avant de sortir deux superbes albums sur différents labels. « Harem of the sundrum and the witness figg » en 2005 chez sotf abuse, puis « Second attention » en 2006 chez Kill rock stars, un peu plus électrique et sous le nom de Wooden Wand and the sky high band. D'obédience Zimmerman, Ben Chasny et In Gowan Ring, Wooden Wand se perd dans son country-folk apocalyptique, un song-writing traditionnel barré et étincelant.
On se rapproche de la lumière avec son dernier ouvrage « Death seat ». Un fois de plus Michael Gira ouvre ses portes, accueille et intègre. Son art se purifie sous les éclairages tamisés de Young God records.
James Toth est l'alias de beaucoup de noms, dont le plus connu en présence de sa compagne Jessica Toth, Wooden Wand and the vanishing voice. WW nu est accompagné ici des restes du Cerberus Shoal, œuvrant chez Gira sous le nom de Fire fire.

Ce disque est somptueux, clair, affecté, toxique, bouleversant comme un Birch Book. Sa voix comme contaminée avoisine étonnement celle de Gira (on dirait que c'est lui qui chante sur « sleepwalking after midnight »et "servant to blues"), Dylan par moment et Nick Cave quelquefois (le superbe « Ms Mowse »). La présence d'une multitude de musiciens fait déguerpir la rugosité rustre de ses productions habituelles. Une très belle orchestration acoustique opulente aux arrangements limpides et prestigieux.
Voici donc un admirable virage opalescent qui j'espère va propulser sa visibilité vers une carrière plus méritée.
Un petit séjour dans les profondeurs des bocages normands m'aura suggéré quelques écoutes, les plus boisées du moment.

Wooden Wand 2011 « Death seat » label : young god
www.younggodrecords.com
www.myspace.com/woodenwand
quand on aime : birch book; michael gira, bob dylan, six organs of admittance

échelle de richter : 8,75
support : cd
après 3 écoutes.

le petit bijou du disque :

Chronique multi-média ici.