mercredi 17 septembre 2008

Wilco


Petite retouche des préférences 2007 en guise de reprise. Peut être aura-t-il fallu attendre la trêve estivale afin de prendre le temps d’écouter quelques galettes bâclées et stockées hâtivement sur un coin d’étagère. Révélation flash dès cette deuxième écoute attentive, « Sky blue sky » de Wilco vient inopinément colmater quelques fissures d’un bilan finalement jamais définitif. La rage de n’avoir pas tendu l’affect et d’avoir laissé reposer une telle œuvre d’art pop/rock devait faire tourner cet adage numérique inlassablement sur la platine une bonne dizaine de fois d’affilée.
Wilco déjà classé au rang des grands groupes internationaux depuis quelques années, ne déroge pas à l’unanimité des éloges qui jaillissent de chacune de leur production. Directement fleuri de la branche MacCartney/Dylan, cette collection de chansons imparables s’impose comme une évidence. Un disque classieux sur lequel toute la grâce s’est déposée validant directement ma préférence discographique du groupe. Jamais Wilco n’avait proposé une telle cohérence et homogénéité dans la perfection.
« Either way » arrive comme une introduction folk qu’ Elvis Perkins a dû écouter comme une obsession, la transition claque juste après pour une merveille pop que la soul vient troubler au beau milieu du morceau. Le chant s’élève, les guitares tintinnabulent avant de retrouver la quiétude baladine du début. « Sky blue sky » reprend la veine boisée d’ « Either way » à foutre la chair de poule, tandis que des soli lisses de guitare viennent relever quelques morceaux « impossible germany » ; « Side with seeds » ajoutant alors une touche progressive très discrète. « Hate it here » vient confondre Ron Sexsmith et Neil Young période « are you passionate ? » dans une décontraction indécente à telle point que l’on croit tenir le slow le plus torride de l’année (oui dernière, je sais) s’il n’y avait pas ce refrain qui nous ramène directement à « Birthday » du double blanc. « Leave me » arrive comme une pause instrumentale avant un ultime retour à la fibre Mac Cartney omniprésente sur l’album.
Une effrayante absence de ma part donc que je pourrais justifier de justesse par cette évidence que « Sky blue sky » pourrait être un des meilleur disque pop/rock…de tous les temps….ouf. Depuis, je guette avec un systématisme suspicieux chaque boîtier déposé sur ce coin d’étagère et je me « blind-teste » l’émotion afin d’y débusquer l’oubli, la négligence d’une œuvre jouant à cache-cache avec mon étourderie.

WILCO 2007 "sky blue sky" label : nonesuch

Quand on aime : MacCartney; Neil Young; Bob Dylan