lundi 29 mars 2010

MmePastel / scratch my back


Une parenthèse comme un fil conducteur tout au long de ce blog. L'étourdissement des arts et des passions, les arborescences émotionnelles à la merci de toutes nos évasions. Une myriade de sensations sont nées d'un contact virtuel: la découverte du nouvel album de Joanna Newsom et tout part dans un dédale d'images et de mots. Newsom aujourd'hui et Kate Bush hier en passant par Charlotte Gainsbourg, peut être mon premier coup de foudre virtuel quand son père la faisait chanter; Emily Jane White qui vient de confirmer avec son deuxième album bouleversant; Emilie Simon récemment métamorphosée au gré d'une sensibilité suave perdue. « La belle personne » dramatiquement mise en image par Christophe Honoré ou encore Alela Diane et cette superbe révélation confirmée maintes fois..... Et voilà, nous y sommes, tout cela se passe chez Mme Pastel, une chanson une couleur, des mots un son, des idées une mélodies, un univers de poésie, des tableaux pour des idées, du rouge et du noir pour des contes et des images, des pochettes avec de la musique dedans, de l'histoire, des mythes et des vidéos. Ses témoignages poignants, dévoilant à peu prêt tout avec comme arme radicale la féminité....et des phrases giflent, prennent ma fragilité d'adolescent en otage, ce vague à l'âme qu'il a bien fallu soigner un jour ou plutôt dissimuler. Je n'aurai jamais pensé pouvoir parler aujourd'hui de « the man with the child in his eyes » dans mes pages.
L'esthétisme est à son comble, les mots séduisent et la mélancolie distille un parfum torride et intemporel. Son visuel est sensible et ses liens exigeants (les photos sur supermaxpro par exemple..). Et si Mme Pastel penche pour « White chalk » de PJ Harvey, ce n'est pas un hasard. .. Mme Pastel est une ville, une vie et un coquelicot.
L'écoute d'un album peut déclencher l'hospitalité d'un vaste monde bouillonnant trainant avec lui des cargaisons de souvenirs, d'arts, d'inspirations, d'amours et de passions, des envies et des chimères, des âmes que l'on laisse flotter à la dérive, des désirs que l'on offre aux lois de l'apesanteur, des convections nébuleuses.
Mme Pastel aime mes églises, les mêmes qui tiennent mon huile en haleine depuis quelques années déjà, c'est un beau compliment pour un agnostique qui tremble au toucher de chaque pierre érigée. Une petite visite de temps en temps ou un séjour appuyé dans ses pages délicates est un remède à l'oppression.
« Scratch my back » en boucle achève cette chronique qui part dans tous les sens. L'ivresse des belles choses pastelles qui tourbillonnent, des repères qui se dérobent sous nos pieds, une abondance, des thèmes qui reviennent. Et pour mettre en musique la lecture de Mme Pastel, Peter Gabriel et sa nouvelle vision philharmonique de l'histoire musicale, et si sa part de féminité (aussi bien à l'époque de Genesis) a toujours été exposée à travers les larges ouvertures de son art, son dernier album est un monument de sensibilité mélancolique. Puisque ici, le tiercé de mes préférences hexagonales a déjà été dévoilé, celui international reste en orbite autour de Paul Mac Cartney. Peter Gabriel, David Bowie sont les plus visibles.
La boucle est bouclée, la pochette ne peut être plus rouge et noire que celle-ci, les harmonies plus belles, le travail aussi poussé, et l'émotion aussi troublante... et puis Peter Gabriel n'a t-il pas un jour tangué dans les bras de Kate Bush...comme ces deux globules entrelacés ?
Mme Pastel ...blog
PETER GABRIEL 2010 "scratch my back" label : world music

1 commentaire:

Mme Pastel a dit…

Merci merci merci !!! Votre post est un bel hommage !
Je réécouterai donc l'album de Peter Gabriel, qui ne m'avait pas séduite au premier abord, mais je l'ai écouté très vite et mal.
Merci encore pour votre lecture attentive.
Amitiés !
Mme Pastel