lundi 29 novembre 2010

80's en bref

Mme Pastel, Blake, Hopblog (chips et rosé) et Rodg ont une influence 80's indéniable sur mes écoutes. Aussi, ils sont beaucoup plus perspicaces sur l'actualité musicale qui subit un revival eighties manifeste depuis que les Stroke en ont remis une couche il y a 10 ans, aussi, je lis et j'écoute.

Warpaint du côté de Mme Pastel, Twin Shadow chez Blake, Violens chez chipsetrose, je prends et j'ingère à la façon d'un Rodg qui m'a insufflé les bases il y a quelques années (Wire, Joy Division, Xtc, The resident, Oingo boingo, the love and the rockets...). Ceci dit, même si à cette époque, je gardais une œil affamé rivé sur les 70's, j'écoutais avec du recul et j'y retourne maintenant que le son me paraît meilleur.
Complètement à côté de l'époque je tentais vainement quelques actualités . Aussi, « Dreamtime » des Stranglers (pourquoi celui-là est mon préféré du groupe ?), « Be yourself » ou même « Revenge » d'Eurythmics, « Afterburner » des ZZ Top, « Communards » en 1986 et qui est remonté à la surface il y a deux ans avec Antony en habit d'Hercule, ou encore Talk Talk, et surtout « Diesel and dust » de Midnight Oil, étaient les rares galettes à me donner satisfaction.



Warpaint ("the fool"), une fille de plus que les Au Revoir Simone et les guitares sont très hautes, vaporeuses, les voix superposées collent exactement au son très proche de Piano Magic. 7,5/10










Twin Shadow ("forget") après un départ difficile (« tyrant destroyed ») régale dès « We were dancing », batterie, basse, claviers, tout rappelle cette époque cold synthétique. On est proche d'Ariel Pink, Neon neon sur Lex records, Frantic pour les groupes récents, mais aussi Echo& the bunymen, xtc pour jadis. Un disque que j'écoute en boucle sans en être bavard. 7/10






Violens ("amoral") quant à lui, est assez insupportable, une grosse bouillie sonore (un peu comme le visage de la pochette) mêlant du très mauvais U2, du New Order en recherche d'inspiration et du Lotus Eaters bruyant. Un gros cliché bien gras et inutile. 3/10








Tamaryn ("the waves") mélange son esprit 80's avec des guitares 90's (froides comme Gérard Manset à l'époque de « lumière ») comme les précurseurs Lush sur une base Joy Division et une voix Mazzy Star. Le shoegazing s'étend à l'infini élargissant les lumières et les paysages. « Dawing » est un sommet et rappelle aussi les mondes sombres de Piano Magic. 7/10








Zola Jesus ("stridulumII") m'avait fâchée avec son "The spoils" allergisant et rêche. Avec « Stridulum II », la réconciliation n'est pas loin, mais il faudra encore que je passe outre cette monotonie vocale et ce cliché cold-goth faussement planant. 5/10





New chain ») des Small Black est passé chez mon disquaire du boulevard Saint Michel pendant une séance de fouille goulue habituelle. Euhh...un autre cliché qui fait tâche sur le label Jagjaguwar, presque aussi insupportable que Violens et encore plus synthétique et systématique. 2/10











Enfin, The Cavalcade avec le précieux et rare (dans les bacs) « many moons » reste peut être le petit instant de magie. Une boite à rythme, une guitare qui a le trac, un synthé rétro à la Kim et des compo à peine croyables de fragilité à tel point qu'on les croirait fausses (« no strength »). La gémellité avec Shack des début (et donc The pale fountains ) m'est apparue évidente dès les premières notes. 8/10







Bon, y'a encore du boulot, va falloir que je bosse à fond, que j'approfondisse, en attendant, je vais aller chercher les 80's dans les ondes 70's de « before today », le dernier Ariel Pink. Et puis pour la pertinence des repères, et des analyses moins faussés, il y a mes amis bloggeuse et blogger (les récurents souvenirs 80's de Blake notamment).

samedi 27 novembre 2010

Yann Tiersen




La préoccupation principale d’un artiste, c’est de se renouveler à chaque réalisation. Le mystère impénétrable et abyssal du processus de création. Les rencontres sont des critères d’inspiration et Yann Tiersen n’a cessé depuis qu’il a collaboré avec Dominique A d’alimenter des influences rock dans son art. « Monochrome », « les bras de mer », « Bagatelle »..ont incorporé une touche pop dans son néoclassique, sans perdre pour autant de sa texture. « Tout est calme » est son premier album 100% pop enregistré avec Married Monk , un petit concept d'une demi-heure à redécouvrir d'urgence, 1999, deux après le choc : « Le phare » la relève » est pour moi l'exemple de l'influence directe de Dominique A sur son virage pop de cette époque). Une autre collaboration en 2004 avec Shannon Wright est venue creuser cette voie encore plus sombre, plus brute. Enfin « Les retrouvailles » en comapgnie de Liz Fraser, Stuart Stapples (et re Dominique A + Miossec) vient confirmer cette envie d’expression sauvage et émancipée (un peu l'équivalent de "L'absente").
C’est avec Matt Eliott (la colonne vertébrale de Third eye fondation toujours fidèle au label « ici d’ailleurs » et qui vient de sortir un formidable album) ; Dave Collingwood (gravenshurt) Laetitia Sherriff, Josh T.Pearson (life to experience), qu’il a façonné sur “Dust Lane” un monument sonore tellurique plongeant radicalement dans la pop. Cet homme toujours sincère, authentique et écorché pose son pied marin sur la terre ferme. Ce solitaire ouvert à tous les horizons, s'encadre, multiplie les partenariats et les paysages sonores toujours aussi mélancoliques, mais pastorale cette fois-ci avec une flopée de chœurs célestes qui voguent dans les eaux profondément océaniques de Mike Oldfield Amy »), voire les méandres noisy de Cocteau Twin. « Chapter 19 » va se balader dans les plus profondes noirceurs de Migala, et « dark stuff » atteint les cimes post-rock jamais explorées chez lui.
Cette excitante remise en question, me rappelle l'année 1994 pendant laquelle William Sheller a bouleversé sa discographie grâce à une collaboration anglosaxone. « Albion » est venu chambouler sa pop néoclassique habituelle pour un fantastique album rock atypique jamais égalé depuis. Yann Tiersen asticote de la même manière son violon et prend de la vitesse sonique sur le tremplin pop/rock, il est dans les airs, au dessus de la mer, totalement libre.
« Albion », « Tout est calme », « Dust Lane » sont des disques a chérir par leur preuve rassurante qu'il est possible avec des rencontres de bouleverser son art et d'aller chercher plus loin la source, de bousculer les talents, surenchérir le génie.

Yann Tiersen 2010 « Dust Lane » label : mute
http://www.yanntiersen.fr/
chroniqué chez Blake; et sur hop blog.

quand on aime : yann tiersen + mike oldfield + cocteau twin
Chronique multimédia ici

lundi 22 novembre 2010

Jefre Cantu-Ledesma / The Alps





Jefre Cantu-Ledesma est à l’origine du label de San Fransisco Root Strata au catalogue appétissant. C’est pourtant chez Type records qu’il lâche son premier disque solo. Sous le même toit, il a sorti en compagnie d’Alexis Georgopoulos et Scott Hewicker deux disques de lumière psychédélique épaisse et ensoleillée, sous le nom de The Alps. « Le Voyage » sorti aussi cette année, flirte avec l'élément naturel paradisiaque et le son 70's des Pink Floyd. Ailleurs, il est le multi-instrumentiste de Colophon et du groupe majeur Tarentel.

« Love is a stream » est le nom de ce nouvel opus à la lumière aveuglante. Des nappes de guitare volcaniques viennent vrombir aussi puissamment que sur « Loveless » de My Bloody Valentine. Nombreux albums n’ont jamais réussi a entonner ce shoegaze, pourtant maintes fois récupéré, tétanisant l’année 91. C’est chose faites sur ce disque rose de dream pop (le même rose que le site My bloody Valentine et la pochette de « Loveless » en plus pâle). On suffoque au passage de cette marée, sa musique visuelle fait du grabuge sur la rétine, à la manière de Nadja, Boris ou même Grouper. En passant outre la force qui se dégage de ces 13 pistes, « Love is a stream » est un disque planant, drone et s’inscrit dans ce mouvement italien ambiant mené par Fabio Orsi, My Cat is an Alien, Giuseppe Ielasi
Ce magma sonore nous donne des nouvelles musicales du vent, des ondes amoureuses et aussi du label londonien Type qui gonfle et fleurit au fil des années.
A la fois soft et cool sur « Le voyage », tendu en contre jour sur « Love is a stream », Jefre Cantu-Ledesma élabore seul ou accompagné des paysages sonores puissant et éthéré.

Jefre Cantu-Ledesma « love is a stream » 2010 label : type records
The Alps « le voyage » 2010 label : type records.
quand on aime : my bloody valentine ou pink floyd

dimanche 21 novembre 2010

en bref




« The open road » de John Hiatt est un très bon cru et vient ajouter une pierre de plus à l'édifice discographique du vieux cow-boy. Guitare/basse/batterie dans la plus pure tradition américaine, le country voyou qui chevauche les vastes collines est directement calé sur les références Springsteen, Bob Seger ou Johnny Cash, même si Hiatt en est une aussi. Son frère suicidé quand il avait 9 ans, son père disparu à 11, il a croisé le diable sur le crossroad le propulsant à Nashville à 18 ans pour ne plus jamais en sortir. De major en major, il tissa sa toile et sa notoriété à grands coups de succès commerciaux. Plus grand chose à démontrer depuis le début des années 2000, il roule et fait son chemin en compagnie des plus grands du circuit country blues. « The open road » et « Homeland » sont des petits bijoux torrides..je vais me resservir un sky. (8/10)


John Hiatt 2010 " The open road" label : new west






D'Indianapolis à Nashville, on part vers Atlanta avec une autre discographie touffue et plus discrète. Shawn Mullins lâche un excellent cru lui aussi, « Light you up » son onzième album. Cet ancien militaire reconverti a mis un pied dans la musique en publiant des cassettes auto produites en 1989. Un grand saut dans une major en 99 pour atteindre les charts et les récompenses. Chez Vanguard depuis 2006, cet opus 2010 touchent un autre country-blues , très proche de Tom Petty cette fois-ci quand il est produit par Jeff Lyne. Toujours Johnny Cash derrière. Il y a aussi des petites balades à la Minor Majority « can't remember summer », des cordes, des accords bateaux, du passé héréditaire, de l'americana, ça coule tout seul, comme mon deuxième whisky. 7/10




Shawn Mullins 2010 " light you up" label : vanguard





Bon, le jean devient cradoc, les tiagues brûlantes, la chemise épaisse et le whisky bourbon en dose cow-boy. Tout le monde danse en groupe un country pur pendant que les hors-la-loi rôdent dehors. On vire direct sur Chuck Prophet et les chromosomes de souche pure. Pedal steel, voix Cash, violon cajun, le saloon n'est pas loin, Billy the Kid non plus. Whitey Morgan and the 78's, arbore une profondeur terreuse sans équivoque, un poil trop à mon goût. 4/10




Whitey Morgan and the 78's 2010 label : bloodshot


L'air devient nébuleux, les idées brumeuses, il fait hyper chaud..un petit tour de l'autre côté de la frontière, à Toronto, un peu d'air frais avec Doug Paisley qui me berce, me lave. « Constant companion » s'approche de Bonnie « Prince » Billy et de Birch Book dans l'élévation écolo de son country. La particularité de ce disque c'est qu'il y a Feist à la voix sur « what i saw » et « don't make me wait »... une présence féminine enfin (Jennifer Castle y chante aussi). Un démarrage ordinaire qui ne casse pas les pattes à un hyène malgré qu'on puisse discerner une certaine beauté dans les mélodies et l'interprétation. Tout devient somptueux à partir de « end of the day », et « come here my love » est LE cadeau, car « Constant companion » est un disque à la lumière unique qu'il faut écouter jusqu'au bout. 8,5/10






Doug Paisley 2010 "constant companion" label : no quarter




Pour mettre un terme à cette péripétie américaine dans son plus bel habit, il est tant de finir en beauté et de s'attarder quelques secondes sur le plus patiné, celui qui nous a le plus imprégné de son country/blues/rock depuis quelques décennies, avec l'accordéon qui donnait un air celtique à ce fameux album 87, « The lonesome Jubilee » SON disque … bien, jusqu'ici, rien d'original, un classique (à réécouter d'urgence), sauf que le Cougar est comme tous les ans de retour, mais cette fois-ci, quasi nu. A l'image de ce grand retour au Mono depuis que les Beatles ont tout réédité à plat, repris par Bob Dylan et ses premières galettes aussi en mono, John Mellemcamp vient de balancer un trésor brut, authentique avec du matériel de base (le strict nécessaire). Et c'est parti, un disque rétro qui sent la gomina, l'enregistrement antique, la route 66 en chevrolet, une espèce de vieillerie inespérée en ces temps de numérisation à outrance. Merde, quand même, ce retour au mono, au vinyl de plus en plus présents dans les bacs...nous les quadra, on a quand bien fait de ne pas lâcher prise.....une ultime secousse avant l'extinction ?
Ceci dit, la voix se place exactement entre un Dylan ivre, un Sringsteen ensommeillé, et surtout, un arrière fond très Tom Waits, aussi bien dans la voix que dans l'esprit rudimentaire des cordes et des vents qui sentent l'encaustique d'un cabaret. « No better than this » 2010, pour une pause musicale sépia outre-atlanqtique. 9/10
John Mellemcamp 2010 "No better than this" label : rounder

jeudi 18 novembre 2010

Jérome Minière



Jérôme Minière a traversé l’Atlantique en emportant dans ses bagages son romantisme des bords de Loire, sa ville natale. Avec la même tendresse, il revendique, avec l’aide de son double Herri Kopter, sa politique écorchée d’homme marginal au vague à l’âme tenace, à travers laquelle il explique et décortique ses angoisses. .. la suite ici.


Jérome Minière 2010 "le vrai le faux" label : la tribu

Chris de Burgh



A l'ombre d'un fragment de bande chrome écrasé par un enregistrement hâtif, j'ai laissé s'envoler un morceau qui m'avait pas mal remué adolescent sans pouvoir au fil de maintes locations retomber dessus. Aucun indice sur l'identité de cette chanson. Un vinyle perdu d'une bibliothèque maintenant archivé dans les sous-sol, j'ai longtemps farfouillé dans ma mémoire pour me rappeler et retrouver ce morceau caché. Il y a quelques temps, quelques années, j'ai cru le retrouver en tombant sur Al Stewart, « the years of a cat ». Mais tout en aimant beaucoup ce morceau, je savais ma découverte bredouille, à côté de la cible, les violons absents.
C'est chose faite, oubliant même la chasse musicale en elle même, je suis tombé directement dessus, presque par hasard, sur un vieux cd de Chris de Burgh « best moves » (officiellement sur l'album « far beyond theses castle walls »).
J'ai réécouté hier une chanson qui m'avait embarqué il y a un quart de siècle. Quel moment, quelle chanson, quelle bouffée d'air pur qui remonte à la gorge comme un équinoxe.. c'était donc Chris DeBurgh avec l'orchestres philharmonique derrière la mélodie. Tout me revient, et je sais pourquoi aujourd'hui je suis ému , l'espace d'une chanson, à l'écoute des ballades de David Tibet (même si les deux mondes sont totalement opposés)... current93 quand ses chimères diaboliques s'apaisent pour quelques accords romantiques (« the descent of long satan and babylon » 2005 sur l'album « Thunder perfect mind » par exemple).

www.chrisdeburgh.net


samedi 13 novembre 2010

Dakota Suite






L'écho d'un violon résonne dans les conduits du métropolitain. J'arpente les couloirs pour remonter à la source, j'avance dans ce labyrinthe et je parviens à ce virage carrelé où le violoniste interprète, caché dans un coin, à l'écart du tumulte. C'est sûr il ne demande rien en échange, ni gobelet en charité, ni pièces de monnaie déposées, aucune aumône ni offrande. A le voir jouer, pleurer et danser avec son instrument, sa présence dans cette galerie semble évidente, il joue pour lui. La sonorité, l'écho, paraît être idéal pour répéter dans ces coulisses de fortune. Un voisinage inhibiteur troqué avec une liberté acoustique pour un récital simulé, et c'est magnifique, tout ravage l'endroit, tout se fige. Les tripes en vrac, je simule à mon tour l'état statique anormale dans ces lieux pour mieux boire, me nourrir.

Plus étroitement, près de mes enceintes, c'est Winter Family qui m'avait à la même époque totalement emporté. Enregistré dans une chapelle, le double album psalmodié m'avait totalement magnétisé.
Aujourd'hui, ce sont les compositions de Chris Hooson qui alimentent le trouble sacerdotal d'un récital en un lieu de réverbération. Cet homme c'est Dakota Suite qui alterne habituellement disques néo-classique et pop neurasthénique, soit chez Glitterhouse, soit chez Talitres. Dans la chapelle de Vallisa à Bari, il a convié un violoniste sexagénaire David Darling, puis un pianiste français Quentin Sirjacq, pour un concert bouleversant néoclassique piqué d'esprit jazz comme Keith Jarett domptant ses doigts pour quelques plages éthérées. Seule la pièce finale « Remember » est composée et chantée par Darling avec qui les cordes graves ont œuvré pour le label légendaire ECM.
Cette entité artistique munichoise fondée en 1969 bâtissait des passerelles entre le jazz moderne et un classique ouvert. Une vague idée progressive venant déstructurer le jazz académique et ancestral (Keith Jarett ; Pat Metheny; John Abercrombie)... pour le mêler à la musique nouvelle (Stephan Micus; Anouar Brahem..) et aboutir à une essence informelle et libre qui vit toujours.
C'est aussi ce qui émane de cet instantanée contemporain capté en novembre 2009. Ce disque religieux appelle au recueillement.

Johanna Hooson est à l'origine des pochettes de Dakota Suite, "Vallisa" ne déroge pas à la règle, les pierres de cette chapelle sont capturés par cette photographe. Un grand moment donc dans toutes les arborescences que ce concile peut envoyer. Une chapelle, un couloir de métro, la musique rayonne et se rapproche le plus possible de son auditeur frissonnant.
Ici c'est un peu le temps qui s'arrête à mesure que le son s'élève et prend une dimension prestigieuse de spleen automnal.
Dakota Suite / David Darling / Quentin Sirjacq : 2010 "Vallisa" label : glitterhouse
quand on aime : keith jarett; boxhead ensemble; ecm records; esmerine....

mercredi 10 novembre 2010

Paul McCartney / Andy Partridge







De façon récurrente Paul McCartney revient habiter mes ondes musicales, une fidélité inébranlable, rappelant sans cesse qu’il est le socle de ma discothèque.

Blake est d’abord venu comme une piqûre de rappelle, sortir de mes oubliettes un autre génie de la chanson via les existants XTC (and the duke of stratosphear), le très McCartnien Andy Partridge. En vrac j’ai laissé défiler comme une analyse fine du processus créatif, les pièces bricolées et décortiquées des huit volumes compilés "the demo archives" qui retracent tout l’univers du chantre fou. XTC, c’est pas les Beatles, et l’invisibilité de son œuvre à lui, en plus du fait qu’il prend un malin plaisir à cacher son art déshabillé dans un sabotage volontaire pour mieux montrer la quintessence de l’écriture , reste très injuste et bien réelle. Il y a quand même des blogs pertinents qui revendiquent ce genre d’artiste vengeant pour la même occasion cette marge et ces œuvres cachés.

Au même moment, la réédition de « Band on the run » sort dans les bacs et injecte le temps d’une soirée toute l’adrénaline comme s’il s’agissait d’un nouveau Macca. Un véritable pavé documenté, en son et en image, et l’heure et demi filmée figeant la vie autour de cet album charnier des Wings est une échappée merveilleuse, à tel point qu’on se demande pourquoi tous ces clichés sont restés cachés aussi longtemps. Puis, comme pour peaufiner et parfaire l’objet brûlant, je fonce au chapitre 1973 du pavé encyclopédique de François Plassat et dévore chaque détail de l’historique, du contexte de cette session à travers laquelle Paul a laissé derrière lui toute la rancœur de l’échec du plus grand split musical de l’histoire que l’on connaît. Le deuil des Beatles donc consumé, et les péripéties qui auraient découragé un paquet d’artistes ont été une motivation de plus à balancer méticuleusement des tubes en puissance. Le DVD confirme la polyvalence du musicien abandonné de ses premiers comparses Wings ( exépté Denny Laine).

Les clips resurgissent comme des animations au psychédélisme proche de Yellow Submarine.
La rage de cet homme à se transcender dans la difficulté est unique et vient confirmer une fois de plus que les catastrophes ouvrent sur un renouveau.
Si d’un côté Apple records lâche tout le patrimoine d’un bloc ( apple records box set + l'intégral lennon ) mpl quant à lui va distiller pièce par pièce les rééditions de Paul McCartney (& the wings)…gonflés d’inédits, d’archives et d’images.

Si les "demo archives" décortiquent par le son l’inspiration d’Andy Partridge, François Plassat et la réédition de Band on the run, dévoilent le processus de création infini de Paul McCartney.


Paul McCartney "band on the run" 1973/2010 label : mpl
Andy Partridge 2002/2009 " the demo archives" en 8 volumes. label : virgin








mardi 9 novembre 2010

Ariel Pink's Haunted Graffiti


En 2003, « Fifth Column » des u.n.p.o.c (édité chez Domino records) avait électrisé ma platine de fraicheur pop folle comme un Beach Boys piqué de Barett floydien. Sept ans ont passé et c'est au tour d'Ariel Pink d'envoyer l'adrénaline surannée d'un disque mordu, imaginaire, ludique et foutraque .....
la suite ici.


Ariel Pink's Haunted Graffiti 2010 "before today"
label : 4AD







jeudi 4 novembre 2010

Blue water white death



Qui des deux incarne l'eau bleue ou la mort blanche. Il serait trop simple d'attribuer tout le trouble à Jamie Stewart et de lui accorder la faiblesse d'une récidive sous prétexte que son art anxiogène penche souvent vers l'abrasif. Jonathan Meiburg n'est pas tout blanc (ou bleu) dans cette affaire (il y a aussi des coups de sang chez Shearwater), et quelques soupçons sur sa contribution à l'angoisse de ce chef d'œuvre planent.
Totalement en aparté des carrières devenues indiscutables, les cerveaux de Xiu Xiu et Shearwater viennent de fusionner violemment, amoureusement, pour un disque épique, une mise en scène théâtrale, un cantique rock introverti.
Sur le papier, cette rencontre improbable aurait pu susciter toutes les excitations, mais aussi quelques réactions allergiques à s'attendre au pire. Il n'est rien de tout cela, car Blue Water White Death est un instant unique, un véritable syncrétisme, l'assimilation l'un de l'autre jusqu'à l'équilibre total, la symbiose de deux visions artistiques.
Si la fusion peut rendre plus fort, il s'échappe de ses 33 minutes de tension minimale, une douceur funambule prête à chuter d'un côté ou de l'autre, les abysses (Jamie ?) ou l'altitude (Jonathan?). Mais tout s'équilibre dans son ensemble, tout flotte à la surface, la relation fusionnelle est totale pour un immense voyage immobile.

Chaque pièce enregistrée live est fascinante, une authentique exploration sonore dans laquelle viennent se mêler les deux voix, qui, mises côte à côte, et même l'une après l'autre, s'ajuste à merveille...jusqu'à n'en faire qu'une. Une tension sourd de « This is the scrunchyface of my dreams » et l'on pense que tout va exploser, mais Jonathan embraye sur des accords folk doux et rassurants « Song for the greater jihad ». Ils se donnent la réplique comme pour se soigner et fertiliser tout ce qu'il y a de plus beau en eux...respectivement.
« Gall » est un chef d'œuvre brouillé de distorsions sonores et « Rendering the juggalos » en est un autre, encore plus haut, plus troublant, et les notes de piano ne laisseront pas indemne l'auditeur en pleine méditation.

Une pluie mordorée s'abat sur nos tètes, recroquevillons-nous, contemplons cet ocre jaune qui nous brule les yeux, racolons la mélancolie, buvons ce trouble merveilleux, le cramoisi d'alizarine qui coule dans nos veines.
Cette pop torturée divague entre le bleu mortel et la blancheur de l'eau, à moins que ce ne soit le contraire. Je pense fortement à Mark Hollis qui, un poil plus barge qu'avant, aurait pu engendrer un tel monument. Le son piqué de soubresauts et hachuré d'expérimentation me souffle à nouveau Blemish de Sylvian.

Mon disque automnal.


Blue Water White Death 2010 label : grave face

quand on aime : xiu xiu; shearwater; mark hollis; xxl; 7 year rabbit cycle....






lundi 1 novembre 2010

Findlay Brown



Findlay Brown a quitté Peace frog records (là où fut abrité son superbe "Seperated by the sea" en 2007 et que nous fredonnons tous encore) et du coup son délicieux folk troubadour pour un autre label, verveforecast, avec un autre son rock hyperarrangé. Le chapeau des bords de plage, les balades King of Convenience ou Simon & Garnkunkel, troqués contre une banane gominée, un costard et des Saddle shoes brillantes, et c'est du côté d'Elvis que Findlay jette, avec un naturel qui lui reste fidèle, une collection de chansons délicieuses à la mesure d'un Ron Sexsmith rocker, d'un Richard Hawley swinger, ou d'un Shack winner … « holding back the night » est un sommet de légèreté pop capable de nous transporter dans l'insouciance intemporelle la plus romantique. Rétro à souhait « if i could do it again » sonne comme un bal des 60's (voire fin 50's), avec Buddy Holly jusque dans le sourire, et Roy Orbison dans la gomina. Dans la pure tradition américaine, le nouvel opus de Findlay Brown, alternant rock 'n'roll endiablé et slow sixties, rassurant et revigorant, s'écoute au volant d'une Chevrolet Impala ou pourquoi pas sur l'autoradio d'une Dolorean.



Findlay Brown 2010 "love will find you" label : verveforecast



quand on aime : elvis presley, ron sexsmith, roy orbison, buddy holly, the shack, richard hawley

En bref ....


Toujours fâché avec les cover, « We were so turned on.. » ajoute un prétexte de plus à fuir les hommages musicaux. Une bouillie sans nom, un pavé indigeste où chacun tire la couverture à lui. Complètement désemparé au milieu de ce composte eighties, je flagelle ma vexation d'avoir voulu compenser l'impatience de voir apparaître une pièce de plus dans la discographie de David Bowie. Pour ma part, le fait de ne connaître que le quart des apparitions aurait pu être un atout pour une telle entreprise, rien n'y fait..chacune de ses chansons est une chose beaucoup trop propre à lui pour que l'on puisse ailleurs avec quelqu'un d'autre se passer de sa voix et de son interprétation.. indigeste. (4 / 10)

"We were so turned on... a tribute to Bowie" 2010 label : naïve








Ailleurs, c'est « Olympia » qui vient assouvir mon impatience quant au fait de voir apparaître une fois de plus une icône rock au rayon nouveautés. Humide comme l'avait été "Mamouna", ou "Boy and Girls", Bryan Ferry renoue avec sa libido et la pochette Roxy par la même occasion. Un grand disque pour les fans inconditionnels qui ne seront pas dépaysés par le véritable dandy glam rock, balayant pour la même occasion les trop nombreuses cover ("Dylanesque" et "Frantic"... quand je vous disais que j'étais fâché. ) qui faisaient le flottement de sa discographie depuis quelques années. Le grand retour donc. (9 / 10)


Bryan Ferry "Olympia" 2010 label : virgin







Bien après la bataille, je me pointe avec mes gros sabots pour parler, en bref du coup, du dernier opus des Blonde Redhead (superbement chroniqué chez Blake). Depuis leur virage radicale qui laissa toute leur hargne sur « Melody of certain damaged lemons »...en 2000, ce trio n'a cessé de réjouir mon goût pour la pop lyrique, sirupeuse, mélancolique et enveloppée d'écrin sonore troqué avec l'esprit punk. « Mysery is a butterfly » en 2004 avait lancé les hostilités célestes mêlant la pop avec des structures hautement construites nappées d'un son ultra arrangé mais dosé et maîtrisé, comme a pu l'être « The eraser » de tom yorke. « Here sometimes », « will there be stars » ou « black guitar » sont des chef d'oeuvre de construction pop magnifiquement habillée. (9/10)

Blonde Redhead "Penny sparkle" 2010 label : 4AD




A peine remis de l'apparition de « Vid od Vig », « Innundir Skinni » le deuxième album d'Olof Arnalds apparaît dans les bacs avec les mêmes atouts: folk islandais mythique bourré de cordes, (encore plus qu'auparavant), de tradition (formidable intro « Vinur minn »), de mélodies celtiques à se tordre, de références acoustiques dignes d'un grand disque du genre ("svif birki" rappelle Turid), des balades belles comme Joanna Newsom (« madrid")..... à écouter religieusement sans la pochette (j'ai beaucoup de mal avec ses pochette depuis Vid od vid) . ( 7,5 /10 ).

Olof Arnalds " Innundir skinni" 2010 label : one little indian