jeudi 24 février 2011

Tim Hecker



« My love is Rotten to the core » est venu perforer ma docilité musicale en 2001, m'attirant, happé et subjugué, sur les terres lourdes et sombres de l'ambiance drone. Ce disque, c'est l'apparition discographique de Tim Hecker seul, il venait alors de glisser des Godspeed vers Subtractive records, une arborescence d'Alien8recordings, elle-même branche toujours bourgeonnante de Constellation. Ce mini album est venu exprimer son vrombissement humain électroniquement métissé d'Aphex Twin avec lequel il a collaboré. Quel chamboulement, quel choc et je ne devais plus quitter ce paysagiste ténébreux, ancien membre du groupe électro-ambiant Jetone. « Mirages » (superbe album) en 2004 est venu confirmer irréversiblement le pacte.

Timothy.D Hecker est canadien et son dernier album « Ravedeath, 1972 » sort ces jours-ci, l'évènement est de taille et l'émotion palpable. Si Barn Owl oeuvre dans les sphères cosmiques, Tim Hecker lui reste à portée d'écorce terrestre. Ses nappes sont urbaines, venues d'un monde parallèle proche. Tout en imposant une altitude et une teinte, il laisse juste ce qu'il faut de liberté pour se procurer son propre paysage, ses propres fantômes.


Tout part d'un trouble, d'un nébuleux endroit obscur, puis peu à peu tout se structure, s'affine et devient plus net. Les nimbes se dissipent et nous voyons dans la pénombre, nous entendons les orgues vibrer. Une éclaircie passagère, puisque tout se brouille à nouveau et pénètre le monde abyssale de Nadja ("in the fog III").
De ce groupe, il y a cette preuve voisine d'avoir tonné sous le même toit, mais aussi cette emprunte co-écrite avec un autre paysagiste moribond et leader de Nadja , Aidan Baker. Fantsama parastasie»). Le noir se reflète et brille dans cette encre visqueuse musicale que seuls quelques timides réverbères éclairent outrageusement. Un peu plus haut, « hatred of music » happe en géo-stationnaire, avant de replonger dans les abysses brûlants « analog paralysis, 1978 ».



Une véritable cathédrale sonore perfore les enceintes, et c'est sur l'intro de « no drums» que les esprits sont les plus lucides. Chaque album monte en puissance et le drone apoastre tient tète à toute force naturelle. Combat titanesque avec les éléments. Une musique abstraite pour un monde qui ne l'ai pas tant que ça. Les instruments sont discernables, ils flottent dans cette texture lourde et épaisse. Le drone est une science musicale qui promène ses degrés aussi bien sur une échelle pondérale qu'en altitude. La vitesse aussi entre en compte, celle centrifuge qui plaque le son en mouvement métallique contre les parois d'un puit profond, une prospection circulaire, haute et pesante.


Tim Hecker depuis trois albums Harmony in ultraviolet » et « An imaginary country ») semble se plaire chez Kranky, un label qui lui va bien, laissant Alien8 à ces nouvelles turpitudes trash et aux fraternelles textures d' Aidan Baker qui vient de sortir un époustouflant « liminoid/lifeform ».

Il est question de brouillard, de suicide, de paralysie et d'air : "Ravedeath, 1972", la bande son.


Tim Hecker 2011 "Ravedeath, 1972" label : kranky


échelle de richter : 8,88
support : téléchargement
après 3 écoutes.






Chronique multi-média ici.

mardi 22 février 2011

Julia Stone




Après avoir littéralement succombé à « A book like this » en 2007, mes grimaces ont accompagné la première écoute de « Down the way », la deuxième mouture d'Angus & Julia Stone. Encore froissé de la surproduction balayant l'insouciance pure des premières heures, je suis resté frileux à vouloir écouter « The memory machine » , le travail esseulé de Julia Stone, complètement conforté par la pochette effrayante.

Une fois de plus, mes amis de la toile sont venus balayer mes préjugers et j'ai écouté soupçonneux les chansons de la belle Australienne (il fut pas mal question d'Australie ce week-end, manque que les Bee Gees).

A la première écoute de cet opus, je soupçonne que les fervents défenseurs de « Down the way » ne connaissent pas « A book like this » . Cette nouveauté à la couverture pas terrible donc, est un retour radical aux origines pas si lointaines. Ainsi « maybe » reprend la formule vierge où nous les avions découvert. Oui, mais cette fois-ci elle est seule et nous frôlons, malgré sa touche personnelle, les arcanes délicieux de Hope Sandoval, Mazzy Star et en substance sur « catastrophe! » la pétillance malicieuse de The Gentle Waves sur le sublime « Swangsong for you ».

C'est assez émouvant, comme un remède au tumulte discographique qui agite le monde artistique des deux Stone depuis quelques mois. Retour seul, mais gagnant. Délicieux moment d'intimité et de petits frémissements mélodieux.


Julia Stone 2011 « The memory machine » label : nettwerk
www.myspace.com/juliastonemusic

Quand on aime : jennifer charles; hope sandoval; isobell campbell.


échelle de richter : 8,1
support : streaming
après 2 écoutes




Julia Stone - Maybe

chronique multi-média ici

lundi 21 février 2011

Bande son dominicale

PJ Harvey est venu mettre le désordre dans mon cerveau, exploser ma discothèque... éparpillée, il a fallu tout ranger, et après m'être attardé sur quelques vieux disques, j'ai groupé quatre nouveautés pour un dimanche calme et paisible..la bande son:



Jim Yamouridis est né à Melbourne, d'une famille grecque expatriée dans cette grande métropole australienne, vaste terre d'accueil et deuxième ville Grecque planétaire. Il a tout appris de la musique là bas, avec une pointe de tradition. Si le clan Yamouridis rejoint les contrées grecques, Jim lui assouvit un fantasme fou et radical de venir revivre, repartir à zéro dans le massif central, pas loin de Jean-Louis Murat, autre baladin au blues épidermique. Et sa musique pourrait se résumer à ce parcours original, un blues folk épuré piqué de tradition grecque.
Il est projeté sur scène par le biais d'une première partie de Belle & Sebastian en 2008 pour revendiquer « Travelling blind » , l'album de l'époque.
PJ Harvey séduite, a repris « The rider » de ce disque, pour une session live en compagnie de John Parish, pour le reste c'est discrétion absolu. «Into the day » notamment sort ces jours-ci dans une surdité unanime.
Sa voix flotte sur les mêmes basses que Leonard Cohen ( parfois Johnny Cash), et la musique ressemble aussi à ce résident Grec canadien, avec en plus cette touche de clarinette qui ondule et offre un léger côté exotique, et « putain le mec à la clarinette, c'est pas un manchot ».

Jim Yamouridis 2011 « Into the day » label : starlight walker
échelle de richter : 7,1
support : cd
après 3 écoutes




L'Australie encore avec l'escapade d'un membre de The Drones, Gareth Liddiard. Il a nettoyé sa musique des rugosités du groupe. Les guitares incisives ne sont plus et le folk/pop/songwriting proposé ici est totalement atypique, destructuré et contemplatif. Le format classique vole en éclat et l'exigence des compositions offre une collection de longs morceaux époustouflants (balades entre 7 et 16 min). Son chant approche les vibrations d'Ozzy s'il était devenu un jour fan de Bob Dylan. Seul avec sa guitare, les hymnes défilent avec une envergure Neil Young, et le temps s'arrête sur « you sure ain't mine now » de 10 min.
A défaut de na pas avoir encore écouté le nouveau Deerhoof, je prends la température du fameux label ATP, laissé en friche depuis quelques temps. Et les nouvelles sont bonnes.

Gareth Liddiard 2011 « strange tourist » label : ATP
échelle de richter : 8,6
support : cd
après 2 écoutes reigieuses






Un autre évadé qui n'a gardé lui aussi que l'essentiel de sa musique. Laissant la recette implacable d'une brit-pop aux refrains entêtants, Ben Ottewell s'isole avec sa voix légendaire et sa guitare, pour un album beau, enlevé et lumineux. B.Ottewell, c'est l'âme de Gomez qui fit exploser les compteurs fin 90's. Une petite pose paisible de pop poétique et humide.

Ben Ottewell 2011 « shapes & shadows » label :ATO
échelle de richter : 5,2
support : cd
après 2 écoutes



Une paix surannée, un folk limpide à l'ombre de Nick Drake jaillissent du dernier album de Johan Asherton. Les couleurs sont tendres, l'air légèrement salé et la vibration romantique. Sa voix proche de Nick Cave, Cohen et Yamouridis donc, chante depuis dix albums dans l'ignorance la plus totale. Sa discrétion n'a d'égale que son dandysme de troubadour qui avance à pas feutré. Elle est aussi incarnée par la sobriété absolue de l'emballage. Une simple pochette cartonnée comme un disque promo sert de refuge à ses onze reprises. J'ai découvert Asherton avec le sublime « Trystero's empire » 2000, son huitième album, sans rien connaître de lui, même pas de nom. A l'époque j'ai été embringué par la pureté de « Seer », et les hanches rondes de « Carlotta ».
Il est Français, il chante en anglais, sa culture, c'est Bolan, Dylan, Townes Van Zandt, Tim Hardin, Gene Clark qui lui vont à merveille. Il les reprend tous dans « High lonesomes ».

Johan Asherton 2010 « high lonesomes » label : edk
échelle de richter : 8,3
support : cd
après 5 écoutes

samedi 19 février 2011

Barclay James Harvest 1979



John Lees réédité m'a amené à écouter quelques BJH. Je me suis attardé sur une pièce atypique pour un groupe, qui malgré ma passion sans borne, a manqué de charisme pour devenir incontournable.

« Eyes of the universe » en 1979 est un tournant radicale.
Extrêmement moderne, il accentue encore plus l'effet synthé. Avec « XII »en 78, les anglais se sont envolé dans le cosmos près des super nova organique. En 79 donc, ils reviennent en soucoupes volantes et un son kraftwerkiens étourdi de guitares cosmiques.
Paradoxalement, ce disque assez organique arrive au moment où le clavier Woolly Wolstenholme quitte le groupe. L'ensemble est assez rock, beaucoup moins cool que tous les précédents, comme une sorte de chaos opportun qui en fait un disque exceptionnel, avec enfin une envergure charismatique.




« love on the line » comme une ouverture symphonique exclusivement concentrée sur les claviers voit incarner la pochette à merveille. On embraye aussi sec sur « alright down get boogie » à toute vitesse. « the song » enchaine sans pause, comme un disque concept et on plonge dans le monde romantico-mélancolique de Les Holroyd qui m'embarquait adolescent. Les ovni flottent au dessus des cimes, sans bouger... et on plane avec eux. « skin flicks » comme un étonnant rock progressif hispanisant dépose John Lees dans un trip quasi expérimental extrêmement riche. Un morceau à peine croyable de qualité quand on pense au flop du disque. Non content de balancer un morceau génial en fin de face A, il envoie en intro de face B un morceau rock sombre en deux temps.. intro lacrymale et trouble au son divin, puis l'enchainement torride d'un refrain au galop. Tube pop pour Holroyd avec « rock 'n'roll lady »..ça marche, tranquille ( pas loin de rock'n'roll star »), comme « capricorn » qui suit avec quelques rebondissements rythmiques, typiquement Lees. Le final, « play to the world » typiquement Holroyd aussi, sur le lignée de « the song » termine l'album sur une symphonie synthétique avec une superbe intro, comme a saura le faire les Bee Gees en 1981 avec « who you are » sur l'album « Living eyes ». Slow, guitare, synthé, tout planen à outrance.




Après cet album, plus rien ne sera comme avant pour Barclay James Harvest. Ils vont enchainer sur quatre disques à succès, laissant celui là aux oubliettes, aux inconditionnels. « Turn of the tide » récupérant le principe de synthé, mais à but plus commercial, plus lisse. Puis, en trois ans, trois albums, « Ring of changes »; « Victims of circumstance » et « Face to face » en 1997 pour aboutir à un live « Glasnost » qui ne se placera pas au niveau mythique de « Berlin » en 1982.
De 1997 à 1990 pour aboutir à ce qui est pour moi le dernier album de BJH. Un grand disque « Welcome to the show », avec au bout, le Zenith pour moi, l'aboutissement. Le reste n'est qu'anecdotique.

Sur « Eyes of the universe », le papillon n'est plus, pour la première fois de l'histoire (et la seule). Wolly s'est envolé, un symbole à coup sûr, un rebondissement en tout cas, avec un disque puissant et atypique.
Je pense pour le coup à « Up » de REM, un disque terrible juste après la séparation d'avec le batteur original.

Barclay James Harvest 1979 « Eyes of the universe » label : polydor.
http://www.bjharvest.co.uk/

vendredi 18 février 2011

Tom Petty


Transition idéale pour parler de la tuerie 2010 de Tom Petty.

Sur la pochette, comme une affiche de cinéma, un gang, des baroudeurs prêts à tous les casses possibles. Ils viennent de le faire le casse. Les Heartbreakers viennent de balancer une dragée à pas mal de disques présents dans les bacs depuis quelques décennies. « Mojo » est un brûlot irradiant qui alterne Reggae don't pull me over »), Rock high in the morning »), hard (« i should have known it »), pop, folk (« us »), balade (« the trip to pirate's cove ») et blues (« jefferson jericho », « taking my time »..).
Les mecs autour de Petty sont très bons, Mike Campbell aux manettes et ils balancent la purée. Sa voix proche de Bob Dylan (« Candy ») change à chaque morceau.



Il faut une bonne chaîne bien chaude en basse pour retranscrire le jus, ainsi « runnning man’s bible » est devenu une drogue pour la mienne, le matin avant de décoller et d'affronter la cohue.
« first flash of freedom » ressemble à du Cream, et le final « good enough » une balade colossale sur les chemins de Gary Moore qui vient de disparaître.
Un disque bien au dessus de sa discographie.

Tom Petty and the Heartbreakers 2010 « Mojo » label : reprise
échelle de richter :8
support :location
après 5 écoutes.
Quand on aime : eric clapton (période 461 bd ocean), bob dylan, jj cale, cream, gary moore, peter green, john mayall



Jeff Lynne




« Cloud nine » le cru 87 de George Harrisson a toujours été ma préférence discographique du troisième scarabée. Estimé un poil au dessus de « All thing must past », je suis resté collé à ce lyrisme pop à la production particulière. Est ce l'effet Jeff Lynne qui fait de ce disque nostalgique et revigorant un chef d'œuvre, ou est ce un pic d'inspiration merveilleusement mis en boite par le cerveau d'Electric light orchestra ?
« Flaming Pie » en 97 est considéré par beaucoup de spécialistes, comme un des meilleurs albums de Paul McCartney. Lui a toujours été transcendé par les collaborations : Lennon, Laine, Youth ou Costello. C'est Jeff Lynne qui ici est venu poser ses accords folk stratosphériques sur les compositions du génie pop, récupérant bluffé, l'arrangeur opportun de « Free as a bird », l'inédit sismique des Beatles publié à la même époque.



Roy Orbison en 88 a dézingué sa carrière de crooner rockabilly avec le seul album digne d'un icône rock, « Mystery girl ». Jeff Lynne aux commandes semble insuffler un air vivifiant à l'interprète de « pretty woman ».


Tom Petty, il faut le dire, commençait sérieusement à tourner en rond autour de quelques disques moyens, lointains. En 1989 et 91, Jeff Lynne a pris son talent sous son aile et à fait mijoter les superbes chansons de « Into the great wide open » ( « Full moon fever » en 89).



Les Travelling Wilburys (une des plus grande récréations pop de l'histoire), à un Paul près, rodent autour de Jeff Lynne. Une grande famille (excepté Dylan, qui a l'époque a préféré revenir au devant de la scène sous les manettes de Daniel Lanois) et un visionnaire sonore qui gère et inspire les artistes qui s'en empare pour concéder leurs meilleurs albums.

Jeff Lynne en personne a sorti en 1990 un grand disque très difficile à se procurer. « Armchair theatre » slalom entre pop, rock, balade, rockabilly, le tout embelli d'une belle enveloppe sonore qui lui est fidèle. Il est ce son particulier des grandes envolées de guitares folk et de la batteries sèches, des cuivres, des choeurs, et évidemment un effet Electric Light Orchestra en paysage. Cet opus, tout comme la voix, est très proche de « Cloud Nine », sorti trois ans auparavant. Tous ces disques sont rangés au même endroit, pas très loin des Beatles (Macca et Harrisson), avec en fer de lance ce petit bijou précieux à sortir dans les grandes occasions.





Après la touche T Bone Burnett, un autre arrangement particulier. Ecouter tous ces disques là revient en gros à décortiquer les deux volumes des Travelling Wilburys, le I et le III.



Jeff Lynne 1990 « Armchair theatre ». label : reprise
www.jefflynnesongs.com
échelle de richter : inclassable
support tout vinyle saud Flaming pie cd.
après milles écoutes.



jeudi 17 février 2011

Edie Brickell / Teitur




L'avantage avec ce genre de disque qui vous arrive comme on tombe amoureux, c'est la pause, l'arrêt du flux pour un moment. Même si je suis affamé de musique, je n'arrive pas toujours à être colinéaire aux flot de nouveautés. Souvent, pas trop moderne donc, j'ai tendance à dévorer au hasard du temps, zigzaguer jusqu'au disque qui colle. La baffe. Oui je suis toujours en Angleterre avec la chair de poule et l'esprit ahurie.
PJ Harvey est une de ces artistes qui calme naturellement l' « enthousiasme diffus et volatile » et « l'intensification du renouvellement » culturel. Je me pose donc, comme un alibi, quelques instants au « bord du flux » pour devenir monotache passionné à savourer, comme quand je passais des jours entiers sur la seule nouveauté acquise.





Deux disques aujourd'hui, pour m'extirper de mes obligations affectives, sont venus comme une tentative de diversion distraire quelques instants d'écoute, comme on allume la radio..et je m'en excuse auprès des auteurs...la tète ailleurs, ou cette concurrence impitoyable dont je parlais.

Deux albums léger, agréables que la pochette relie comme une coïncidence,un thème canin.

Teitur 2011 « Let the dog drive home ». Teitur Lassen nous avait habitué à des disques dépouillés, un folk divin à la Ron Sexsmith. Le son a changé ici, sirupeux, très travaillé, légèrement électro, un peu comme s'il était parti faire un tour chez Morr music.

Edie Brickell 2010. Rien écouté d'elle depuis « What i am » quand les nouveaux Bohémiens trainaient autour d'elle. Entre Alanis Morissette et Suzanne Véga. Attiré par le tube « Pill », j'ai laissé défiler tout le disque sans broncher.
Deux disques pas importants, assez bons, ..je suis en convalescence.
Dans la même direction, sur les mêmes chemins à marcher sans cogiter, des petits airs trainent comme une vague annonce de printemps.




échelle de richter : 4,3
support : cd d'occas
après 1 écoute

échelle de richter : 5,1
support : streaming
après 1 écoute

mardi 15 février 2011

Jean-Louis Murat .... & Polly Jean



Nu dans la crevasse, je m’enlise à ressasser PJ, complètement corrompu par ses nouvelles chansons. Les ventricules en syncopes, je gis au fond de l’eau. A me précipiter sur mes phrase à brûle pourpoint pour témoigner à chaud d’une première écoute concentrée, j’ai aseptisé mes sentiments.
Je ne me dépêtre pas de ce disque et ce n’est qu’un début. Une bonne dizaine d’écoutes depuis, mon affect délabré je glisse et ne remonte pas…nu dans la crevasse. Blake a perçu la faille et m’a guidé vers son concert diffusé sur Arte live web. L’exultation fut à son comble avec en plus l’étrange sensation que mon cerveau est sans cesse à l’affût de ce genre de chaos.
Histoire de garder contact avec la réalité, pas trop loin non plus, je m’impose un remède tout en restant dans ses étoffes.



« Mustango » de JL Murat. Je ne sais pas si c’est son meilleur album ( il y en a tellement de lui qui optent), c’est en tout cas une pièce charnière de sa carrière. Anéanti par les efforts gigantesques à peaufiner le son de Dolores, Murat a enregistré trois après, un chef d’œuvre qui compte désormais dans l’histoire du rock français. D’un seul coup il affiche son dégoût pour les longs stages en studio et opte pour le live, le fondamental, le son Lo-Fi. Et le vital luit comme jamais, Murat est depuis devenu notre JJ Cale, Neil Young et Calexico à la fois.
« Nu dans le crevasse » sonne même comme un Dylan rempli de désire.







Et la belle est toujours là, avec ses mantilles promises plus angéliques que jamais, des plumes aussi en coiffe, du fastoche, des lilas cramoisis, le rouge sang d’une autre époque, c’est le blanc opalescent qui jaillit maintenant. Le monde s'arqueboute, l'Angleterre n'est pas la seule secouée.
L’âme toujours picoté, je sifflote maladif « on battleship hill ». Je n’userai point d’espadons, puisque PJ ne pâme qu’en chanson.



Jean-Louis Murat 1999 "mustango" label : labels



dimanche 13 février 2011

PJ Harvey


Une fnac de province a posé « Let england shake » sur ses promontoires avant l'heure (le seul moyen de me faire acheter un album dans cette boutique). Sortie officielle demain, je me retrouve depuis hier soir avec cette nouveauté très attendue et qui va à coup sûr créer le buzz, la sensation. Flatterie dominicale, anticipation opportune, petit plaisir perso avant la grande distribution, je me déguste cette petite merveille sophistiquée, muselant pour le coup, tout autre disque.
Polly Jean Harvey est devenue une icône, une entité artistique qui surfe sur les genres, diversifiant les albums. Celui-ci assurément restera son plus alambiqué. En valeur sûr, en magicienne pop, elle s'octroie la grande liberté de rompre sa discographie une fois de plus. C'est magnifique, c'est fascinant , c'est fort, puissant, fin et extrêmement intelligent. C'est Anglais, historique et particulier, et avec ses fidèles comparses John Parish et Mick Harvey (ce trio est la base du disque), elle remet les choses à sa place et propulse la concurrence sur des terrains impitoyables. Une artiste sans compromission aucune.
Le trouble est total. « England »; « On battleship »; « hanging in the wire »... magnifiques, « All and everyone » un sommet aux cuivres graves.

PJ Harvey 2011 « Let England Shake » label : island
échelle de richter : 8,99
Support cd digipak
après 1 écoute pendant la rédaction.
version multi-média ici.



samedi 12 février 2011

John Lees






Nous avons tous eut différentes phases de préférence quant aux cerveaux de tel ou tel groupe.... plutôt Lennon ou McCartney (bah oui McCartney), Jagger ou Richards, Gilmour ou Waters, Rick Davis ou Roger Hodgson, Peter Green ou Lindsay Buckingham, Eno ou Ferry.....???

Hodgson pour le romantisme à fleur de peau, la féminité diluant le groupe dans une chose pop délicate et différente de toutes les autres. Davis aussi, car il faut bien avouer que le barbu clochard s'est battu pour faire perdurer le quintet renommé.. et que ses productions moins sensibles tiennent la route.

Waters au début, obligé aussi, Gilmour la pièce rapportée, celle qui bouscula Barett... et puis The Wall, la gueule, un caractère...oui mais voilà, Gilmour à partir de « A momentary lapse of reason ». Obligé, il tient le groupe, il produit des concerts phénoménaux..toute façon je n'ai vu que lui sur scène. Et puis Waters, c'est The Wall depuis 20 ans, va peut être falloir penser à autre chose.

Bon McCartney, ça c'est sur...ouaih mais « in my life ».... « strawberry fields ».. « i'm the walrus » ??!!!... ....

Et puis basta.. peu importe. Je suis absolument fasciné par les duos, les collaborations binomiales, les rencontres (Dutroncs/lanzeman, Clerc/Roda-Gil, Bashung/fauque (plutôt Fauque ou Bergman ???)). Bon arrêtons les « plutôt », prenons tout, sans rien laisser par préjugers.


D'ailleurs, j'étais plutôt Les Holroyd gamin, pour les mêmes raisons que Hodgson. John Lees, comme Davis, représentait la discipline qui faisait de BJH un groupe culte en Allemagne.. (ah nan hein, pas d'amalgame avec Arca).
« A major fancy » vient d'apparaître dans les bacs pour mon plus grand plaisir. Il s'agit d'un album solo de John Lees sorti en 1977... époque où allait sortir « Live tape », comme une première rétrospective décennale du groupe culte, psyché-folk-rock-romantico-planant.




Je suis accroc aux rééditions qui fleurissent depuis que l'industrie du disque peine (comme quoi). Ici, à peine croyable, il y a une énième version de « Child of the Universe », chanson pilier du groupe. Combien de « Child of the universe » j'ai dans mes tablettes ? Peu importe, celle-ci est la trame, l'essence même du chef d'oeuvre. Il y a donc, des first versions, totalement paralysantes. Cet album de Lees est une véritable récréation, et je le devine finalement plus exigeant que Les. Quelle rencontre ce groupe.. BJH est sans hésitation LE groupe de mon adolescence, des écoutes interminables, des objets rares comme le vinyl de « Baby James Harvest ».. une pièce unique, une pochette terrible, un disque inoubliable..je dors avec.

En plus des version originales, il y a des inédits, et notamment une reprise d'Eric Clapton « 461 boulevard oceans », « Please be with me »... je ne réponds plus de rien. D'où sort cette perle, cette adaptation pop du bluesman ? Il y a des B-sides aussi, avec le très cool-pop « best of my love / you can't get it ». C'est pas possible, Lees était amoureux ? Même s'il persiste une emprunte très marquée, jamais le BJH plombé n'a fait jaillir une telle légèreté.




« A major fancy » est un disque énorme, la réédition un trésor, et la pochette70's sans papillon (un aigle). Plus rock, plus progressif, John Lees a lâché sur ces 8 pistes une éventuelle frustration d'écriture, une envie de collaboration autre, alors que le groupe allait passer un cap en se séparant du clavier progressif néo-classique baroque Wolly Wolstemholme. (entre parenthèse, son disque solo « maestro » est aussi extrêmement proche de BJH.. en fait je crois que les 4 membres sont absolument indissociables du thème BJH).
Barclay James Harvest est maintenant un groupe dissout, deux entités avec quand même la signature partagée de BJH (qui veut dire trois noms de chapeau anglais différents, et non pas des noms de papillons présentes sur toutes les pochettes de disques (sauf "eyes of the universe").

Voici donc un long bavardage bordélique pour une réédition fracassante.. c'est aussi l'occasion de vous orienter sur un super site d'un passionné de disque. Chris a construit un collossale travail autour de ses étagères musicales. L'objectif :1500 disques à chroniquer sur discophile.fr , et parmi les disques alignés, du BJH.
John Lees 1977/2010 "a major fancy" label : esoteric

jeudi 10 février 2011

Arca

France/Brésil à l'écran, d'actualité, avec la fâcheuse tendance à la mémoire. Rappel au souvenir, le soir 98 de juillet où adulte, je faisais inconsciemment le deuil d'une soirée andalouse 16 ans auparavant, j'en avais alors 13. C'est mythique et j'y étais. Quelle drôle de sensation d'entendre à nouveau, quelle drôle d'idée de bâtir un post rock raffiné autour de cette finale 82.
Magic rpm il y a quelques temps a réalisé un numéro sur le foot et la musique. En dehors de Gloria Gaynor, je n'ai jamais su associer les deux. Pire encore, Mogwai et Zidane collés me font froid dans le dos.
Et pourtant, « By the window/By the looking glass », le nouveau projet d'Arca, est un prodigieux moment artistique.


Sylvain Chauveau est l'artiste contemporain le plus doué de sa génération, ici et ailleurs. Créateur sonore, il est avant tout un pianiste/auteur/compositeur/chanteur hors norme. Ses collaborations multiples assouvissent son génie visionnaire, quelles soient drone avec On, ambiantes et expérimentales avec Felicia Aktinson, quelles soient électro avec Micro:mega ou néo-classique avec son projet Ensemble 0, elles restent très post rock sombre et sensible avec Arca, le duo qu'il forme avec Joan Cambon depuis 2000. Il faut suivre toutes ses productions en parallèles à tous ses disques solo d'obédience cinématographique, pour se faire une idée de la stature de son inspiration.


Il y a des labels aussi, sur lesquels il vient laisser des traces indélébiles, Ici d'ailleurs, Alice In Wonder (catalogue culte disparu), Type, brocoli...puis DSA (disparu aussi), les Disques du Soleil et de l'Acier, avec la parution du premier Arca « Cinématique » en 2000.






Ici, Arca réalise un double album pour une chorégraphie contemporaine de Pierre Rigal (que je ne connais nullement) et qui fut écrite en 2006 (année où micro:mega cessa). Les idées et l'inspiration tournoient autour du souvenir sportif de 1982, la demi-finale qui marqua violemment les gamins de mon age. Très franchement, s'il n'y avait pas en bruit de fond quelques commentaires de Larqué/Roland aux moments cruciaux du combat, je n'aurait jamais associé un match à cette musique. C'est donc la nostalgie que je vois ici interprétée. Ce sentiment lointain de vexation, d'humiliation, de dramatique et d'injustice. Et là, ça marche plutôt bien, et les morceaux sont aussi profonds et représentatifs que Vexations de Get Well Soon qui faisait lui aussi l'inventaire des humiliés.


Ceci dit, il ne s'agit pas ici d'une bande originale de film (comme l'a fait Mogwai) et peut importe les paysages voisins, nous avons chacun le notre à l'écoute de telles musiques, et celle-ci est sublime, architecturale et cohérente. Rares sont les faux pas de Sylvain Chauveau, sa musique sur « Le livre noir du capitalisme » avait déjà procuré des sensations atypiques en ce qui concerne la conception d'une œuvre.


Sa voix sans cesse en évolution atteint sur le premier disque « By the window » le timbre parfait de David Sylvian. "Sevilla 82" est un morceau de bravoure, dantesque, avec les frissons, le drame qui plane, le terrorisme sportif à son comble, le coup de sifflet final est donné. Sylvain chante comme sur un morceau de Depeche Mode période "exciter".


Le deuxième cd « By the looking glass » est strictement instrumental et s'enfonce dans la tourmente, recroquevillé par la douleur, une brulure sonore sourde qui tape, répétitive et engourdie. Le coma de Battiston peut être ?? finalement, on arrive à être dedans.....le match.



Arca 2011 « By the window/By the looking glass » label : novelsounds
http://www.sylvainchauveau.net/
http://www.novelsounds.jp/

échelle de richter : 8,8
support : double cd
Après 1 seule écoute
.

mercredi 9 février 2011

Martin Angor / Laurent Barbin





Nous n'avons pas de nouvelles de Bertrand Betsh depuis son superbe « La chaleur humaine » en 2006...et pourtant Lithium records avait lâché en 1997 Le chef d'œuvre « La soupe à la grimace » et laissé présager une autre voie que celle d'artiste maudit. Ignatus a culminé avec « Le physique » et ses élucubrations pop nous enchantaient l'âme, tout comme Flop sortant des auto-productions fabuleuses, mais enlisées dans l'oubli... il est temps de nous racheter un comportement digne des talents souterrains qui sourdent de notre hexagone. Voici de quoi nous repentir, rattraper les injustices.

Le temps a déjà glissé sur C++ abrité chez « Depuis la chambre », et les années écoulées sur « Orienté objet » n'a pas suffit à faire percer ce duo couple entre Katerine des « jardins anglais », et Holden eux aussi d'ans l'ombre totale (fabuleux « l'arrière monde » 1998 ..aussi chez Lithium).

« Depuis la chambre » est un label français tenu par Glen depuis pas mal de temps déjà. Coincé entre un sublime Laurent Barbin sorti en 2009 (là encore un peu oublié), et Martin Angor à venir en mai 2011 tout à fait prometteur.
Deux dates, un espoir, deux artistes, un mélancolique, l'autre plus heureux.

Laurent Barbin métisse ses collages avec des instruments de tous horizons (houd, accordéons..) , et reste collé à sa music-box (comme pouvait l'être La Fossette en 92) pour un disque de très haute tenue. On à peine à croire qu'un tel objet soit passé à la trappe. Une formidable épopée avec une idée à la seconde. Le chant lui, est proche de Bastien Lallemant, Alex Beaupain avec un fond de timbre Caradecpromenons nous »). Bertrand Betsh est là aussi, dans la tristesse à chanter, tout comme Jacques Bertin qu'il cottoie comme un mentor, et dans les moments les plus énervés, c'est un Nougaro jeune qui est convoqué "les amoureuses". Beau comme le premier Superflu « Et puis après on verra bien ».

Martin Angor, quant à lui affiche un Bastien Lallement (« je voudrais quelquechose ») mais dans sa phase la plus joyeuse. Jérome Minière pour le ludique, Daho pour le timbre, Miossec par moment et les idées lumineusement sautillante de Flop ou Ignatus...voire Albin de la Simone. La même excitation qu'en 2003 lorsque Toma balance « Basse fidélité » sur Pop Lane à l'époque (dont le batteur de Hushpuppies était représentant avant de monter sa boutique de disques ground zéro). Toma, disque énorme, invisibilité colossale. Un poil technoïde, très expérimental, alerte et dansant, le disque de Martin Angor sort le 11 mai.
Prudence avec « mumsmums », il y a bien longtemps nous avait de la même façon donné l'espoir riche d'une passassion.
Obligé, tous ces comparatifs sont nécessaires pour parler et présenter ces espoirs, ses disques riches et prometteurs. Encore faudrait il qu'on les tiennes..nos promesses d'estimes et de récompenses.

Peut être faudrait il qu'un « cador » mette le nez là dedans, et supporte, brandisse, comme un Souchon pour De la Simone, Scheller pour Saez..
Domnique A affiche sa enthousiasme sous ce toit en ébullition. Croisons les doigts.

Malgré tous ces rappels et ces comparatifs exhaustifs, Depuis la chambre reste un projet neuf, un dénicheur de talents nouveaux, originaux et atypiques. Allez vite voir ce qu'il se passe au fond de la chambre .



C++ 2005 "orienté objet"
Laurent Barbin 2009 "depuis la chambre"
Martin Angor 2011 "martin angor"



après 3 écoutes chacun
support : téléchargement sur site.
.
.
.
Ajout du 11/02/11:
.
Permettez moi d'afficher ici la réponse mail de Glen, la matrice de "Depuis la chambre", directement inspiré du disque de Laurent Barbin dont je suis devenu accroc. Un contexte technique, des indices empiriques sur la rélisation d'un disque atypique. Je suis flatté de présenter ici, la passion, l'inspiration et l'aboutissement avec ses défauts et ses racines:
"Laurent Barbin a été la raison d'être du label. C'est le titre de son album
> qui a donné son nom au label. Il a été extrêmement compliqué à
> réaliser car ça n'était qu'une maquette au départ dont je suis tombé
> amoureux et je voulais absolument conserver les morceaux tels qu'ils
> étaient en les remixant. Sauf que Laurent n'avait pas prévu ça et ce
> fut un travail d'archéologue ou de paléontologue pour retrouver les
> traces des morceaux sur son vieil ordinateur (que Laurent n'avait pas
> pris la peine de ranger) et recomposer les fragments, puis trouver les
> bons sons avec les bons effets, les bons effets sur chaque son.
> Laurent n'y allait pas de main morte dans le traitement. Un son de
> boîte à rythmes pouvait être obtenu à partir de coups martelés sur le
> micro de son Imac, les basses épaisses à partir d'un son de guitare
> tout mince,et un seul son pouvant être transposé et démultiplié à
> l'infini pour créer des cascades de sons. Il a fallu également rouver
> une cohérence aussi avec les nouveaux morceaux. Chaque nouveau morceau
> que Laurent me fait écouter est meilleur que les précédents. Le fait
> qu'il n'ait pas trouvé l'écho que j'attendais, c'est décevant mais je
> ne regrette pas tellement j'aime cet album. Au moins il existe ! C'est
> juste pour la suite que je suis déçu. J'aurais aimé donner l'élan à
> chacun des artistes que j'ai lancés. Pascal Ayerbe continue seul et
> s'en sort plutôt bien. En tout cas, il vit de cette activité "
Une autre réponse interressante de Glen, histoire d'illustrer l'insuccès et la lutte inégale des jeunes talents indépendants à vouloir percer, exister:

"Cet insuccès n’est pas tellement incroyable. En fait, je me souviens d'un contact avec Naïve pour l'album de C++. Il leur fallait du clé-en-main lorsque j’ai proposé l’album. C'est-à-dire que l’artiste devait tourner sur scène, avoir un public... Voilà pourquoi il est extrêmement difficile de lancer un artiste qui débarque de nulle part.
La musique ne suffit pas. J’étais trop naïf de le croire et heureusement, sinon je n’aurais rien fait. Une maison de disques va investir beaucoup d’argent pour faire connaître l’artiste avec des risques de retour de plus en plus minces, donc je comprends leur position, même si cela m’énerve et m’a même rendu furieux à plusieurs reprises. Une maison de disques n’est pas là pour faire du mécénat.
Ces albums je les ai sortis avec de très petits moyens, en veillant cependant à ce que la qualité n’en souffre pas et corresponde à ce que j’en attendais idéalement. J’ai été reçu par le directeur du FCM qui m’a dit, comme s’il me faisait un honneur en me recevant : « J’ai voulu vous rencontrer, même si je pense qu’il sera difficile de vous aider. Vous m’intéressiez car vous sortez, en amateur, des disques de qualité professionnelle. » Au fil des minutes qui s'écoulaient, je bouillais, je perdais patience sur mon fauteuil, car l’issue de cet entretien était fatalement une impasse. J’avais posé une demi-journée pour rien. Cela n’a fait que confirmer qu’il n’y avait que sur moi et les artistes que je pouvais compter et que chercher à obtenir des aides, que je n’ai jamais reçues, était une simple perte de temps. "
Glen

Glen Ropars : fondateur de "Depuis la chambre". le 11 février 2011

samedi 5 février 2011

Marcel Kanche








A défaut de n'avoir pu suivre la carrière d'un Léo Ferré au fil des ses parutions, de n'avoir pu encore après milles écoutes assimiler ses textes (j'aimerais m'attarder des heures sur « les amants »..ou « ton style »..), je me rue vengeur sur la carrière de Marcel Kanche. Mon fardeau de la vie, ma bande son des huiles, Marcel Kanche et ses songes canins m'ont happé des tonnes d'heures de lucidité à peindre, d'être plus fort à se sentir « homme à genoux ».
« Je suis un débris, de la terre et du bruit...un abri éphémère », venez chez moi amis passionnés des toiles quelles soient tressées ou diffusées, je veux vous entendre et partager. « Assoiffé de peau.. » « peindre ou faire l'amour »..écouter des chansons jusqu'à l'ivresse...je reprends la spatule.

« Dog Songe » est depuis des années mon Léo Ferré à moi, avec en plus quelques brides de zinc, normal, hébergé chez Ifran. Marcel Kanche est à nouveau d'actualité. « A l'affut d'une carapace », passer des heures entières à sniffer le lin blanc, je reste extrêmement intimidé à l'écoute de « Vigiles de l'aube » le nouveau disque de Marcel Kanche....il en reste peu des comme lui....j'ose à peine vous suggérer de boire vaseux « pluie de terre »... vous pouvez encore vous en passer, si vous accrochez, vous êtes foutus.

Du coup, j'ai peu parlé ici de « Vigiles de l'aube ».... je suis toujours plongé sur « Dog songe »...à croire que j'attendais une nouvelle décharge pour attaquer à nouveau le guano.
Coincé entre Bashung d ' « Angora », un Léo Ferré signant chez Irfan avec son groupe The Zoo, Kanche sort un disque pop. « Combien d'amis » entame les hostilités comme un Pink Floyd. Beaucoup plus guitare, blues électrique (un peu comme pourrait le faire Tue-Loup période « la belle inutile »), le nouveau Kanche est un rendez-vous émotionnel radical.
Marcel Kanche 2011 "Vigile de l'aube" label : cristal records
échelle de richter : 8,98
support : cd
après 2 écoutes (1000 écoutes pour dog songes)

Ducktails


Merde et remerde, encore couillonné par les télétubies. Compression MP3 hâtive d'un prêt amical sous prétexte qu'il s'agit là d'une nouveauté à explorer et que Magic y collait 6 points.
Puérilité répétitive, minimalisme allergisante, fausseté générale que le mensuel prend pour du génie... grosse influence Animal Collective. Épuisé après une seule écoute intégrale, j'en ressors avec une grosse envie de consistance.

Ducktails 2011 « III: arcade dynamics » label : woodsist
www.myspace.com/ducktailss

quand on aime : animal collective

échelle de richter : 0,5 (pour les intrumentaux)
Après 1 écoute
support: prêt amical (plus maintenant ?) , mp3