samedi 19 décembre 2009

dimanche 13 décembre 2009

Rodg & Bashung

Je me permets de diffuser ce retour spontané, l'excate réactivité cadeau à la chronique précédente. "Novice" auquel participe Colin Newman, membre de Wire justement, est comme une plaque tournante, le chemin pour moi vers "L'imprudence", oeuvre culminante et définitive.




"Tout début des 80 j’avais 17 ans il était impossible d’échapper à Bashung (partout sur les ondes avec Gaby, oh Gaby, Vertige de l'amour).J’adorais, mais les albums étaient peu connus et je n’avais bien sûr pas encore cerné l’importance du phénomène.

En 1982 J’ai rencontré mon mentor musical en la personne de mon beau frère, il est parti en croisade, à savoir prendre en main ma culture musicale. Fini pour moi le hard rock, les Beatles, The wall (1982). Tout a commencé quand je suis arrivé chez lui en 1982 avec Pornographie des cures que j’avais acheté après avoir lu une critique positive dans un canard. Ce jour là Il me fait écouter Black See d’XTC et c’est parti

Sa première mission sera de m’expliquer l’importance des petits labels, le post punk et la new wave. Il ne manque pas me de refiler les classiques des 60’s a savoir pou lui Syd Barrett, Brian Jones, Hendrix et Can puis ceux des 70’s avec John Cale, Brian Eno,

Les années 1982 et 1983 sont donc très riches en découverte pour moi. Il m’enregistre environ 200 cassettes pendant cette période. Mon groupe préféré de l’époque c’est Wire (154.1979). et déjà bien sûr dès que je me trouve en présence d’un nouveau son je me précipite dessus.

En 1983 il me paye une place de concert pour découvrir un groupe post punk complètement inconnu du nom de REM. (1983 : Murmur) quelques semaines plus tard Je me retrouve chez lui et la discussion ressemble un peu près à ça


RC :Il n’y a pas grand-chose de français dans tout ce que tu m’enregistres.
LB : non c’est vrai, mais je peux peut-être faire quelque chose pour toi

Il m’enregistre alors une French Cassette avec deux albums. Too much class for the neighbourhood des Dogs (1982) et Play blessures(1982) Tout en m’expliquant que Bashung est probablement le seul rocker sur la planète qui peut oser mettre le feu à sa guitare dans un concert comme J.Hendrix sans avoir l’air ridicule.

Je me dis que ce coup ci trop c’est trop, comparer le chanteur de Gaby à Hendrix et le placer sur un pied d’estale pareil il pète les plombs le vieux. Je boude dans un premier temps la cassette d’autant plus qu’il me prophétie que pour ce qui est de la créativité et de la sensibilité il n’est pas si éloigné de ça de Wire (pour enfoncer le clou et nous sommes en 1983). Je découvre la cassette uniquement quelques mois plus tard (ça n’a pas été trop difficile pour lui de regagné ma confiance) et là tu peux imaginer, une bombe. Je vais m’habiller comme Dominique Laboubée, et apprendre les textes de Boris Bergman.

Malgré tout Je n’ai jamais accordé une priorité à Bashung. Bashung c’est le Refuge, celui qui toute ma vie accompagne mes doutes et mes moments de blues. L’évidence un point c’est tout, il fait parti de ma vie, il fait parti de moi il est à part, j’ai le droit de le trahir, de le vomir, de le vénérer, j’ai le droit et le devoir de l’ignorer si je ne veux pas devenir fou. Il se doit de me redonner de l’énergie quand j’en ai plus, de me donner des larmes quand je ne regarde plus assez les autres. Comment te dire tout ça ? A chacun sa religion. 2009 c’est la mort de Michael Jackson, celle qui va bouleverser le monde. Mais 2009 c’est aussi un peu la mienne.
Rodg."

mercredi 2 décembre 2009

BASHUNG


Mon oreiller auréolé phagocyte mes fantasmes comme un cataplasme à moutarde brûlant suçant ma fièvre. Dans ses plumes sans remords s’imbibent mes hurlements bâillonnés. Les réveils chocs où tout me monte au nez me rapellent et me râpent les sinus jusqu’à l’hallali, et là mon lit radeau, toujours amarré, tend à mouiller tant mes chimères coulent à vouloir jouir de tout. Péniblement, il faut remonter à la surface, remettre le métronome en branle pour défiler au grand jour, aux yeux des regards anonymes, noyé. Esquisser la dérive, commémorer le vide et teinter l’anthracite avec mes écouteurs en couvre-chef, soudure opportune des deux mondes pour une transition de bipède rêveur.
Des ondes dominicales pour le résident de l'Élysée Montmartre, s’attaquent à ce chantier quotidien de caler mes glandes lacrymales à ma lucidité. Jamais assez immunisé, la brèche guette au trou comme une plaie rêche baillant qu’il faut recoudre indéfiniment. C’est brûlant autour, la chair enflammé refuse de me donner la direction. Ces dimanches à l'Élysée inoculent dans mes veines une pandémie poison et ma perméabilité spleen morfle et abdique. Je pense à cette grande communion d’âmes tailladées à bouffer du chiendent les tympans grands ouverts… à quelques aficionados, Rodg, fidèle ami revigorant avec qui je partage à nos trajets perdus quelques fantaisies militaires, jouant le " Novice" quand moi je cédais à "l'Imprudence"pour me soustraire à la glue…. "force et tendresse"..un doux mélange à ce troc… " le mieux à faire dans tout ça, c'est de pleurer un bon coup ".
Mon casque encaisse et je défile dans le bouillon loin du réconfort en égoïsme pavillonnaire.


Alain Bashung " Dimanches à l'Elysée" 2009 label = barclay/garance